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26/10/2010

Yaya Pipina !

Yaya jeune.jpg Ma grand mère maternelle pesait cent vingt kilos. C’est une des premières indications qu’on m’a données à son sujet. Elle vivait loin de nous avec mon grand-père. J’avais cinq ans quand je l’ai vue pour la première fois, et ce n'est certes pas son poids qui m'a frappée : j’ai découvert une dame ronde et souriante avec des joues douces et des manières chaleureuses.

Son prénom : Joséphine. Comme elle était d’origine italienne, on lui donnait un surnom rigolo pour des oreilles françaises : Kira Pipina (Madame Pipina).

Pour ses petits-enfants, Mme Pipina était « Yaya ». On la voyait pendant les vacances, quand on se transportait au loin dans la famille de Maman.

Yaya aimait beaucoup manger et du coup, elle faisait de la tambouille pour tout le monde. Dès le matin, quand je me levais pour le petit-déjeuner, j’allais dans la cuisine ; elle était là, debout devant ses fourneaux, en train de faire sauter d’avance des aubergines pour du moussaka au four, ou d’autres légumes pour des gratins et des rôtis de son cru. Ca sentait bon les petits oignons, l'huile d'olive et le basilic.

J’ai l’impression de l’avoir toujours vue devant la cuisinière. Elle chantait en chœur les chansons qui passaient à la radio et souvent, elle esquissait des pas de danse en riant. Elle me surprenait et me ravissait, avec son caractère rieur, ironique et souvent sarcastique, quand elle papotait l’après-midi avec ses copines venues en visite.

Il y avait toujours des visites après la sieste. On allait là-bas en été, et il faisait très chaud sous le soleil de la Méditerranée. Tout le pays dormait après le déjeuner. Après arrivaient les gens, et ma Yaya leur préparait du café, avec des petits gâteaux bien sucrés et bien imbibés de sirop et de gras, ou alors des morceaux de confitures à sa façon, plutôt des fruits confits, comme des figues entières, ou des petites oranges du Sud, c’était délicieux, mais quand on m’obligeait à en manger, je trouvais ça un peu écoeurant !

maman nounou.jpg

On louait un tout petit pied-à-terre au bord de la mer, où Yaya passait l’été en veillant sur les petits groupes familiaux qui défilaient.

Avec Yaya je ne risquais pas de mourir de faim ! Elle avait une cocotte-minute, une des premières, et elle y mettait tout le temps des trucs à cuire. Quand ça commençait à siffler, elle sortait avec son gros réveil-matin à la main et venait s’asseoir au bord de l’eau dans un de ces cafés sur pilotis qui longeaient la plage. Elle posait son réveil sur une table et discutait avec les voisins et les patrons du café jusqu’à la sonnerie, très stridente! Alors, de son pas balancé et d’une surprenante légèreté, elle repartait guillerette vers la cuisine.

J’ai retrouvé récemment des photos d’elle où elle n’a pas l’air heureux. Mon grand-père, Papou, avait eu des déboires financiers, perdu sa petite entreprise, connu de mauvais jours. Sur les photos volées, tous deux ont l’air d’en avoir bavé. Je n’ai appris que très tard leur histoire.

Je veux garder d’elle ces images radieuses de mon enfance, ses chansons, ses danses, ses plaisanteries, son rire, son sourire.

(A suivre...)

(J'ai fait le petit dessin en noir et blanc ci-dessus il y a quelque temps en pensant à ma Yaya !)

 

17:50 Écrit par Hélène Merrick dans Livre | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : feuilleton vécu, baby boom, années 50

Commentaires

Coucou fée Hélène:
Ta note est douce et chaude,et,grâce à toi,ta grand-mère est là,devant ses fourneaux,chantante.Et toi,il t'arrive de fredonner en mijotant quelque chose de bon?
Je t'envoie un rayon de soleil!
christiane

Écrit par : christiane06 | 27/10/2010

Coucou la fée Hélène !

Je suis en retard de lecture chez toi et je ne sais pas pourquoi , mais qu'est-ce-que je deviens délaisser ma fée ..... Souvenirs de ta Yaya merveilleux et c'est ça qui est super quand les grands-parents laissent de beaux souvenirs aux petits et j'espère que moi qui suis mamie se sera pareil , se serait Fabuleux . Bonne soirée bizoux Françoise !

