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18/02/2010

feuilleton chapitre 13

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Ca y est ! Je n'ose pas y croire ! Merci Françoise la Comtoise, tu es mon sauveur ! Il ne me reste qu'à trouver la taille convenable pour cette illustration (et les prochaines!) : il s'agit du Cauchemar, peint pas Heinrich Füssli, un peintre et critique d'art abglais d'origine suisse. (1741-1825) Il a peint plusieurs versions de ce tableau, avec un diablotin différent. Celui-ci correspond le plus à la créature qui vient réveiller Liliane au début des Cellules Etoilées.

(Résumé : installée dans une maison de banlieue, Liliane, son mari Henri, ses enfants Colette et Benito, et maintenant leur chien adopté, Idiot,voient leur vie perturbée par l'apparition de personnages extravagants et farceurs, issus peut-être du "Monde Invisible". J'insiste sur le fait que cette histoire n'est pas "un rêve dont l'héroïne va s'éveiller à la fin", surtout pas ! C'est sa vie réelle). Merci à tous. Je saute de joie à l'idée de pouvoir enfin vous faire partager mes découvertes, photos et illustrations!

Feuilleton, Chapitre 13 :

LES CELLULES ETOILEES

Chapitre  13

13 - LES PETITES OMBRES

De temps en temps, une ombre furtive glisse sur le plafond. A peine ai-je le temps de l’apercevoir qu’une mini-silhouette traverse la pièce, insaisissable, tout de suite évanouie. Ils arrivent sans prévenir, mais je suis la seule à les voir, et si je le faisais remarquer, on se moquerait de moi. Je ne veux pas que les enfants se mettent à les guetter et à les craindre, en se fiant aux insinuations de leur mère.  

- Il n’est pas encore passé, le dératiseur ? 

- Ah bon, toi aussi, tu les entends ?

- Faudrait être sourd pour ne pas les entendre, elles me réveillent presque toutes les nuits, ronchonne Henri.

- Tu les as vus ? 

- Quoi, les souris ?

- Pas seulement les souris, hein, les autres, tu les as vus ?

- Mais qu’est-ce que tu racontes, ma pauvre Liliane ? Quels autres ? débarrasse-nous de ces souris. 

- Ca me fait mal au coeur de tuer ces bêtes.

- Oh arrête, et tiens pendant que tu y es, demande à ton électricien de nous installer un éclairage là-haut et dans la cave.

Il s’intéresse. Avant de dormir, c’est fort. Je ne vais pas, en plus, lui demander s’il a vu des lutins et des trotte-menu. D’ailleurs, Henri roupille déjà. Paf, d’un coup. Cet homme peut passer des nuits entières à lire devant la télé, saisi d’insomnies féroces, et puis, certains soirs, s’endormir instantanément. 

Puisque c’est comme ça, je passe à l’attaque. Tout de suite. Sans déranger personne.

Enfiler des pantoufles et marcher sur les lattes qui ne craquent pas. Me glisser dans l’escalier en douce et pousser la porte du grenier sans la faire grincer. Surtout, ne pas réveiller Idiot.

Ca n’a pas traîné. Une horde de bestiasses a surgi de l’ombre. Elles sautillaient autour de moi, furieuses ; elles s’aggripaient à l’ourlet de mon tee-shirt et déblatéraient toutes en même temps.

- Oh là ! Oh là ! protestai-je, laissez-moi donc ! Lâchez-moi ! Qu’est-ce que c’est que ces manières ? Au secours !

Au coeur des glapissements, quelques phrases se distinguaient :

- Tu peux crier, personne ne t’entendra ! 

- Une fois passée cette porte, tu es à nous !

Ces attaquants parlaient la même langue que moi. Ils ne ressemblaient pas du tout aux jolies créatures du rez de chaussée, élégantes et précieuses. Celles-ci, dépenaillées, se comportaient comme des furies.

Et des menaces par-ci et des griffures par là ! Heureusement, ces minus n’avaient aucune force dans les mains, ils pouvaient s’acharner sur moi, ils ne réussissaient qu’à me chatouiller sans me blesser.  

Enfin, lassés sans doute de leur propre agitation, les nabots se sont regroupés face à moi, les poings sur les hanches, les yeux propulsant des éclairs de rage.

- Vous avez semé la pagaille dans ma forêt ! a prétendu l’un d’eux.

Un petit garçon vrillait ses yeux bleu ciel dans les miens. Il marchait les pieds nus, un bonnet à bout pointu sur ses cheveux châtain en bataille. 

Un personnage au pelage tacheté titubait à ses côtés, costumé de bric et de broc, un chapeau à demi arraché sur ses oreilles pointues, les pattes ornées de mitaines de cuir ; près de lui, une fille maigre à l’air exténué dodelinait de la tête, tenant négligemment du bout des doigts un gigantesque écheveau de laine, emmêlé par terre à ses cheveux trop longs. Cette fileuse portait aux pieds des pantoufles de fourrure, qui juraient avec sa somptueuse robe de cour moirée, dégoulinant de fanfreluches souillées de boue. Elle semblait avoir terriblement sommeil.

