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09/03/2010

feuilleton LES CELLULES ETOILEES Chapitre 28

 

oiseau & fée cheveux courts.jpg
Attention les amis, il y a des petits malins qui se glissent dans notre espace pour y incruster un site de rencontres. Exactement ce que je ne veux pas sur Blog 50. On a du mal à faire disparaître la page et il faut carrément éteindre l'ordinateur par le boitier pour s'en débarrasser. Quel ennui. Si ça persiste, beaucoup d'entre nous finiront par supprimer leur blog pour ne plus être importuner.
Bonne journée aux fidèles.
Ci-dessus: deux petites créatures pour décoller du réel trop souvent sordide !

Feuilleton

LES CELLULES ETOILEES

Chapitre 28

ESPACE VITAL

Il y a du nouveau. Plus de cauchemars. Plus de rêves non plus. C’est simple : je ne dors plus.

Toutes les nuits, les affreux envahissent mon côté du lit. Ils me harponnent et me traînent là-haut, dans leur guerre mondiale. Je suis à bout ! Existe-t-il une arme capable de volatiliser ces créatures ? La mort aux rats ne les atteint pas, les supplications non plus. Et si je les noyais? Hors de question, ça provoquerait un dégât des eaux injustifiable. Et si je brûle ma fresque et ma pelouse artificielle, les pompiers n’apprécieront pas. Les assureurs non plus, et ma famille encore moins.

Et si je lâchais Idiot contre eux ? J’ai essayé. Le pauvre crétin, réveillé en pleine nuit, épouvanté par la furie des combats, s’est mis à geindre, à se traîner sur le ventre, et s’est enfui du cataclysme forestier sans demander son reste. Depuis, il m’observe avec méfiance, il gémit à mon approche et tourne une bonne demi-heure autour de sa pâtée quotidienne avant de condescendre à la consommer.

Le plus bizarre, c’est le sommeil profond dont bénéficient les membres de ma famille pendant mes bruyantes insomnies.

Les yeux creus, les cernes de plus en plus accentués, j’affronte chaque jour dans un état de semi-coma.

- J’ai un livre pour vous, Liliane ! claironne M. Grommeleck au téléphone.

Oh pitié ! Pas encore du “Riri et Roro s’éclatent à l’hospice” !

- Je voulais m’offrir un trimestre sabbatique, M. Grommeleck, après tout le travail que je vous ai livré.

- Allons, allons, ma petite Liliane, ça ne vous ressemble pas ! Et tenez, j’ai même une bonne nouvelle pour vous !

Il a décidé de se pendre. De liquider sa boite. De s’expatrier.

- Ah oui ? fais-je, éteinte.

- Vous aimez les martyrs ?

Qu’est-ce que je disais.

- J’en vis un, Monsieur Grommeleck, tous les jours que Dieu fait, quand vous me confiez Couventine et ses bonnes oeuvres.

- Ah, ah, vous ne réussirez pas à me démonter, Chère Amie (s’il m’appelle comme ça, c’est qu’il va s’en mettre plein les fouilles avec mes droits d’auteur). Ecoutez plutôt.

- M’oui ?

Il va me refiler les mémoires de M. Vincent ou l’Histoire Universelle de la Morale, je parie. Dans mon brouillard, je distingue vaguement :

- Dracula ... Vampires ... Ghoules ...

Juré, je suis sobre comme un chanoine. Pas le Kir, évidemment.

- Quoi ?

- Je publie une nouvelle édition du Dracula de Bram Stocker, dit le vieux maniaque du bénitier, et j’ai pensé à vous pour l’illustrer.

Si je suis en train d’halluciner, tant pis, en tout cas ce n’est pas le moment de pinailler :

- D’accord.

J’ai six mois pour effectuer entre trente et cinquante dessins, à moi de voir, a concédé le bougre. Il ne faut surtout pas lui laisser le temps de se reprendre. Je vais de ce pas chercher mon contrat, le signer sur place et lui extorquer dans la foulée mon chèque d’avance sur recettes. Des vampires, des démons, des ghoules ? Ca tombe à pic, j’ai besoin de me défouler, et avec tous ceux qui bouleversent mon sommeil, même pas besoin d’inventer !

Apparemment, je ne suis pas la seule à vouloir de l’action. A peine commencé mon nouveau boulot, les Etres se précipitent et saccagent mes planches. Des dessins qui ne leur ressemblent pas, ça les gêne. Alors là, c’est trop. Plus que trop. Cette fois, ils vont me le payer.

A défaut d’une mitraillette ou d’un coutelas, je gagne le grenier avec un drapeau blanc. Ces horreurs savent-elles ce qu’il signifie ? Elles le savent. Autour de moi, les batailles s’apaisent. Un petit groupe moins déglingué que les autres s’approche et s’agrippe à mes fringues. J’articule, en espérant qu’ils vont comprendre ma langue, avec leur cerveau gros comme une bille :

- Que voulez-vous de moi ?

Je répète cette phrase au moins trois cents fois, guettant une lueur d’intelligence dans leurs yeux d’aliénés. Il leur en faut du temps, pour réagir ! Enfin, mes paroles provoquent une réaction. Oubliant leurs querelles, une poignée de minus se lance dans une pantomime accélérée. C’est à moi de m’interroger. En les observant un à un, je crois deviner : ici c’est trop petit, ils manquent de place ! Voilà les créatures de tous acabits à droite, à gauche, les bras écartés, resserrés, ouverts de nouveau. Ils miment un espace imaginaire, bien plus vaste que le grenier où je les ai cantonnés.

