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02/09/2010

Jeunes années 10 - Toujours l'Ecole !

Dans la cour de l’école, les jeux changeaient selon les saisons. Personne ne donnait de signal, pourtant, spontanément, on passait d’une occupation à une autre. En hiver, on faisait la ronde, on jouait à chat ; au printemps on sautait à la corde, une grande corde tenue par une élève à chaque bout, et les autres passaient l’une après l’autre et sautaient. Ca j’aimais bien ! L’été on jouait à la marelle, à la balle…

On n'avait jamais froid puisqu'on courait tout le temps. Les maîtresses et les surveillantes ne nous faisaient jamais enfiler nos manteaux pour sortir en récréation ; elles piétinaient et claquaient des dents dans les coins du préau et de la cour, mais les enfants, toutes des petites filles, avaient chaud, et cavalaient et glapissaient, comme plus jamais après on n’a le droit de crier de joie ou d’excitation quand on est grand!

Il y avait des petits groupes, on se rassemblait selon les affinités, on se « reconnaissait » je ne sais comment. Bizarrement, les premières restaient avec les premières, et les moins bonnes et les cancres se regroupaient à part. Ainsi tout petit fabriquerait-on la hiérarchie, l'auto-censure, l'humilité, le goût de l'échec ou de la supériorité. Pourquoi, sur quelles bases ? Surtout qu’il n’y avait aucune directive en ce sens venant des parents, du moins pas que je sache. Les miens ne me disaient pas avec qui « traîner », et d’ailleurs on ne traînait pas, tous les matins j’allais à l’école avec la fille qui habitait l’étage au-dessus, Betty, et je revenais avec elle, d’autre fois, je me débrouillais seule.

LN & Geo déguisées.jpg

On n’avait pas peur à cette époque de laisser courir les enfants dans les rues, à faire des courses, à prendre le métro et à aller et venir entre maison et école. Les parents ne pensaient jamais aux « psychopathes » planqués à chaque coin de rue, comme on nous le fait croire aujourd’hui. Peu de mères venaient chercher leurs petites à la sortie. La mienne n’est venue que quelques mois la première année, et après, voyant que je m’acclimatais, elle me laissait libre. J’étais si petite, et je traversais les rues, parfois en courant, en oubliant d’attendre le feu rouge. Je n’oublierai jamais le regard horrifié et épouvanté d’un camionneur qui m’a vue me jeter littéralement sous ses roues et heureusement échapper à l’écrasement, et aux autres voitures arrivant de droite et de gauche. En dehors de ce genre de fantaisies, j’étais plutôt prudente.

Nous étions toutes des petites filles naturellement disciplinées. Les adultes nous faisaient peur, on les fuyait plus qu’autre chose ! Ils étaient trop grands, leurs voix trop graves et trop fortes, ils donnaient des ordres et nous regardaient par-dessus. D’en bas, on aurait dit des ogres géants.

Dans les classes nous étions assises par deux à des bureaux de bois à banc incorporé, dont le pupitre se soulevait pour y ranger nos cahiers. Il y avait un trou sur le bureau à droite pour l'encre. Nous écrivions avec des plumes.

A l’école communale, on portait des tabliers dans les petites classes, qu'on rapportait à la maison. Maman achetait mes tabliers A la Toile d'Avion, place de la République, devenu par la suite un Tati, et ensuite n’importe quoi, sûrement une agence immobilière, un magasin d’informatique.

Chaque fois que je passe devant je regrette cette enseigne : A La Toile d'Avion, et ce beau magasin avec des vêtements si bien finis, si beaux et si chers, qu'on n'achetait d'ailleurs jamais. Seulement mes tabliers et les blouses blanches de Papa. C'était "de la bonne qualité", disaient mes parents. En opposition avec les nippes qui se vendaient au Carreau du Temple, où il ne fallait surtout pas s'habiller! Une forme de « snobisme » qui touche curieusement toutes les couches (tranches ?) (classes ? difficile à définir ça !!!) sociales.

A l’école ça n’a pas été toujours horribles, il y a eu de bons moments, de joyeux mêmes, et si vous êtes encore là, je vous raconterai !

