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12/10/2010

Dimanche à Paris

Dimanche à Paris Promen. familiale.jpg

Le dimanche matin, ce n’était pas les « boueux » qui réveillaient le quartier, mais la fanfare municipale !

Elle passait sous nos fenêtres, venant de la rue de Turenne, elle montait la rue du Pont aux Choux jusqu’au boulevard Beaumarchais. On entendait les trompettes et le tambour arriver de loin. Le temps de se précipiter aux fenêtres, et on voyait défiler ces messieurs, endimanchés et costumés, fiers, martiaux. Ils y allaient d’un bon pas et jouaient de leurs instruments avec enthousiasme.

On n’avait pas besoin de regarder l’heure, on savait à quel moment ils défilaient.

Quelquefois, c’était la Garde Républicaine qui nous régalait d’un spectacle éblouissant : ces hautes coiffes sur la tête des Gardes, ces chevaux si hauts et si beaux, luisants et empanachés, cataclop cataclop, j’avais l’impression de les toucher en me penchant du deuxième étage. Les animaux étaient déjà une source d’émerveillement qui ne m’a jamais quittée !

C’était les premières attractions du dimanche.

Après se produisaient des événements mystérieux : Papa sortait et revenait avec une couronne de lauriers, il disait « C’est les Rameaux », d’autres fois, il remontait avec du muguet, « C’est le 1er mai », et ce minuscule bouquet aux grandes feuilles sentait délicieusement bon.

Les fleurs, Papa en achetait pour de grandes circonstances, l’anniversaire de Maman, une visite d’amis, la première branche de lilas de l’année.

Ce devait être le seul jour de repos que s’accordaient mes parents.Prom.bois LN & Geo.jpg

Vers midi, l’odeur croustillante du poulet rôti au four emplissait le couloir, se glissait vers l’atelier. Avec le poulet du dimanche, Maman concoctait un gâteau tout simple en forme de couronne ; moins riche qu’un quatre quarts, c’était un compromis de cake, de brioche et de sablé, la pâte préparée avec de la margarine astra ! Avec les années, elle l’a amélioré avec de la vanille, des noix.

Dans l’appartement résonnaient les chansons des opérettes programmées tous les dimanches matins : Ciboulette, les Cloches de Corneville, combien de fois les ai-je entendues ! Ca ne me plaisait pas trop, trop strident, trop bizarre ("J’aime bien mes dindons on on, Glou ou glou ou glou ou !"), mais c’était une habitude. Je préférais les blagues téléphoniques de Francis Blanche, qui avait une émission le dimanche matin ; son histoire de boîte de petits pois m’a fait tordre de rire.

L’après-midi, après déjeuner, nous allions en promenade. On s’habillait en dimanche : j’avais une robe pour ce jour-là et des babies vernies noires ! Réservées au "Jour du Seigneur" !

On  arpentait le Boulevard Beaumarchais vers la Bastille. Si on en avait le courage, on longeait la Seine jusqu’au Jardin des Plantes. Les gens flânaient, familles, amoureux « qui se bécotent sur les bancs publics » comme dit Brassens ; on s’asseyait sur ces bancs pour regarder passer les péniches. On admirait le mécanisme de l’écluse de l’Arsenal. Le long de la Seine n’était pas encore un axe de circulation aussi intense qu’une autoroute.

Ce qui s’est perdu depuis ces années 50, c’est la liberté de marcher dans les rues, sans s’effacer sans arrêt devant des passants venant en sens inverse ; aujourd’hui où nous sommes si nombreux dans la capitale, comme des voitures dans un embouteillage, on peut à peine se promener côte à côte en couple !

Prom. Papou.jpg

Ici, mon grand-père maternel, "Papou", ma soeur aînée à droite, et moi à gauche, avec la belle robe, le ruban dans les cheveux et les babies vernies du dimanche ! "Paris est une ville pleine de Lions" c'est le titre d'un livre de Geneviève Dormann.

Photo du haut : Promenade familiale sur un pont , celui d'Austerlitz peut-être, (ou alors en vacances en Normandie, Papa étant en blanc estival, toujours aussi élégant !)

Photo du milieu : un autre dimanche, une autre promenade au bois, une robe rouge et quoi dans ma main ? Fleurs? Glace ?!!!

(A suivre ...)

 

 

12:20 Écrit par Hélène Merrick dans Livre | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : feuilleton vécu, baby boom, années 50

Commentaires

Coucou fée Hélène !
Bien racontée ton histoire de vie , tu pourrais en faire un livre .
La vie parisienne était très animée et tu m'étonnes pas que tu ai
tous ces souvenirs de rues et balades à nous narrer .
Bon mardi bizoux Françoise !