- Pourquoi n’entrez-vous pas dans la forêt ? Je vous ai construit des allées, des routes !

Ce n’est pas suffisant, ils me le prouvent, courent aux limites de la forêt, agitent les doigts vers les trouées, secouent leurs têtes à les faire craquer.

Ils désignent le château, tout au fond, expriment leur détresse devant son exiguité, je ne comprends pas, il me parait immense, ce château, mais les Etres deviennent dingues, ils piaillent de plus en plus fort, me malmènent, me secouent et me refoulent vers la porte ... Me voici sur les marches, avec sur moi et alentour des harpies déchaînées, griffes dans ma peau, dans le parquet, dans le papier peint des murs, sur la rampe d’escalier, oh, non ! Ne réveillez pas ma maisonnée !

Une seule solution : agiter encore le drapeau. Le blanc les calme une seconde, et dans un éclair, je remarque leurs vêtements : aucun d’entre eux ne porte du blanc. Cette couleur les effraie-t-elle?

Le drapeau toujours brandi, je mime un consentement, je désigne leur forêt et j’écarte les bras en signe d’espace. S’il ne pigent pas, je renonce ! Ca marche. Ils se replient pour la nuit avec leur charivari habituel et je reprends mon souffle. Vite, au lit.

(A Suivre !)

 

13:07 Écrit par Hélène Merrick dans Blog | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : fantastique, famille, humour, suspense, mystère

08/03/2010

Feuilleton LES CELLULES ETOILEES Chapitre 27

 

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Etant enfant, j'ai vu un film où les fleurs avaient des visages de femmes, il faut croire que ça m'a marqué ! C'était le merveilleux Baron Münchhausen, de Josef von Baky, datant de 1943.

 

 

LES CELLULES ETOILEES

Chapitre 27

LES TROTTE-MENU

“Enfin plongée dans un doux sommeil, Liliane est soudain secouée par un terrible tremblement de terre ; des dinosaures lui écrasent les pieds, un éléphant l’étouffe de sa trompe, un troupeau de buffles la piétine.”

Et voilà. Avec des rêves de ce genre, je suis supposée me reposer.

Gardons les yeux fermés. Sinon, mon regard va encore tomber sur un trotte-menu ou sur toute sa famille et sa cour réunies.

L’esprit vaseux, je gis près de mon chéri, fermement décidée à replonger dans le sommeil. Arrière, cauchemars ! Et c’est reparti : les bataillons n’ont pas fini de m’écrabouiller ; je sens des sabots trottiner sur mes jambes, mes cuisses, mon ventre ; sur mon estomac, les pas sont précis, insistants. C’est sûrement Idiot, il vient tout le temps se caler entre Henri et moi. Mais non. Idiot est plus lourd que ça. Ce n’est pas lui. J’entr’ouvre les paupières, le plus lentement possible. Deux yeux scrutateurs et moqueurs sont dardés sur les miens. Je ne veux pas le savoir. Je veux dormir.

Deux pieds et deux mains, légers comme des pattes d’oiseaux, foulent mon poitrail. Réveille-toi, Liliane, allez, grosse feignasse, réveille-toi. Bravement, j’écarquille les yeux. Une créature à tête de diablotin me fixe, avec une persistance malicieuse. C’est lui. Enfin, le voici.

“Ne t’en vas pas ! Reste ! Qui es-tu ? Parle-moi ! Dis-moi ce qui se passe !”

Jamais je n’ai eu aussi peur face aux mistoulinets habituels. Diablotin est un peu plus grand qu’eux ; déplié, il atteint au moins 80 cm.

Mon hôte recule, et après un dernier regard, toujours aussi perçant, repart vivement vers mes pieds. Et voici maintenant mes habituels tracassins, les trois poseurs, le prince, la princesse et le dandy chamoiré, alanguis sur le bois de lit. Le prince et sa chérie se tiennent par le bras. Le dandy joue avec son jabot. Un étrange animal est assis à ses côtés. Il ressemble à un sphynx, ce chat égyptien sans pelage. Eux aussi ont les pupilles dilatés à force de les braquer sur moi, et ils babillent dans leur dialecte. Le diablotin a disparu. J’entends près de moi le souffle régulier d’Henri endormi. La maison est silencieuse. Si je reste là sans bouger, ils vont partir. Je vais me rendormir. Refermons les yeux. Sombrons dans un rêve.

Les Etres sont perchés sur moi, un sur chaque épaule et la princesse au creux de mon bras gauche, là où je portais mes enfants quand ils étaient bébés. Les froufrous de sa robe caressent mon poignet avec le crissement particulier au taffetas.

Comme s’ils déteignaient sur moi, je me fais l’effet d’être aérienne, je me sens comme eux, vêtue de soie et de mousseline, les cheveux soyeux décorés de fleurs et de bijoux, glissant au-dessus du sol, prête à m’envoler dans leur monde disparu. Quelques minutes d’accalmie. Du moins je le crois.