Si ce n’était pas un cauchemar, ça y ressemblait bougrement.

Pourtant, des portes et des fenêtres mal jointes glissait sur moi le courant d’air habituel ; je respirais l’odeur du bois légèrement pourri, celui de la poussière parfumée des vieux costumes de M. Brugnon ; mon propre parfum flottait sur mes vêtements. J’avais même une perception très aigue de ces petits êtres : le cuir du chat, la laine de la belle, les effluves provenant du couffin d’une fillette en rouge, celles des pommes dans une coupe posée à mes pieds. Une jeune fille en robe bleue, les cheveux noirs retenus par un ruban, pinçait ses lèvres carminées ; à son bras se balançait un panier débordant de souliers pour petons de poupées. 

Ahurie, je reculai devant cette réalité aux allures d’hallucination. Je vérifiai mes mains et mes mollets, couverts de griffures. Je battis des paupières, me flanquai une gifle, me pinçai. Ca faisait mal ! Je ne dormais pas ! Ces sacripants existaient bel et bien ! Ils avaient organisé un carnaval, rien que pour moi !

- Euh, vous voulez des bonbons, c’est ça?

- NON ! ont-ils hurlé.

Un bonhomme un peu plus haut que les autres, décharné, à la dentition terrifiante et cahotique, titubait derrière eux. Ses hardes trop larges et trop longues pendaient sur lui comme sur un cintre. Des chaussettes trouées flottaient sur ses orteils comme les voiles d’un bâteau-fantôme.

- Qui êtes-vous donc ?

Le gamin aux pieds nus s’est approché de moi, suivi  de huit momignards du même acabit :

- “C’était” un ogre, dit-il sur un ton de reproche, il n’est plus que l’ombre de lui-même, il est mort de faim.

Bon, ces enfants miniatures et leurs acolytes étaient fous à lier. Ils poussaient un peu loin le bouchon du déguisement. Etait-ce l’époque d’Halloween ? Quand cette nouvelle manie de fêter les morts-vivants a commencé en France, j’ai tout de suite imaginé qu’un tas de maniaques allaient en profiter pour perpétrer des meurtres en série. Et  qui se sentirait bête après ? Les braves gens prêts à se ruiner pour offrir des friandises à ces mendiants d’un soir. Et voilà, qui avait raison ? 

- Eh, Madame !

Une gamine au capuchon perché sur sa queue de cheval, me secouait par la manche :

- Ma galette ! piailla-t-elle. Mon pot de beurre !

- Mon rouet ! pleurnicha la princesse en pantoufles

- Mes bottes ! rugirent en choeur le loupiot, le félin et le géant de poche.

Une pauvresse aux mains couvertes de poudre blanche -si jeune et déjà  droguée ?- gémit:

- Ma peau, ma peau !

J’entendis nettement un “Hi Han !” ironique derrière elle.

- Dégage, souillon, avec ta farine ! lui ordonna une grosse bonne femme, coiffée d’un chapeau pointu. Celle-ci brandissait un index boudiné à l’ongle démesuré devant ma figure. Une baguette lumineuse traversait son chignon, décoré au bout d’une étoile scintillante. De son autre main, la mégère tirait, telle un sac de linge, une jeune pouilleuse à la tignasse emmêlée, laquelle contenait dans son tablier six souris, six lézards et un rat.

Non, ce n’est pas possible. On m’a transportée dans un monde parallèle. Hypnotisée. Droguée ? 

Je vais me réveiller avec une migraine du diable. Je savais qu’il ne fallait pas reprendre de la glace aux fraises cinq fois de suite hier soir, juste avant d’aller au lit.

C’est mon estomac qui m’a sauvée. Prise de violentes nausées, je commençai à hoqueter, sous les regards courroucés de mes accusateurs. Quand ils ont compris que j’allais leur dégobiller dessus, ils se sont égaillés avec des cris d’horreur et de colère, pour me laisser dévaler les escaliers vers la salle de bain. Leurs menaces résonnaient encore à mes oreilles tandis que je plongeais ma tête toute entière dans le lavabo, l’eau fraiche nettoyant ma peau et mes frayeurs.

Le lendemain, ayant repris mes esprits, je me repassai la scène.

A qui me confier ? La seule personne susceptible d’écouter mes divagations semblait être M. Brugnon, l’ancien propriétaire de la maison.

Et me revoici affalée dans sa cuisine, trinquant avec ce monsieur affable, aussi givré qu’imbibé de vin de noix.

- Dites, on ne pourrait pas sortir ? J’étouffe là-dedans.

- Venez dans le jardin, ma p’tite dame, on va suivre l’allée des visiteurs.

- Ah non, pas de visiteurs ! Je veux voir de l’herbe, et des arbres.

- Bon, bon, ne vous énervez pas. Buvez un coup, ça ira mieux.

Dans son jardin, il n’y avait que de la verdure et des statuettes en plâtre, inanimées et colorées. Des sourires bonnasses et figés. Pas de lutins en furie.