Écrit par : françoise la comtoise | 12/10/2010

Yes!!!! La garde Républicaine!!! les bo gosses avec leur chevaux, quelle allure!!!!!! Tu as oublié Geneviève Taboui!!! "Et à Dimanche prochain"!!! Sa chronique politicarde était pertinente!! Ah la radio des années avant la TV, c'était chouette!! La révolution culturelle avec "Salut les copains"!!hihihi
Tout un passé d'après guerre partagé!!! BISOUS FAN

Écrit par : FAN | 12/10/2010

un bonjour plein de soleil d'alsace bonne fin d'apres midi
didier

Écrit par : didier du 68 | 12/10/2010

Quel classe ton père
Tu es chanceuse d'avoir autant de photos qui t'aident à ces retours vers l'enfance
Paris était certainement plus agréable pour les ballades en famille
Il y avait Genevieve Tabui et la famille Duraton ainsi que le celèbre sur le banc avec j Sourza
Bonne soirée Bises Brigitte

Écrit par : fleurbleu | 12/10/2010

Je crois que sont sont des fleurs,la glace serait plus loin de ta belle robe du dimanche!!!!!!!!
Bonne soirée Hélène
christiane

Écrit par : christiane06 | 12/10/2010

Bonsoir , amie Hélène... tes photos et tes souvenirs si bien contés me ramène à l'enfance...les souliers vernis, le poulet du dimanche, et sa bonne odeur de cuisson...un rêve
merci, en tout cas, j'aime...je parcourai les autres bises de mes alpes Noélus l'alpinus

Écrit par : l'alpin | 12/10/2010

Qui n'a pas ce genre de photos, prises lors de simples promenades, avec la famille, père, mère, soeur ou frère, alignés en rang d'oignons devant le photographe (l'un des membres de la famille ou un voisin, un ami... un passant assez aimable pour immortaliser l'instant à votre place...) ?
Merci de me faire remémorer quelques moments heureux de mon enfance. C'était le bon temps, comme on dit familièrement, en oubliant les événements malheureux qui jalonnaient déjà cette époque révolue...
Bonne journée,
Gérard.

Écrit par : CHAP | 13/10/2010

Bonjour Hélène

Tu as gardé en mémoire des souvenirs aussi précis que s'ils provenaient de la journée d'hier. Pourtant, sur les photos, tu n'es pas grandette ! Je n'ai pas cette richesse dans mes neurones et je t'admire de pouvoir nous faire participer si facilement à ces dimanches depuis le réveil.

Tu sais fort bien tricoter les mots et tu as fait ressurgir Francis Blanche au téléphone dans son canular pour demander à ouvrir sa boite de petit pois. Il voulait un dépanneur pour son ouvre boite.

Bises du grillon qui va rechercher cet extrait.

Écrit par : Christian | 13/10/2010

tu as , le don de raviver les souvenirs, il faudrait écrire la page de ta vie chaque jour et en faire un livre ...!
Bonsoir et beaux rêves !

Écrit par : Marie-Thérèse | 13/10/2010

Oh, le noeud, Hélène!le mien se flétrirait de jalousie!!!!!!!!!!!

Mais quel plaisir d'aller chez la mercière et de laisser s'égarer sa main sur ces tafettas"brillants, roses, bleu,écossais (je me souviens bien de l'écossais).

Et les chaussures du dimanche ( j'adorais les semelles en crêpe,je ne sais pourquoi..),des sandalettes blanches, ajourées sur le dessus, comme des petites pâquerettes.

L'éclair au chocolat des jours de fête..

Et les dimanches à courir dans les prés,à pique niquer près du ruisseau..la viile étaitéloignée.

Ton papa est vraiment un play boy,mais ce que je retiens surtout c'est le portrait d'une famille aimante.


Bises du soir

betty

Écrit par : betty | 13/10/2010

C'est tout bête ,mais à l'instant,en regardant de nouveau le portrait de ton père, une pensée vient de "me traverser l'esprit":pour exercer le métier de fourreur,il fauit avoir une âme d'artiste.

Écrit par : betty | 13/10/2010

un petit coucou alsacien matinal , je te souhaite une bonne journée
didier

Écrit par : didier du 68 | 14/10/2010

que de souvenirs et quelle émotion de se dire que nous avons presque tous ti au même moment en ecoutant ces blagues de Francis Blanche , que ce soient les petits pois ou le cours sautereau à Vincennes ...la radio nous a apporté ds bonheurs que la télé n'a pas égalé car nous avions un avantage enorme sur maintenant nous etions jeunes !
bises

Écrit par : josette | 14/10/2010

Les commentaires sont fermés.

 
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