Me voici dans ma forêt. Elle n’a plus rien de plat ; les trompe-l’oeil ont pris du relief, les feuilles des arbres oscillent, les fleurs exhalent d’intenses parfums, une brise zéphirienne caresse buissons et feuillages. Les allées sont décloses, et la plus vaste s’évase face à moi vers des profondeurs boisées grouillant de vie. La foule des pichots s’engouffre avec lenteur et grâce dans ce passage. Au loin dans la brume se dessine la silhouette estompée d’un palais biscornu. La princesse ouvre la marche. Le prince et le dandy me tiennent les mains. Ils m’entraînent dans la forêt bruissante. Certaines fleurs ont des visages et toute la flore palpite, comme les petits habitants aux toilettes multicolores. Leurs délicates silhouettes s’épanouissent dans ce décor à la fois froufroutant et sauvage. Dans ce monde l’agencement des végétaux, des animaux et des créatures à l’aspect humain ne ressemble que de loin au monde des “grands” . J’en oublie tout, étourdie par les senteurs et les sons, emportée par mes hôtes. La forêt fourmille de huttes secrètes, de terriers enfouis où fulgurent des regards et des cris furtifs, de nids d’où s’échappent chants et babillages.

Et soudain, c’est l’apocalypse : des griffes m’arrachent au lit, des milliers de mains crochues me traînent sur le tapis, d’immondes pattes velues et visqueuses se collent sur ma bouche, m’empêchent de crier, je suis emportée dans un tourbillon, une tornade, un tremblement de terre, une éruption volcanique, une explosion atomique, que m’arrive-t-il ?

JE NE DORS PLUS ! Je sens les marches du grenier râcler mon dos, mes flancs, tandis qu’on me hisse comme un cochon vers l’abattoir.

Mon joli rêve n’était qu’un leurre.

En réalité, me voici propulsée comme un sac poubelle au milieu du grenier, un grenier qui ne ressemble en rien à ma forêt idéale.

Autour de moi un épouvantable décor, vibrant de bruit et de fracas, émerge tout droit du grimoire de M. Brugnon. Où sont mes gracieux marmousets ? Il n’y a rien de tendre ou de charmant ici, rien que des armées de chevaliers en armure noire comme le jais, des chevaux aux yeux fous, ceinturés d’ arbres tordus et gémissants ; des oiseaux aux pattes crochues fondent sur moi de tous côtés. Alentour se battent des groupes de créatures multiformes et disparates, dans les sentiers, dans les taillis grouillent des foules enragées ; les vastes allées, perdues vers l’infini, abondent de guerriers en colère. Des membres voltigent, du sang jaillit des corps tordus. Ce monde est un enfer. Il ne vaut pas mieux que le nôtre.

Si seulement je dormais, si seulement j’étais sur le point de me réveiller. Mais non. C’est bien réel. Je hurle le nom d’Henri, ceux de Benito et de Colette, comme s’ils pouvaient m’entendre, comme si, en volant à mon secours, ils sauraient venir à bout de ce chaos indescriptible. Personne ne me secourt. Cette forêt va me dévorer.

Je serre mes mains contre ma poitrine, je me recroqueville et demeure plantée là, bousculée de toutes parts ; je tombe, me roule en boule pour esquiver les combats. De tous côtés, on brandit des armes bizarres. Les forcenés s’attaquent aussi à mains nues, avec fureur. Ils se déchirent, se détruisent, croirait-on, par la seule force de leur haine, exhibant au moment voulu un épieu de leurs manches, une falarique de leurs chausses, utilisant leurs pieds, leurs dents et leurs griffes. Brinquebalée une fois de trop, me voici au centre d’une mêlée. Des centaines de trotte-menu me cernent. Mes trois chaperons habituels sont perchés sur un amas fumant de victimes, leurs précieux vêtements en lambeaux.

Autour de moi, il n’y a que décombres, ruines, désolation. Je recule et m’empêtre dans des amas immondes. Lentement, trop lentement j’essaie de fuir. Les trotte-menu, leurs adversaires, leurs victimes, tous ces êtres incohérents à mes yeux, demeurent dans leur multitude. Un pas après l’autre, au ralenti, longtemps longtemps, je m’éloigne, je prends du recul. Je sors du grenier. Personne ne me retient. Personne ne m’attend de l’autre côté.

Sur le palier, je m’effondre et disparais dans un sommeil sans rêves ni cauchemars.

Au matin, j’ai couru vers mes enfants. Un petit camion sur l’oreiller, Benito dormait. Colette aussi, un sourire béat sur la frimousse ; dans sa main elle serrait un petit livre doré. Celui de la Souris qui rit. La souris s’était éclipsée. Je n’ai pas osé écarter les doigts de ma fille, pour ne pas la réveiller, et je ne sais toujours pas ce que la Souris lit.

Henri respirait paisiblement, encore assoupi.

Je suis allée dans la salle de bains me laver de la nuit, mais surtout pour vérifier si j’étais toujours moi-même. Oui. Liliane, mais avec des morceaux de bois noirci dans les cheveux, de l’herbe rouge collée aux mains, des feuilles calcinées sur la peau. Couverte de bleus, d’ecchymoses, de coupures.

Une douche prolongée vient à bout de la crasse et du sang, des pansements et des vêtements bien couvrant dissimulent les plaies. Elles ne sont pas profondes. Je pourrai prétexter d’une chute le moment venu.

- Comme tu as bonne mine, ma Liliane chérie, s’exclame Henri au petit-déjeuner, tu es toute rose ! Et déjà prête, c’est incroyable ! Je ne t’ai même pas entendue te lever !

- M’an, t’as fait un beau rêve affreux ? dit Benito

- Dis-moi, mon fils, tu n’en as pas assez de mes élucubrations ?

- Ah non, alors, vas-y raconte !

Que lui dire, à part des récits de combats entre les Etres, nommés parfois, faute de mieux, gobelins, diablotins, lutins, ou monstres en langage humain ? Les Etres, qui sont-ils ? Le saurai-je jamais ?

