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11/01/2012

Retour aux sources

Un de ces rares jours de soleil à Paris, j’ai eu la chance de n’avoir aucune obligation urgente à accomplir. Mon esprit n’a pas réfléchi, mon corps non plus. J’étais prête depuis le matin à sortir, bottée, manteaulée, un sac à la main et un appareil photo dans l’autre. Un ticket de métro en guise de passe passe et me voici en route vers la station Saint Sébastien Froissard.

C’est MA station, celle qui, sur la ligne Balard-Créteil (avant c’était Balard-Charenton, on disait que Charenton c’était « chez les Fous », il y avait un asile au bout de la ligne) restera celle de mon enfance, celle qui donne directement sur le boulevard Beaumarchais. A deux pas de là, il n’y a qu’à se retourner, c'est MA rue, la rue du Pont aux Choux. Je vous l’ai décrite il y a environ deux ans. Je voulais y retourner, photographier ce qu’il en restait, priant pour qu’on n’ait pas tout détruit de mes souvenirs.

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La boulangerie Auger du haut de la rue est toujours là, même si elle a changé de nom, en face il y a aussi la grande crèmerie épicerie où Maman m’envoyait chercher du lait dans un bidon en fer. Curieusement, je ne me souvenais pas de son nom, regarder sur la photo, c’est une surprise, Ferme Sainte-Hélène !
En descendant la rue je tombe sur la scierie dont le bruit me réveillait chaque matin, c’était un grincement familier qui me rassurait, là aussi, elle a peut-être changé de nom, mais sa façade est la même, la longueur du magasin aussi.
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Certaines portes cochères ont conservé leur aspect, même rénovées. La propreté des bâtiments m’étonne. J’attends avec angoisse d’arriver en face de la maison (l’appartement qui servait à la fois d’habitation et d’atelier à mon Papa artisan) : l’enseigne que j’ai toujours connue sera-t-elle encore là ? En dessous de nos fenêtres on voyait l’enseigne de la petite cordonnerie, une botte rouge.
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Elle est là ! Toute propre, repeinte sans doute ; la cordonnerie aussi. Elle est fermée. Je la vois fermée depuis des années quand il m’arrive de passer dans cette rue.

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Et je continue ma descente, une librairie au même endroit qu’autrefois… Tous les autres magasins ont changé, à la place de la minuscule boutique de journaux, il y a une sandwicherie, et tous les autres à l’avenant ; chez M. Joseph, qui m’a fait ma première « permanente », ce n’est plus un coiffeur, il y a des boutiques de vêtements plutôt que de denrées… Curieusement, à la place du bougnat, un café tout noir qui vendait du charbon, il y a une boutique à la devanture entièrement peinte en noir, ça ne change pas de ce côté-là, mais on ne sait pas ce qu’il y a à l’intérieur, une galerie d’art peut-être !

J’ai retrouvé mon carrefour en croix, la rue de Turenne, la rue de Poitou où il y a une école où j’ai suivi des cours dans les années 70 pour préparer un concours administratif :

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Je traverse la rue Vieille du Temple, retourne voir l’annexe du Lycée Victor Hugo où j’ai passé ma sixième et ma cinquième.

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Me voici maintenant rue Debelleyme, la rue de mon école communale. Elle est toute pimpante, ravalée de frais, elle porte maintenant le nom de « Lycée François Truffaut ». J’attends que les élèves soient rentrés pour la photographier :

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Pourquoi suis-je allée d’un coup ce jour-là me promener dans mon quartier ?

Par extraordinaire, on m’avait indiqué un magasin où trouver des petites bottes fourrées repérées des semaines plus tôt dans un magazine : rue Debelleyme. J’ai appris cette adresse le lundi 2 janvier. Le mardi 3 janvier, j’étais là, face à mon ancienne école, plantée devant la vitrine en question. Elle était entièrement décorée de petites bottes de toutes les couleurs, même celle que je voulais. En entrant, il n’y avait rien dans la boutique, l’espace était immense et vide, c’était étrange, les murs étaient entièrement peints en noir et deux balançoires pendaient du plafond. Planche en bois, cordages. Dessus se balançaient une jeune fille et un jeune homme ; la boutique était en sous-sol. J’ai montré la couleur des bottes, le gars m’a demandé « pour enfant ? », j’ai dit « euh non, carrément pour moi ». « je vais voir » a dit le garçon ; c’était drôle, il avait l’air un peu dégoûté mais doux, comme le sont les timides qui cherchent à avoir l’air snob et détaché. Celui-ci était très gentil.

