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24/02/2010

feuilleton Les Cellules Etoilées Chapitre 18

 

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Et un petit ours pour vous souhaiter le bonjour !

Feuilleton

LES CELLULES ETOILEES

Chapitre 18

 

LE NEZ D’IDIOT

Idiot est malade. Il tousse il crache il pleure. Il a mal au ventre, il refuse de manger. Claudie me prodigue des conseils ridicules : lui administrer des billes homéopatiques, lui préparer des tisanes bio. Moins farfelue, la Dame au cocker m’indique l’adresse de son vétérinaire à Antony. Elle a pris l’habitude de passer devant chez nous l’après-midi. Elle parle peu mais bien.

“Votre chien n’a rien de contagieux” a dit le véto, essayez les inhalations, mettez-lui des gouttes dans le nez, nettoyez ses oreilles, faites-lui avaler ce sirop et videz ces gelules dans sa pâtée.” Voilà qui est clair. Si Idiot ne me mord pas, j’aurai de la chance.

- Maman, tu racontes plus rien, remarque Benito un matin, et tes beaux rêves ?

- Je ne me rappelle plus, mon poussin, j’ai trop de choses en tête.

- Maman n’rêve plus ? s’étonne Colette, la cuillère en l’air.

Henri m’observe avec inquiétude.

- Qu’est-ce que tu fais de tes journées ?

- Rien, tu sais bien, je me tourne les pouces devant la télé en m’empiffrant de loukoums.

- C’est quoi des loukoums ?

- Les enfants, préparez-vous, c’est l’heure de l’école, fait Henri, qui sent la tempête se lever.

- Alors, que se passe-t-il ?

- Ca.

Je lui colle le dossier Couventine sous le nez. Henri fronce le nez en découvrant le titre, il s’étrangle à la première page, il dit : “Je me sens mal” à la troisième, il fait mine de vomir à la quatrième.

- C’est ça que tu dois illustrer ?

- Ben oui, et je n’arrive pas à m’y mettre.

- Ca ne m’étonne pas.

Nous discutons un moment sur l’opportunité de jeter ce manuscrit à la tête de M. Grommeleck. De lui expédier une lettre anonyme. De lui envoyer des tueurs. Du dégueulis dans un paquet - cadeau. De le brûler en place publique. Le manuscrit, pas lui. D’estropier l’auteur à vie. De détruire les locaux de la maison d’édition. De remplir de fumier l’appartement de l’auteur. De partir à l’étranger sans prévenir personne. De réclamer avec fermeté un autre livre à illustrer.

- Commençons par là, propose Henri.

- Il n’y a rien d’autre pour vous en ce moment, Liliane, affirme M. Grommeleck, je ne comprends pas pourquoi vous vous braquez ! C’est une belle histoire. Songez au défi que représente un tel travail pour une artiste telle que vous.

- Herculéen, me souffle Henri.

- Ca ne m’inspire pas, M. Grommeleck, je n’y peux rien. Et d’ailleurs pourquoi m’avez-vous dit qu’il y avait des monstres dans ce livre ? Je n’y vois que des enfants purs et sans reproche.

- Ah ah ! Un peu d’imagination, Liliane, c’est leur entourage qui parait monstrueux, je compte sur vous pour jouer sur le contraste entre leur physique angélique et la dure réalité de la vie.

- Pour des lecteurs de huit ans ? Et si je dessine des clodos qui vomissent dans les caniveaux ? Des gangs qui se tranchent la gorge ou qui se mitraillent dans les rues ? Des viols collectifs ? Des manifestations qui tournent à la guerre civile ? Des chats crevés sous les voitures ? Des rats dans le métro, des cafards dans les cuisines ?

- Quelle vision de notre belle ville ! proteste M. Grommeleck, allons voyons, vous êtes en pleine dépression, Liliane, enfin !

- C’est votre Couventine et son orphelin qui me dépriment M. Grommeleck, je ne devrais peut-être pas accepter ce manuscrit.

- J’ai confiance en vous, commencez, il n’ y a que le premier dessin qui coûte. Quant aux monstres, vous pouvez toujours reproduire une ou deux gargouilles de Notre-Dame, un passage du livre se déroule dans notre belle cathédrale. Les gargouilles n’ont jamais terrifié des enfants de huit ans.

Des gargouilles. Toi-même vieux schnock, je vais t’en fout’ moi des gargouilles.

- Aujourd’hui, je ne travaille pas, dis-je à Henri. Débrouillez-vous tous, moi je me couche et je dors jusqu’au printemps.

J’ai dû me conduire ainsi une fois en quinze ans. Henri ne me croit pas, il a oublié. En une journée, la vaisselle avait débordé de l’évier, la poussière envahi la maison, le linge sale triplé, aucun petit plat n’avait mijoté dans la cuisine, pas une poubelle n’avait été vidée, il n’y avait pas de pain frais, le courrier n’avait pas été décacheté, et tout à l’ avenant. Ca l’avait secoué. Mais il a oublié. Ce soir ce sera pareil. Je me couche. Je ne me lèverai pas.

(A suivre !)


 

17:12 Écrit par Hélène Merrick dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : fantastique, famille, humour, suspense, mystère

Commentaires

eh oui, la cigale comme le monde est petit, c'est bien moi, ce blog est mon aire de repos......et tu vois ailleurs (si tu vois ce que je veux dire....) j'avais pressentie ton gout pour l'écriture et les montres.......ME TROMPETT'ai-je ?????????

Écrit par : samba14 | 24/02/2010

Coucou du soir !

Ah ! les monstres sont en grève eux aussi ?

Bonne soirée bizoux Françoise !

Écrit par : françoise la comtoise | 24/02/2010

Coucou du jeudi !

Réponse à ta question au sujet de ton feuilleton :
Tu vas à droite de ta page dans la colonne jaune ,
-Archives
-2010 - 02
Et là si je ne me trompe pas tu as tous tes chapitres , tu regardes et tu me dis si j'ai bien compris ta question .

Je lirais ton chapitre du jour un peu plus tard .
Bizoux Françoise!

Écrit par : françoise la comtoise | 25/02/2010

Les commentaires sont fermés.

 
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