- Ils sont pas gentils, tes amis, remarque Colette.

Elle devine tout, sans même avoir la moindre idée des événements de la nuit. Elle aussi s’habitue au récit de mes stupides cauchemars. Je ne sais pas si elle y voit un lien avec ses copains “minis”.

- Alors, tu commences un autre livre ? s’enquiert mon mari, ça lui a plu, à l’autre grommeleau, tes petits monstres ?

- Comment ça finit, Manman ? demande Colette.

- Je ne te l’ai pas lu, ma petite fille ? Eh bien tout finit bien dans la maison, les petits êtres s’en vont dans leur château et laissent tranquille la famille qui les a accueillis.

- Ah bon, fait Benito, déçu. Je croyais que c’était un livre-catastrophe.

- C’en est un, mais qui finit bien, explique son Papa. C’est quand même de la littérature pour les jeunes.

- N’empêche, ronchonne Benito, une grosse catastrophe, ça serait plus marrant.

- M. Grommeleck n’était pas d’accord avec ce genre de fin, expliqué-je à mon fils, j’ai pourtant insisté !

- Alors, tu as d’autre projets ?

- J’ai toujours en cours ce bouquin d’épouvante avec des monstres cauchemardesques ...

- Ah ça c’est bien, dit Benito.

- ... sinon, je n’ai pas d’autre livre à illustrer pour M. Grommeleck. Je suis fatiguée, et je voudrais arranger un peu la maison.

- Ne te casse pas la tête, dit Henri, la maison est très bien, pense à toi d’abord. Prends un petit moment pour réfléchir à ta prochaine oeuvre!

Mon oeuvre. Oeuvre? Ouvrage, c’est mieux. Oeuvre, pour moi, c’est Les Misérables, ou Mme Bovary. Ou encore Le Comte de Monte Cristo ; Les Illusions Perdues. Toute la Comédie Humaine de Balzac. Huysmans. Conrad. London... Dickens... “Les Trotte-Menu”, tu parles d’une oeuvre!

Je devais avoir l’air triste, parce que le soir même Henri est rentré avec un gros bouquet de fleurs et une boite de petits gâteaux sortis tout frais des mains du meilleur pâtissier.

(A suivre!)

 

10:07 Écrit par Hélène Merrick dans Blog | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : fantastique, famille, humour, suspense, mystère

05/03/2010

feuilleton LES CELLULES ETOILEES Chapitre 26

Feuilleton

LES CELLULES ETOILEES

Chapitre 26

 

lori et gloutifleur.jpg

(Résumé : Liliane "installe" une forêt dans son grenier pour apaiser les réclamations des petites créatures de la maison. Ces jolies et envahissantes personnes peuvent se montrer aussi agressives qu'aguicheuses ; elles ne sont vues que pas Lilianee, M. Brugnon -l'ancien propriétaire de la maison- la petite Colette, et le chien Idiot)

 

LES CELLULES ETOILEES

 

Chapitre 26 :

SOUS LES ARBRES

Ce rêve-ci, je ne le montrerai pas à Benito, mon petit garçon qui pourtant n'a peur de rien :

“Elle court sous les arbres, s’empêtre dans les branches, tombe dans les ronces, rampe en s’arrachant la paume des mains, se tord les chevilles, s’accroche les cheveux dans les fourrés, déchire ses vêtements en tombant dans le ravin, se pique, se transforme en un tas de cendres fumantes ; les cavaliers de Rafar le Cruel s’élancent pour la piétiner. Liliane a le temps de se poser une question : si je suis morte, pourquoi pensé-je encore ?”

Idiot campe devant la porte du grenier. Il ne laisse passer personne, même pas moi.

- Ton chien est zinzin, remarque Henri.

- C’est le chien de Benito, pas le mien.

- Non, affirme Benito, c’est le chien de la famille.

- Benito, il aime pas laver Idiot ! claironne Colette.

Ni le promener, ni lui donner sa pâtée. Benito joue avec Idiot quand il n’a rien de mieux à faire. Idiot est le chien de la maison, donc j’en suis responsable. A présent, mon chien se prend pour un vigile. Les Trotte-Menu l’auraient-ils investi d’une mission, lui aussi ? ! Idiot quitte son poste uniquement quand la nature appelle et hop, retour sous les toits.

- Il a peut-être enterré des os sous ton gazon artificiel, suppose Henri.

Et de nous proposer son nouveau plat, un coq au vin. “Presque le même goût que celui de mon papa”, dit-il fièrement. Le délire des papilles.

Le grenier m’étant interdit, j’en profite pour potasser le livre de M. Brugnon. Il est surchargé de gravures en noir et blanc, de forêts sombres aux formes menaçantes ; des ombres de châteaux se devinent au fond d’allées obscures parsemées de pièges indistincts. Rien de bien enchanteur. Les pages de ce gros bouquin ont jauni, ses caractères gothiques décrivent des êtres malfaisants dont les exploits se résument à des guerres et des hécatombes. Ca et là surgissent des créatures mi-animales, mi-humaines. Les images déploient des armées chargeant sur des peuples affolés, des ruines de villes tarabiscotées, des immeubles pointus, effilés vers les cieux noirs comme des cathédrales calcinées. Voilà de quoi me remonter le moral. Il n’y a dans ces pages moisies aucun coquet damoiseau et aucune muguette. On se croirait dans mes cauchemars ! Parmi les cruels guerriers, j’ai l’impression de reconnaître Rafar et son gang. Les vieilles pages regorgent de crapauds, de loups-garous, de chevaux aîlés, d’ânes ricanant, de tueurs à la hache aux visages perdus dans la fumée ... J’examine, je détaille, je fouille, mes yeux se brouillent et tout devient aussi opaque qu’un tas de charbon.