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Il m’a sorti des bottes de plusieurs couleurs, mais il n’avait plus celles que je voulais, même pas ma taille dans d’autres modèles.

Je suis partie, j’ai erré encore un peu dans ces rues aimées, toutes neuves, pourtant si pâtinées... comme moi quand je me pomponne, rafraichie de couleurs, pâtinée d’expériences et de souvenirs.

Je n’ai pas eu mes petites bottes, mais j’ai fait ma belle promenade. Je rêve d’autres journées comme celle-là.

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Qu'y a-t-il derrière cette belle porte rouge ? .......

 

 

18:34 Écrit par Hélène Merrick dans Blog | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : pont aux choux, promenade, liberté

Commentaires

Merci pour cette belle balade, et pour la sérénité de cette note...
Amitiés

Écrit par : serge | 11/01/2012

Belle promenade et belles photos
bonne soirée
bises
Christiane

Écrit par : Christiane | 11/01/2012

Coucou la fée Hélène !
Chouette ! tu as fais un reportage souvenirs . As-tu remarqué qu'en faisant ce reportage photos
on remarque plus les petits trucs que l'on aurait pas vu dans une balade simple ? Ton petit coin
d'enfance et joli dans ces petites rues Parisiennes . Je me souviens d'autres photos anciennes de
ce côté là . J'attends la suite .... Bonne soirée et gros bizoux de la Fanfani !

Écrit par : françoise la comtoise | 11/01/2012

Une paire de bottes a emmené tes pas vers ton quartier d'enfance
Pour moi les retours en arrière sont toujours assez difficiles
pour toi j'ai l'impression que cela t'a redonné la pêche Tu a bien vécu cette journée
Je vais revenir car je suis curieuse de voir ce qu'il y a derrière cette belle porte
je vous embrasse tous les deux
Brigitte

Écrit par : fleurbleu | 11/01/2012

J'ai bien aimé ma visite chez toi dans ton pays d'enfance. Tes photos sont magnifiques. J'adore ces petites rues comme vous savez les habiter, les décorer. Aujourd'hui c'est le repos, précédé de deux jours de ski intensifs à enseigner. J'ai le sentiment d'avoir tout donner pour transmettre à chacun le plaisir et la confiance.
Je te dit à la revoyure, je vais nourrir ma tribu de chevreuils qui m'attendent frileux.
Bisous,
Pierrette

Écrit par : Pierrette | 11/01/2012

les bottes sont faites pour marcher!
balade voyage dans le passé et la mémoire
et ton quartier , les lieux changent peu à peu
nous aussi ......ou pas
amitiès

Écrit par : ventdamont | 12/01/2012

Tu n'as pas eu besoin de tes bottes pour nous prendre par la main et nous faire voyager dans ton enfance ... un moent très agréable.
Cette très belle porte rouge m'intrigue ...
Bises à vous 2

Écrit par : Biche | 12/01/2012

Merci pour la découverte de ta rue.. cela fait drôle se revoir le secteur de son enfance....

La dernière fois que je suis allé à Verdun (55), mon cousin m'a fait visiter "ma" ville, car avec les sens uniques etc... je ne m'y retrouvais plus Je suis aussi passé dans ma rue. L'ex collège des filles est toujours là, en face de ma maison, L'hospice St Catherine un peu plus loin aussi. Mais les 5 maisons mitoyennes dont celle où nous habitions étaient condamnées. Toutes portes et fenêtres barricadées.. Elles datées de 1880. Toutes étaient en pierres, et les joins étaient fait à la chaux....

Elles doivent être démolies... et un ensemble immobilier moderne les remplace sûrement. Il faudra que je demande à mon cousin...

Merci pour ton article qui m'a fait penser à ma rue d'enfance.... Bises

Écrit par : patriarch | 12/01/2012

Avec l'époux, il y a qques temps nous avons fait notre pélerinage à Saint-Maur.
Charenton-Balard était ma ligne pour aller travailler. Je prenais le 111 à St Maur puis le métro à Charenton-Ecoles jusqu'à Montmartre qui maintenant s'appelle Grands Boulevards.
Tu as réveillé des souvenirs.
Il fait bon revenir un peu sur les lieux de l'enfance. J'ai vécu un temps rue François Miron mais là, je n'ai rien reconnu.
Bises belle Hélène
Geneviève

Écrit par : Geneviève | 12/01/2012

Bonjour Hélène

C'est chouette de retrouver presque intactes ses racines, dans une grande ville comme Paris. Je me souviens de la détresse et de l'amertume d'un copain qui était allé faire un tour à Nancy, et qui, en revenant, m'a avoué que tout avait été rasé pour faire un grand ensemble commercial.