- Vous n’avez qu’une solution, déclara M. Brugnon, leur rendre leurs affaires.

- Quelles affaires ?

- Vous m’avez dit que votre fille jouait avec des grandes bottes moisies, que vous aviez extrait des vêtements et des objets de mes malles. Non ?

- Ben oui, mais pourquoi n’avez-vous pas embarqué tout ce fourbi, vous ?

- Si vous croyez que je vous ai tendu un piège, chère Madame, vous avez tout faux. Jamais je n’aurais imaginé que ces sagouins allaient vous importuner.

- Pourquoi, vous, ils vous ont importuné ?

- Hum, fit M. Brugnon, on a eu quelques frictions !

- Franchement, vous auriez pu nous prévenir !

Tout en déambulant, Monsieur Brugnon avala d’un trait le contenu de son verre et sortit la bouteille de sa poche.

- Pas piqué des hannetons, mon petit vin de noix, hein ? Fabrication maison ! Bon, mettez-vous à ma place, vous répondez à ma petite annonce, vous venez visiter ma maison, si je vous avais dit : elle est infestée de créatures invisibles, vous l’auriez achetée ?

- A un prix exorbitant, quand on y pense.

- Au contraire, c’était donné, avec la féerie en prime !

- La féerie ? Créfieu de crénom, je n’ai pas eu une minute de tranquillité depuis que vos canaillous m’ont élue tête de turc !

- Je ne pouvais pas deviner que vous les verriez ! D’habitude il n’y a qu’à moi qu’ils apparaissent. D’ailleurs des fois, je croyais avoir trop bu, mais non, ils étaient là, même quand j’avais dessoûlé. Rendez-leur leurs affaires, et ils vous laisseront peut-être tranquille, je vous dis.

M. Brugnon n’en démordait pas. Il n’avait rien de plus à dire d’ailleurs, sinon des “On remet ça ?”, “Une dernière goutte pour la route ?”, “Revenez me tenir compagnie quand vous voulez, j’ai fait rentrer du Morgon à damner les pions et les daims.” Les daims ?

Monsieur Brugnon, mon nouvel ami, une réclame pour la sobriété au volant.

09:58 Écrit par Hélène Merrick dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : les cellules etoilées, fantastique, famille, humour

Commentaires

Bonjour Hélène,

Voici un mémo, un peu long, pour insérer les photos. Il y a toute une partie que tu sais faire. Regardes si cela te convient.

Le grillon

Tout d’abord, il faut que la photo soit au format .jpg. quelque part dans un dossier de ton ordinateur.

Ensuite que sa taille soit inférieure à 10 Mo. C’est le cas général.

Dans ta note, tu cliques d’abord à l’endroit où tu veux mettre la photo.

En face des mots : Corps de la note, il y a une série de signes B i U une note de musique et un arbre vert, un trombonne, etc.

Puis tu cliques avec ta souris sur l’icône en forme d’arbre vert. Une fenêtre s’ouvre au milieu de la page :
Choisissez un fichier , un rectangle vide et Parcourir : Tu cliques sur « Parcourir »

Il te faut maintenant naviguer dans ton ordinateur pour aller chercher la photo que tu veux mettre en ligne. Quand tu y es, tu cliques sur la photo qui s’entoure de bleu, et tu cliques sur « Ouvrir » qui est bas à droite de la page.

Tu te retrouves revenu à la fenêtre précédente, le rectangle n’est plus vide.

Tu sautes « tags » et tu vas sur Propriétés d’affichage.

Pour un premier essai, tu cliques sur le rond du milieu. La photo sera au centre de la page, le texte au dessus et au dessous.

Tu vas sur Taille de l’image et à côté de vignette, il y a une flèche noire. Tu cliques dessus. Un menu se déroule. Tu choisis « Large » par exemple.

Tu cliques sur « valider »

Ca y est la photo va être mise sur ta note dans un langage d’informaticien. Tu ne le verras pas.

Pour la voir, il faut clique sur « Aperçu » qui se trouve à côté d’ »Enregistrer » au bas de ta note.

Quand tu auras maitrisé cette étape, tu iras sur « Personalisé » au lieu de choisir « Large » Un autre menu se déroule, avec des chiffres. Tu peux taper 500 par exemple et la photo sera plus grande que « large »

N’oublie pas d’enregistrer à chaque étape.

Je te suggère d’imprimer ce commentaire s’il est trop long pour être mémorisé !

Bon travail et tu y arriveras. Ensuite, tu pourras jouer avec Propriétés d’affichage, et Taille de l’Image pour voir les résultats.

Christian

Écrit par : Christian | 18/02/2010

Coucou !

Trop tard notre ami grillon est passé avant mais lui t'a expliqué mieux que moi c'est un pro . Tes péripéties de nuit , je ne sais plus si c'est réel ou du rêve tellement je suis prise dedans .
Ici il pleut et la neige a fondu du côté de Besançon .

Bon jeudi bizoux Françoise !

Écrit par : françoise la comtoise | 18/02/2010

Les commentaires sont fermés.

 
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