- Vous êtes sûr d’avoir vu les mêmes créatures que moi, M. Brugnon ?

- Comment ça, vous en connaissez d’autres ?

- Dans votre livre, il n’y a pas un seul mistoulinet...

- Mistoulinet ? ricane-t-il.

Ce vieux schnock commence à m’énerver sérieusement.

- Oui, enfin, les trotte-menu, les minis, les Etres, comme vous dites, votre bouquin est bourré de monstres horribles, pas de jolies créatures. Sans compter la poussière et les moucherons, j’espère ne pas attraper la peste, par-dessus le marché!

- Vous avez mal regardé, affirme le poivrot, allez, un petit effort.

Non, pas aujourd’hui. Aujourd’hui, je fête l’anniversaire de notre arrivée dans la maison. Ma journée sera consacrée à la cuisine et à la pâtisserie. Du poulet rôti au curry, avec des patates au four et des fenouils mijotés dans la sauce. Une tarte normande aux pommes.

Le soir, on fait bombance. Henri, Benito, Colette s’empiffrent, rigolent et font les fous. Ca suffit à mon bonheur.

Après plusieurs jours de siège, plus personne n’a essayé de déloger Idiot. Il s’est lassé de monter la garde en vain, a grommelé un bon coup et s’est décidé à descendre. Il était temps, les Etres jonglaient avec toutes mes affaires et me bombardaient de petits objets. J’ai foncé.

Ma forêt n’a pas bougé. Toujours bancale, toujours close.

De mes plus beaux pinceaux, de mes plus flatteuses couleurs, je me remets au travail. Des allées sous les arbres, une vaste et longue trouée vers l’infini. Inspirée malgré moi par le grimoire, j’ajoute de la brume au fond, et une silhouette de château très floue. Je pense très fort aux constructions de Gustave Doré, vastes, tendues vers le ciel, massives au coeur d’une végétation endiablée.

Avec le recul, l’ensemble manque encore de vie. Pourtant, je ne veux pas y inclure d’ animaux ou de personnages imaginaires. Cet endroit appartient aux Etres. Une petite voix me souffle de leur laisser le champ libre. A leur place, qu’aurais-je aimé trouver en ces lieux?

Des adrets de repos, des habitations, des cachettes peut-être.

Je me souviens d’une promenade familiale en forêt des Vosges. Un village en ruine laissait encore ses marques, ses murs effondrés se confondaient avec les pierres des sentiers ; je devinais des passages sous les murets couverts de mousse, des terriers où persistait un souffle ancien, où le regard humain ne savait pas saisir la présence d’un monde invisible. J’avais l’impression d’une présence, de personnages cachés, attentifs à mes gestes, disposés à m’apparaître si je patientais assez longtemps. Dans la forêt du grenier, j’ai voulu reproduire cette ambiance. Ce monde secret, je regrette de ne pas l’avoir surpris. Un jour j’y emmènerai mes trois chéris, avant que Colette ne grandisse et n’oublie l’ existence des “minis”. Qui sait ? Peut-être émergeront-ils de l’invisible et nous convieront dans leur domaine provisoirement abandonné.

- L’essentiel pour les “Etres”, c’est de se sentir chez eux, avait dit M. Brugnon.

- Et à quoi ça ressemble, chez eux, à votre avis ?

- Regardez dans le bouquin, ça peut aider. Mettez-vous à leur place.

Facile à dire. Le bouquin ne m’a rien appris. A la place de qui dois-je me mettre ? Je me promène à ras des plinthes, moi ? Seulement en passant l’aspirateur. Je m’habille comme la Folle de Chaillot ? Pas vraiment ! Je me perche sur les gens ? Si je considère les galipettes avec mon mari comme une façon de me percher sur quelqu’un, oui. Ca ne m’avance à rien. Je ne veux pas “regarder dans le bouquin” une fois de plus, il me terrifie. Pas question de transformer ma forêt en enfer.

Que manque-t-il encore dans cette forêt ? Des restaurants? Les “Etres” festoient-ils entre amis, vont-ils voter pour leurs semblables ? A tout hasard, j’ajoute des ruisseaux et des sources, des baies, des fruits, des herbes comestibles. Où trouvent-ils de quoi se parer, se parfumer ? Je dessine des rubans de feuillages, des fougères, et des fleurs dont les formes rondes évoquent autant de capiteux parfums que de fraîches senteurs. Respirer ? S’éclairer ? Je peins un faux ciel, des nuages qui passent, du bleu, des couleurs changeantes pour tous les temps.

La forêt leur appartient, aux “Etres”. Vont-ils enfin s’y intéresser ? Cesser de me confondre avec une cible ? D’utiliser ma tête et celle de Colette comme des chaises-longues ? De ricaner et de m’assourdir de jour comme de nuit ?

Trois semaines ont été nécessaires pour composer cette nouvelle forêt. Elle n’ a plus rien de bancal. Luxuriante, accueillante, chaleureuse et apaisante. Ses formes évoquent vaguement celles du grimoire, ancrées malgré moi dans ma mémoire, mais j’ai refusé d’en faire un lieu de mort et de tragédie. Elle est parfaite ma forêt, tous les êtres du monde visible et invisible en seraient satisfaits. C’est la forêt idéale des mondes merveilleux et aussi de tous les humains de la Terre, bon sang, elle est magnifique ma forêt !