Écrit par : françoise la comtoise | 27/10/2010

Il y a de l'amour dans ta façon de raconter comment tu la vois dans tes souvenirs cette grand mère Qui vivait avec son poids et qui savait si bien vous donner de l'amour à sa façon Bonne et douce nuit Bises Brigitte

Écrit par : fleurbleu | 27/10/2010

C'est merveilleux ces souvenirs que nos "Yaya" nous ont laissés. Il m'arrive de sentir une odeur et ça me rappelle les bons plats de ma "Mémé" ... après toutes ces années ...
Tout ça finalement ce n'est QUE de l'amour !!!
Bises et bonne journée

Biche

Écrit par : Biche | 28/10/2010

Ah! j'aime bien ta mamie YAYA et sa cuisine. Comme toute les mama italienne c'était bien son domaine. Sympathique. à suivre avec plaisir. Toute mon amitié amie Hélène et bonne journée Bises du Noélus

Écrit par : l'alpin | 28/10/2010

Je viens de lire ta note sur "YAYA" que je trouve sympa comme tout. Ma grand-mère à moi n'était pas d'origine italienne, ni grosse comme la tienne, mais je l'aimais beaucoup aussi.

Pour répondre à ton com sur mon nouveau blog, c'est bien moi la photo avec le beau chapeau. C'est la photo que j'aie faite pour illustrer mon premier livre édité. Elle date au moins de dix ans. J'ai un air guindé là-dessus mais comme ce blog est dédié à l'écriture, j'ai trouvé ça bien de la mettre. Mon image actuelle me plaît moins. En tout cas, moi, je ne connais pas la tienne image. Et c'est dommage car je ne sais pas à qui je m'adresse.

Bises,
Aliette

Écrit par : Aliette | 28/10/2010

hello !
mon message n'a pas du arriver ? ça ne marche pas toujours ?
tiens, une idée , je vais rajouter mon ness avec les clouns de la rue !

bonne journée !

Écrit par : Marie-Thérèse | 28/10/2010

Les grand-mères laissent toujours de bons souvenirs dans le coeur d'un enfant. La tienne, comme tu l'as décrite, on ne peut m'oublier.
Très joli dessin la représentant devant ses marmites.
Bon dimanche.
Bises

Écrit par : pimprenelle | 31/10/2010

Un mot d'abord de tes dessins et illustrations...C'est très joli, j'aime bien le Chaperon rouge et le loup moqueur...Le dessin que tu as fait de ta grand-mère illustre parfaitement ton récit...
Les seules choses dont je me souvienne et que m'a "cuisinées" ma grand-mère, c'est les poires "Bon Papa", de grosses poires ramassées à l'automne qui mûrissaient sur de la paille, et que La Philo faisait cuire dans son four...Elles étaient nettement meilleures crues les poires, mais elle était tellement contente de nous faire plaisir.
Des choses encore, qu'elle préparait en plein champ lorsque nous allions garder les moutons...Des pommes de terres sorties des poches de son tablier et cuites sous la cendre du feu de bois...Pareil pour les escargots ramassés dans les orties du fossé, un délice !
Bien longtemps après qu'elle soit morte, je m'en préparais parfois au cours de mes escapades de gamin des taillis et des fourrés...
Elle est morte, j'avais neuf ans.
Hier, je suis allé poser une fleur sur sa tombe...Cinquante-six ans après sa mort, elle me manque...
A bientôt...

Écrit par : Crabillou | 01/11/2010

Bonsoir Hélène

Un portrait léger et plein d'entrain qui décrit fort bien ta Yaya bien dans sa peau de cuisinière aux petits soins pour son homme et ses visiteurs.
Ton dessin a gommé la cocotte minute pour laisser la place à deux marmites ventrues où un chien ressemblant à l'enfant attend tandis qu'un chat s'est perdu au fond de l'une d'entre elles. C'est un croquis tendre qui correspond bien à tes souvenirs !

Elle serait contente que tu penses à elle ainsi, ta yaya.

Bises du grillon

Écrit par : Christian | 02/11/2010

Bonsoir Hélène,

J'ai rangé ma valise de "mamie", ce qui me donne un peu plus de liberté pour voyager sur les blogs.

Je ne sais si tu aimes cuisiner, mais moi j'adore,et je pense le devoir à ma "mémé" ( synonyme de yaya).Le dessin des marmites me rappelle cette marmite ,noire léchée par les flammes du feu dans la cheminée:la soupe qui cuisait avait un goût jamais égalé depuis!
J'aime bien la façon que tu as de parler de l'obésité" de cette grand'mère:tes yeux d'enfant la voyaient comme une personne joviale.

ma mémé ajoutait toujours du gruyère qu'elle allait couper dans la mote, sur les pâtes.Mais quel régal!

Bises gourmandes et émues

betty

Écrit par : betty | 03/11/2010

la force tranquille la tendresse le pouvoir aussi des aieules !
amitiès

Écrit par : ventdamont | 09/11/2010

Les commentaires sont fermés.

 
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