(A suivre…)

Photo (grâtinée!) : ma grande soeur en Marquise et moi en Alsacienne, posant chez le photographe du quartier, une curiosité ! Il nous rajoutait du rouge à lèvres, on se demande pourquoi!

 

10:23 Écrit par Hélène Merrick dans Livre | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : feuilleton vécu, baby boom, années 50

Commentaires

Coucou la fée Hélène !

La photo est très colorée jusque sur le bout des lèvres , hi ! mais vous êtes mignonnes toutes les deux . Notre époque et celle des enfants de maintenant a complètement changé , ils sont plus délurés que nous étions à leur âge . Bon ! demain matin nous partons direction la Bretagne et je ne pourrai pas suivre le feuilleton de l'écolière Hélène la Parisienne .

Bon jeudi bizoux Françoise !

Écrit par : françoise la comtoise | 02/09/2010

chez nous le magasin c'etait Jean Bart et là aussi, blouses et rien d'autre à cause du prix, on allait pour le reste "chez les Juifs" qui avaient leurs boutiques cote à cote dans une rue de la ville. Ce geste était méritoire car à cette époque la rumeur d'orléans était dans toutes les bouches ! mais ma mère n'y croyait pas et continua de nous habiller dans ces boutiques "dangereuses"...pensez donc un voisin savait de source sure qu'un sous marin emmenait par la loire les femmes kidnapées dans les boutiques !
maman nous fit remarquer que le dimanche precedent nous avions traversé la Loire avec de l'eau jusqu'aux mollets ...et que le sous marin devait être un jouet de gosse!
voilà, tes souvenirs qui decrochent ceux des copines du porte manteau de l'oubli!
bises

Écrit par : josette | 03/09/2010

Ah, j'ai un peu de temps ce matin pour lire ce que nous vivions à l'école!! Bravo, nous avons vécu les mêmes récrées, les mêmes aventures et on ne suivait pas le vilain psychopathe car nos mères disaient "si un monsieur veut t'offrir des bonbons" tu refuses et file en courant"!!!
Je ris car au patronage des soeurs, un jour de fête des mères nous étions déguisés en "marquise" pour danser dansait le menuet!! Quant au portrait colorisé, j'y ai eu droit aussi!! Tiens, je ne me souviens pas qu'il y eu un Tati, Place de la République!! Ah les blouses d'écolières...Au moins, pas de jalouses!!! Merci pour ces bons souvenirs!! BISOUS FAN

Écrit par : FAN | 04/09/2010

Que de souvenirs me reviendraient à l'esprit rien qu'en pénétrant dans une ancienne classe, telle celles que nous avons connues !
Et tu prenais un "quatre heures" pour le petit creux de l'après-midi, à la récré ?

Bonne soirée,
Gérard.

Écrit par : CHAP | 04/09/2010

J'adore la petite alsacienne!Je te "devine" un peu dans ce regard.



Hélène à la ville, et moi aux champs:deux enfances qui se rejoignent.Peut être en parlerai-je un jour.J'ai ébauché un peu cette enfance dans quelques notes.

J'ai connu la corde à sauter ( je me souviens précisément de sa couleur "paille"),de la marelle ( je chercheis sur la terre aride du Causse la pierre la plus plate..pour aller plus vite..au ciel?

Bises hélène.

je pars sous la couette lire un Wodehouse( je viens de le découvrir avec Evlyn Waugh).

Écrit par : betty | 05/09/2010

J'ai cherché les garçons dans la cour avant de me rendre compte que ton école n'était pas mixte. Pourquoi ? Parce que le Lycée de mon enfance l'était et que j'ai longtemps cru que toutes les écoles étaient faites ainsi. C'est vrai que les jeux changent en fonction des saisons et qu'on ne sait pas trop comment on passe des courses aux billes ou au balles.
Mais cette liberté dans les trajets, cette possibilité de trainer un peu (pas trop) cette absence de contrôle permanent est impensable aujourd'hui où on n'ose pas perdre de vue un gamin à la sortie de l'école. Quelle triste société nous faisons vivre à nos mômes, sans qu'ils le sachent !!

Bises du grillon

Écrit par : Christian | 03/10/2010

Les commentaires sont fermés.

 
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