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11/09/2010

Jeunes années 12 - Quatre Saisons !

Arlettu dessinée plumes.jpgC'est la fête du vin !

Sur les tables des Français "moyens" ou peu argentés, dans les années 50, on trouvait du Préfontaines, du Vin des Rochers, des Vins du Postillon, avec une belle étiquette où un cocher avec une cape noire ressemblait à Béranger, Porte de la Craff (à Nancy), plus tard du Margnat (horrible! le vin des étudiants des années 60)...

Aujourd'hui dans les supermarchés, il y a des rangées et des rangées de bouteilles, on se croirait dans une bibliothèque, sauf que ça ne fait pas le même effet sur le cerveau!

En dînant avec des amis dans un restau italien, l'autre soir, on a bu du Diphese, un vin sicilien qui tape, 14 °, il existe aussi La Grolla, ce n'est pas un godillot, mais aussi un truc bien capiteux, enfin je ne vais pas m'étendre, sauf si gueule de bois, c'était pour vous emmener dans un petit paradis d'antan : le Marché.

Au marché de la Rue de Bretagne, dans le Marais, il y avait tout au long des trottoirs des carrioles et des Marchandes de Quatre Saisons, quelle jolie expression ! Des carrioles de fruits, de légumes, par tous les temps, c'était surtout des dames qui tenaient ces étals ambulants.

Il faisait froid souvent à Paris dans ces années-là, il pleuvait beaucoup, les magasins de parapluies et d'imperméables faisaient fortune. Les Marchandes de Quatre Saisons portaient des gros gilets de moutons retournés sur des tricots épais faits maison, des foulards en laine sur la tête.

Ce que j'aimais surtout dans leur tenue, c'était leurs chaussures, mi-sabots, mi-bottillons, fourrés avec une bordure type mouton ou lapin, c'était les fourrures les moins chères, et je dirai même, les plus douillettes et chaudes, épaisses, pas les trucs raides et chichiteux des "bourgeoises"! Après coup je comprends pourquoi je passe mon temps à chercher le bottillon idéal, et ça m'a pris bien avant que ça ne devienne la mode!

Au marché, toutes les boutiques de nourriture étaient grandes ouvertes, ainsi sur un trottoir on avait d'un côté le magasin avec son étal, et de l'autre la carriole des Quatre saisons. Ca criait, ça haranguait, on était gelé, j'étais toute contente de coller à ma mère pendant qu'elle faisait les courses avec son cabas!

Au début de la Rue de Bretagne il y avait une charcuterie avec dans la vitrine, une tête de veau avec du persil dans le nez. Elle a toujours été là, et je me demande si c'était la même ou s'il la changeait de temps en temps ! Mardi-gras LN & Geo.jpg

Plus loin, une crémerie avec que des fromages et des mottes de beurre, on n'y allait pas, il parait qu'elle était hors de prix. On achetait du gruyère à la coupe et du Bleu d'Auvergne à un ambulant.

Un autre magasin vendait des légumes secs, avec des énormes sacs de jute emplis de lentilles, de haricots posés comme des petits éléphants sur le trottoir. Même le Marchand de Couleurs étalait ses ustensiles sur le pavé....

(A suivre !)

A droite, la photo d'un Mardi-Gras, sûrement le même que celui que je vous ai déjà montré, puisque mon costume  et ma tête sont pareils, mais bizarrement à droite la première grande fille, ma soeur, n'est pas en marquise. Les autres grandes dindes sont ses copines de lycée, toutes rigolotes et gentilles, je me demande par quel phénomène elles avaient accepté une "petite" avec elles! Sûrement pour la photo posée, pas plus !

Affiche en couleur : Arletty la belle !

18:51 Écrit par Hélène Merrick dans Livre | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : feuilleton vécu, baby boom, années 50

Commentaires

ayant vécu mon enfance dans un tout petit village je viens de dévorer ce que tu écrst sur cette époque de la vie dans la capitale
le vin était livré dans les fermes en tonneau e tnous avions souvent nous les enfants la corvée d'aller remplir la cruche
Je crois y avoir goûté quelques fois en douce...juste un peu pour défier une de mes soeurs...
Je te souhaite une douce soirée Bises Brigitte

Écrit par : fleurbleu | 11/09/2010

Quelle belle femme cette ARLETTY!!!!!!! Ah les marchés!! comme c'était sympa de s'y promener!!D'ailleurs, lorsque je bouge hors de mon coin, je suis toujours intéressée par le "marché"!! c'est là que l'on peut juger des produits alimentaires du pays (bien, pas bien)!!Hélas, nous y voyons de plus en plus, des marchands qui n'ont rien à voir avec la nourriture!! J'ai de bons souvenirs des "quatre saisons" rue Lepic à Paris et du marché montagne Ste Geneviève ou celui de St Germain des Près!! Oui, moi aussi, j'adorai les sabots empli de fourrure, d'ailleurs j'en avais trouvé dans les années 70 au temps des babacooooooooools!!! un bien être hors pair !!lol Que de bons souvenirs!!! BISOUS FAN