Et toujours vide.

M. Grommeleck a embarqué mes dessins et réclamé quelques modifications dans mon texte des Trotte-Menu. C’est fait. Il voulait une fin heureuse, je ne me suis pas cassé la tête. Dans le livre, les petites créatures et les humains trouvent un arrangement et se partagent la maison. Utopique. Dans la réalité, je crains d’avoir à les subir toute ma vie, seule à les voir, seule à les repousser. J’avais cru les satisfaire en leur dessinant une forêt. Un scenario de rêve : ils se seraient installés là-haut, ils n’auraient plus émis un seul bruit ; ils auraient emporté leur forêt dans un autre monde. Ils auraient disparu de ma vie. Et mes cauchemars avec eux. Bernique.

Mlle Larrivoire, l’auteur de Couventine et l’orphelin, a estimé “remarquable” le côté “socialement engagé de mon imaginaire”. La couverture lui a “parlé comme une vision contemporaine et même post-moderne d’une histoire intemporelle”. Si cette bonne femme parle comme ça toute la journée, son mari doit être sourd.

Je viens de rouvrir le grimoire de M. Brugnon.

Ce n’est pas le même livre.

Ils sont partout, les Etres, ils jaillissent de toutes les pages, ils illuminent le papier doré et les gravures colorées. Les beaux, ceux de la maison. Pas les affreux de mes cauchemars. Les armées noires, les décors sinistres, je ne les trouve plus. C’en est trop.

Je ne veux plus jamais ouvrir ce livre tourmenteur. Partez ! Effacez-vous !

Et voilà les mingelets de malheur, dans leurs atours royaux, qui recommencent à jaillir des murs ; un jour leurs yeux profonds me dévisagent avec hostilité, le lendemain, ils caressent mon visage d’une étrange complicité. Je survis comme un zombie. Et si je prenais des tranquillisants ? Oui, mais qui s’occuperait de la maison, des enfants ? Et si je me mettais sérieusement à boire ? Ce serait pire ! Une seule solution pour faire bonne figure devant ma petite famille : ramer.

J’attends, je désespère. Souvent, quand Colette s’endort après le conte du soir, je vois la Souris qui rit sauter de ses draps et se poser sur ses boucles, un livre pas plus grand qu’un petit pois à la patte. Un jour je l’attraperai et je saurai ce qu’elle lit.

(A suivre)

Merci à Huguette d'avoir rejoint le petit (et patient!) cercle des fidèles lecteurs

 

 

12:16 Écrit par Hélène Merrick dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : fantastique, famille, humour, suspense, mystère

04/03/2010

feuilleton LES CELLULES ETOILEES Chapitre 25

Allons faire un petit tour sous la mer. J'aimerais bien être amphibie, pour découvrir des cités englouties et nager avec les poissons dans les grands fonds

 

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Feuilleton
LES CELLULES ETOILEES
Chapitre 25

UN BRUGNON POUR LA SOIF

Encore un petit coup ?

“Emportée par le courant, Liliane échappe aux crocodiles géants. C’est pour mieux dégringoler dans les chutes bouillonnantes où grouillent des milliers de serpents d’eau venimeux. Le noeud des reptiles se délie autour d’elle tandis qu’elle sombre au fond de l’eau glacée. Le monstre des profondeurs la cueille avec sa gueule et l’engouffre dans ses entrailles.”

Visite surprise de bon matin.

- Y a quelqu’un ? Je dérange pas ?

Précédé d’un panier de pique-nique, un bonhomme en béret sonne à la grille, traverse le jardin et frappe à la porte de la cuisine. Bon, au moins, il ne ressemble pas à Rafar le Cruel. Les mains dans la vaisselle du petit-déjeuner, je peste contre l’intrus. Encore un qui veut me fourguer une encyclopédie ou une collection de brosses.

- C’est moi, Mme Liliane, M. Brugnon !

Idiot se précipite, s’empêtre dans ses propres pattes, éructe, aboie.

- Comment va ? Vous n’êtes pas malade au moins ?

- Non, ça va, pourquoi ?

M. Brugnon s’installe. Idiot, la langue pendante, pose son menton sur ses genoux. Je range les tasses et m’essuie les mains.

- Je vous ai apporté votre Bordeaux. Ce serait dommage, quand même, de le laisser perdre.

- Je pensais que vous l’auriez bu, depuis le temps.

- Ah non, un cadeau c’est sacré ! Vous allez vous régaler, votre mari et vous. Tenez, j’ai quelques gâteries pour vous requinquer, vous êtes toute pâlotte.

De son panier, il extrait une bouteille de son vin de noix, une boite de gâteaux, un sachet de friandises.

- De la guimauve maison, dit-il fièrement, vos enfants vont adorer. Et ça, tenez.

Ca, c’est un livre tout jauni, écorné, épais comme les grimoires des films d’épouvante.

- Là-dedans, il y a des gravures anciennes sur les z’Êtres des maisons.

- J’en ai marre, de cette histoire, M. Brugnon. Si vous avez le moyen de m’en débarrasser, je veux bien lire toute votre bibliothèque, sinon ...

- Ils vous embêtent encore ?

- Pire, ils me harcèlent, et je ne comprends pas ce qu’ils veulent.

M. Brugnon inspecte les murs de la cuisine.

- Ils sont là en ce moment ? Je ne suis pas sûr d’être encore capable de les voir.