Lorsque j'ai fait des recherches généalogiques sur des branches éloignées, j'ai obtenu, grace aux renseignements dans les recensements, les adresses où des familles aujourd'hui éteintes habitaient en 1900 et quelques. J'y suis allé, et oh surprise, j'ai retrouvé des vieilles gens qui avaient connus leurs fils ou fille lorsqu'elles étaient enfants.

La prochaine fois, sonne aux portes !!!

Bises du grillon

Écrit par : Christian | 13/01/2012

Jolie balade dans les rues de ton enfance.....il est vrai quand l'on retourne après un temps assez long dans un lieu qu'on a aimé, il y a plein de changements....et parfois, on se sent un peu perdu.
Mais toi, il semble que tu t'es retrouvée.....
Tant pis pour les bottes, tu en trouveras ailleurs.
Bonne journée.
Bisous
Anita.

Écrit par : anita | 13/01/2012

Bonsoir, mais maintenant vous ne résidez plus à Paris? moi je dois faire comme vous avant qu'il me soit impossible de le faire, je suis née dans l'Aube dans un petit village à l'époque c'était un village, Mussy sur Seine dans l'Aube, mes parents tenaient un magasin d'alimentation 'Les économiques troyens", ils étaient entre le boulanger et le coiffeur, je vois très bien le cours d'eau qui passait, le petit pont, mon école tout est là dans mes souvenirs, avec de jolies couleurs de l'enfance, je réside en Picardie...ce n'est pas si loin l'Aube.....c'est bien Hélène d'avoir fait ses pas, et ce si joli commentaire
a bientôt de vous lire,
Catherine

Écrit par : Lady Catherine | 13/01/2012

Lady Catherine, si vous revenez sur mon blog vous aurez ma réponse : si si, je vis toujours à Paris mais dans un autre quartier, j'ai déménagé souvent, l'appartement dont je parle souvent était celui de mon enfance, nous en sommes tous partis, dispersés, au gré des mariages, séparations, naissances, adresses de travail, etc, c'est la vie ! Mais ça reste ma rue et mon quartier préféré. Quand j'ai le temps d'y passer, je savoure les lieux, les commerces ont changé, mais pas la rue et pas non plus le quartier ; c'est beau et ça m'apaise.
Je n'ai pas oublié le tableau qui vous ferait plaisir, avec les détails précis ; j'y songe, j'esquisse des mises en page, ça fait danser mon imagination, un jour, prochain j'espère, il sera en route!
Amitiés. Hélène

Écrit par : helene merrick | 13/01/2012

Chère Hélène, le système de blog50 fait que même si je n'ai plus mon blog50 je suis avisée de tous les commentaires que je désire suivre, si j'ai coché, aussi j'ai reçu votre réponse,
merci de penser a moi pour ce tableau, je réside près de Chantilly qui est la banlieue nord de Paris, je vais régulièrement à Paris, j'ai mon ami né à Paris qui vient chez moi ces deux dernières semaines de janvier,...mais votre tableau ne sera pas prêt....
a bientôt
vous n'avez aucune obligation pour ce tableau
Catherine

Écrit par : Lady Catherine | 13/01/2012

ma belle Hélène nous fait voyager. Les bottes de sept lieus sont restées sous le comptoir et pourtant que de kilomètres dans le temps tu nous a fait faire ...merci de la ballade, et à bientot
bises

Écrit par : josette | 13/01/2012

Un petit coup de nostalgie qui fait du bien à l'âme et au coeur!! Ô combien une larme de regret coule lorsque l'on voit tous les changements mais un grand sourire lorsque l'on retrouve ses marques de l'enfance!!! Bien nichée dans tes botillons!!!BISOUS FAN

Écrit par : FAN | 14/01/2012

J'ai pris beaucoup de plaisir à surfer sur ton blog et me retrouver avec toi à marcher dans les rues de Paris.. des magasins bleus comme celui cher à Hélène et Betty. Je te bise et à plus.Miche

Écrit par : miche | 20/01/2012

un beau pèlerinage; émouvant. Et tu as la chance d'avoir habité dans un quartier à taille humaine. D'y retrouver un peu de ton enfance. Moi les maisons de mon enfance n'existent plus et le quartier n'a pas d'âme.

Et en levant la tête on a de belles surprises parfois

Dominique

Écrit par : papydompointcom | 21/01/2012

Les commentaires sont fermés.

 
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