Écrit par : FAN | 12/09/2010

Excellente introduction de dissertation traitant de l'inventaire de ce breuvage des Dieux qu'est le pinard français ...
La famille Margnat était effectivement l'un des fleurons les plus représentatifs de la grande famille des pinardiers métropolitains ..
C'est Margnat qui, pour intensifier l'importation des vins d'Algérie, affréta les premiers navires pinardiers ...
Margnat était le propriétaire de 450 boutiques pinardiéres , les "Paris-Médoc" ..
Dans les années 60, Margnat possédait sa propre équipe de cylisme professionnel ....Albert Bouvet, Darrigade, Bahamontès...et bien d'autres champions défendaient à l'époque l'honneur et les couleurs du pinard français ...
Et c'est encore et toujours Margnat qui mis le premier le pinard sous plastique pour en écouler plus de 800 millions de bouteilles par an ...
Fabuleux non ?
Bref ...Ces Margnats mériteraient leur monument dans tous les villages et les villes de France et de Navarre ..
Bon ......faudrait aussi que je dise quelques mots sur les peaux de lapin, la tête de veau et les haricots .....
Mais tout ça mérite de tels développements qu'on pourrait en écrire plusieurs livres ....
Encore faudrait-t-il que je sois doué pour raconter des histoires et les écrire.....je suis bien loin de tous ces trucs là..

Écrit par : Zorg | 14/09/2010

je me souviens de la reclame pour le vin des rochers le velours de l'estomac!
nous n'en buvions pas car maman était toute seule pour nous élever, papa était parti de son coté vivre avec d'autres gens le reste de son âge ...Chez mes grands parents il y avait une bouteille de mascara, vin d'algérie puissant et corsé qui logeait sous l'évier , et dont on ouvrait une bouteille le dimanche. Cette bouteille durait la semaine et venait de la coopérative des chemins de fer , comme les huitres du reveillon et je crus longtemps qu'il fallait avoir un cheminot chez soi pour manger des huitres ! Je croyais que le tonton pourvoyeur d'huitres s'occupait , ici aux aubrais, du parc à huitres de la sncf , comme d'autres conduisent les trains !Mais j'arrete je ne suis pas H Vincenot, il a si bien parlé de la copé que je n'ose pas en dire plus .
bises

Écrit par : josette | 14/09/2010

Les boutiques comme tu les décris, il n'y en a quasiment plus dans notre petite ville (4.700 habitants), place au supermarché ! Plus de boucher, plus de crémier, plus de poissonnier... (sauf dans la grande surface) !
Nous avons la chance de disposer encore de deux boulangers ! Noooon ?... Si !...
C'est beau le progrès !

Bonne soirée,
Gérard.

Écrit par : CHAP | 15/09/2010

Bonsoir Hélène,

C'est incroyable ce qui peut se loger dans la tête d'un enfant!Et ses sensations enfouies que ta note fait renaître.

Le monde citadin de ton enfance m'est étranger et je le découvre:je n'ai pas connu le " marché" ni les marchandes des 4 saisons..Je suis en effet un rat des champs et comme je l'écrivais à l'un de mes amis "je suis née avec de la paille dans les sabots".Il y avait cependant une boulangerie dans mon village et est encore présente l'odeur du pain qui cuisait;le fournil et le "magasin", c'était la même pièce.Et ces choux à la crème!(j'en crève d'envie!).

Ma grand'mère avait une petite épicerie remarquablement décrite dans "Le soleil sur Aubiac" de BORGEAUD ( à lire si tu ne l'as lu).J'adorais la couleur des boites de sardines à l'huile,et au milieu de ce fatras de conserves s'étaient échouées -je ne sais pourquoi-des espadrilles basques multicolores!Va savoir....Le Lot est assez éloigné du pays basque..Elle faisait également " dépôt de tabac":je jouais avec de " gros paquets" bleus remplis de tabac.

L'enfance est notre "vérité":là,on ne triche pas, n'est-ce pas?Elle dément la vanité apparente de la vie d'adulte.

Bises de Betty qui vagabonde.

Écrit par : betty | 15/09/2010

Je n'ai pas connu moi aussi les marchandes des quatre saisons. J'ai toujours vécu à la campagne dans un village où tout était authentique.
Je sais que l'on avait une barrique dans la cave où tous les jours on tirait le vin. Mais je ne me souviens plus où on allait la remplir.
Que de souvenir.
Bises

Écrit par : pimprenelle | 16/09/2010

Je n'ai pas connu moi aussi les marchandes des quatre saisons. J'ai toujours vécu à la campagne dans un village où tout était authentique.
Je sais que l'on avait une barrique dans la cave où tous les jours on tirait le vin. Mais je ne me souviens plus où on allait la remplir.
Que de souvenir.
Bises

Écrit par : pimprenelle | 16/09/2010

Oh lala ! j'ai connu tout cela moi aussi... ça me fait un petit pincement au coeur ! C'était bien le même vin, les mêmes fromages à la crèmerie... bien agréable de te lire... Je reviendrai. Bises de miche

Écrit par : miche | 20/09/2010

Les commentaires sont fermés.

 
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