- Non, dès que vous avez passé la porte, ils se sont carapatés. C’est quoi, l’astuce ?

M. Brugnon hoche la tête.

- Si je le savais. Qu’est-ce que vous buvez là ?

- Du café oriental, vous en voulez ?

- C’est pas de refus.

Deux tasses d’eau, deux cuillères de café en poudre ultra-fine, une pincée de cannelle, deux morceaux de sucre. On pose sur le feu. On tourne. On attend que ça bout. On laisse monter trois fois et on retire du feu. On verse dans les tasses. Ca mousse. Ca fume. Ca sent bon.

- Dites donc, y a autant à manger qu’à boire, dans votre café !

- C’est le marc, laissez-le se déposer au fond. Les Grecs et les Turcs le boivent aussi le plus souvent. Ca file un sacré coup de fouet !

M. Brugnon demande si on peut y inclure du calva. Je déconseille. On peut l’accompagner d’un fruit confit, c’est délicieux, ou d’un kourabié, un gâteau friand au sucre glace. Je n’en ai pas.

- Moi non plus, dit M. Brugnon, mais je vous ai apporté des bugnes dans la boite, là. Toutes fraîches de ce matin.

Qu’ont-ils donc tous, ces hommes, à se lancer dans la cuisine ? Aurais-je loupé un maillon de l’ Evolution?

- Ca vous étonne, les bugnes ? interroge M. Brugnon.

- Ben euh, un peu.

- Pendant les tournées, ma troupe et moi on essayait toutes les spécialités des régions de France, et dès que j’ai été à la retraite, je me suis amusé à apprendre quelques recettes. Tenez, je cuisine très bien le beckaofe alsacien.

- Sans blague ? Mon mari aussi !

- Ah ben, on n’a qu’à faire un concours, un de ces jours.

C’est cela, oui. Et une autre réunion de bonshommes aussi.

- Qu’y a-t-il dans votre grimoire ?

M. Brugnon sirote son café, claque la langue et enfin :

- La vie des Etres. Leurs forêts, leurs palais.

- Pourquoi faire ?

- Il faut leur donner ce qui leur manque. Ils vous tanneront jusqu’à l’obtenir.

- Oh, mais vous me l’avez déjà dit ! Vous voulez p’t’êt’ que je démolisse la maison et que je plante des arbres à la place ?

- Ca ne serait pas une forêt de toute façon.

- Ca m’aide beaucoup, M. Brugnon, vraiment !

Je retourne ma tasse.

- Qu’est-ce que vous faites ? s’étonne mon invité.

- Je vais me lire mon avenir.

Hilare, M. Brugnon renverse le fond de sa tasse sur sa soucoupe.

- Dites-moi donc si je vais gagner au loto. J’irais bien m’installer dans le Midi.

- Je me demande pourquoi vous n’y êtes pas allé directement, après nous avoir refilé votre taudis !

- Quoi ? s’esclaffe-t-il, un taudis, la maison de vos rêves ?

- De mes cauchemars, oui !

Je lui raconte quelques-uns des dits cauchemars. Il en pleure de rire.

- Vous devriez écrire des films d’horreur, avec tout le pognon que ça vous rapporterait vous pourriez partir au soleil vous aussi !

- C’est exactement ce que je fais, figurez-vous ! Et si je partais dans le même coin que vous, je tomberais encore sur des phénomènes paranormaux !

- Rien de paranormal là-dedans, grommelle mon hôte.

Pendant que le marc de café dégouline, je lui parle de mes travaux sous les toits. Il s’illumine.

- Fallait le dire plus tôt ! Montrez-moi ça !

On y va. M. Brugnon arpente le grenier. Il se gratte le menton, il avance, il recule, les sourcils froncés. On dirait qu’il cherche le secret du sourire de la Joconde. Idiot le talonne, les babines frétillantes. Le vieux a la cote avec mon chien.

- Elle est bancale, votre forêt.

Au troisième qui me dit ça, je cours chez l’armurier. Je respire à fond. Il parait que ça calme. J’avale ma salive, c’est trop long de tourner ma langue sept fois dans ma bouche avant de parler.

- C’est-à-dire ?

- Tous les arbres sont de travers ; mais c’est pas grave, ils se redresseront ...

- Comment ? Tout seuls ?

- ... Ce qui cloche, c’est le manque de relief. Y a pas de perspective.

Quoi ? Après trois ans d’études aux Beaux-Arts et deux ans aux Arts Appliqués, ma perspective est nulle ?

- Mais enfin, du relief, j’en ai mis, des ombres, des volumes, des creux, des lignes de fuite ...

- Justement, personne ne peut fuir cette forêt. Elle manque d’ouvertures, elle est close. Votre grenier c’est une prison.

M. Brugnon. Jamais je n’aurais imaginé qu’il me ferait pleurer.

(A suivre !)

verte.jpg
Celle-là, déguisée en printemps, je vous l'ai déjà montré en tout petit, mais je l'aime bien, et je n'arrive pas à la produire en plus grand !
A Paris, il fait beau, je vous envoie le soleil!

 

 

11:20 Écrit par Hélène Merrick dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : fantastique, famille, humour, suspense, mystère

03/03/2010

pingouins et fées

 

Voici l'image en entier pour les pingouins, avec les yeux d'une Fée qui veille sur eux !
pingoins avec Lilly jpg.jpg

 

fée fleur nuit carn.JPG

Et dans la réalité, il y a aussi des fées-fleurs qui se promènent la nuit sous les arcades !

Faites de beaux rêves

 

 

17:19 Écrit par Hélène Merrick dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : illustrations

revoici les pingouins!

 

pingouins sans Lilly jpg.jpg
Copains pingouins pour un beau mercredi !

 

 

10:33 Écrit par Hélène Merrick dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : dessin, gouache, sourire

feuilleton LES CELLULES ETOILEES Chapitre 24

Décidément, je me spécialise dans le plantage d'URL ! Zorg me précise qu'il faut ajouter une / après com, sinon ça ne marche toujours pas ! Donc, en trépignant, je reprends :

helenemerrickparelle-meme.blog50.com/

C'est bon là ?!

je vous conseille à tous d'aller sur le blog de Zorg, c'est hilarant !

 

gloutinains partie droite.jpg

 

 

 

Voilà le morceau qui manquait hier dans mon dessin.

Ca ne va pas changer votre vie (ni la mienne) mais je ne veux pas me laisser embêter par une colonne jaune qui cache la moitié des images

sans prévenir !

 

L'espèce de cheval ci-contre a dû s'accoupler avec un fourmilier

je me demande d'où je l'ai sorti!

 

 

 

 

Feuilleton

LES CELLULES ETOILEES

Chapitre 24

 

PRISON DOREE

 

Et ça, Benito, ça te plait ?

“Liliane nage dans une lagune. Des algues remontent à la surface et lui emprisonnent les poignets. Les chevilles gluantes de sangsues, elle se démène pour ne pas couler. Une formation de caïmans converge inexorablement vers elle.”

Coup de fil de M. Grommeleck :

- Vous n’avez pas rendu la couverture, me reproche-t-il d’emblée.

Il y a bien d’autres éléments que j’aimerais lui rendre sur le plastron.

- La couverture ?

- La couverture de votre livre, Liliane, vous l’avez oubliée ? Celle de Couventine et l’orphelin.

Il va me lâcher, oui ? Je m’étrangle :

- Mais je croyais que c’était fini, cette histoire-là ?

- En fait, dit M. Gromeleck en se raclant la gorge, nous (nous?) avons conservé vos illustrations pour le livre de Mlle Larrivoire. Trouver un autre dessinateur dans un délai aussi court ... Mlle Larrivoire trouve vos oeuvres très intéressantes (Le mère Larrivoire a dû le menacer d’un procès, oui !) Ne vous inquiétez pas, vous serez payée comme prévu.

Mais si, je m’inquiète, justement, face d’escroc.

- ... mais il faudrait quand même que vous composiez sa couverture.

Ca me tue. Reprendre Couventine et son morveux maintenant. Quelle supplice.

- Ce n’est qu’un seul dessin, insiste mon bourreau, et après vous pourrez vous consacrer à la couverture de votre propre livre. Au fait, il n’a toujours pas de titre, quand allez-vous nous le communiquer ? Ca devient urgent.

Je vais le tuer. Ma forêt est bancale, les crapoussins m’épient jour et nuit, je n’ai pas la première idée de titre pour leurs méfaits, et voici que vient, en cet hiver morose, M. Grommeleck et sa carcasse flétrie, brandissant le spectre d’un chèque annulé en guise de représailles.

- Les Trotte-Menu, éructai-je soudain sans réfléchir.

- Comment ?

- “Trotte-Menu”, je vous dis, “Les Trotte-Menu”, sans “s”, c’est invariable, et c’est mon titre !

- Ah ?

Pour un croulant, il me parait bien ignorant.

Le débris abandonne. Je l’entends former avec son stylo Mont Blanc les pleins et les déliés de “Trotte-Menu”, avant de feuilleter son dictionnaire pourri. Je me traîne jusqu’à ma table à dessin.

Le Prince se balance sur les fils de nylon et joue avec la règle. Idiot lui aboie sur les chausses, mais dès que le mignolet le toise, mon chien gémit et s’écrase sur le tapis. Quel fada. Pourvu que la Princesse ne vienne pas s’installer sur ma tête, comme ça lui arrive. Impossible de la déloger, sa crinoline me couvre comme un chapeau. Cette petite personne dégage un enivrant parfum de narcisse qui me saoûle mieux qu’un pack de douze bières brunes.

Sous le regard térébrant de mon Prince de poche, vêtu des pieds à la tête de rouge écarlate, je torche vite fait un dessin de couverture pour Couventine. Un porche d’église, une fifille en jean et baskets, avec dans les bras un bébé abandonné dont on devine le couffin sur la dernière marche. Grotesque. Le Prince manifeste des signes d’impatience.

Assez lambiner. Je sens arriver le moment où il va m’arracher le papier des mains et le transformer en charpie. Je fonce sur le fax pour expédier mon croquis. La secrétaire de M. Grommeleck me rappelle:

- Et les couleurs ? demande-t-elle.

- Vous avez déjà le dessin, faites-en une photocopie correcte et donnez-la à un coloriste.

M. Grommeleck téléphone aussi sec :

- Que se passe-t-il, Liliane, vous ne voulez pas colorier votre couverture ?

Je vais le découper en rondelles.

- Si vous voulez que je le colorie, envoyez-moi un coursier dans trois heures. Ce sera prêt.

Ca lui coupe le sifflet, mais la perspective d’avoir sa couverture le soir-même l’emporte sur son avarice. OK pour le coursier. Je balance les gouaches en à-plat sur Couventine et son lardon. Je les hais.

Pour une fois, les trotte-menu m’ont épargnée. Je fulminais si fort que le rouget princier s’est dématérialisé. Qui sait, si je l’avais attrapé, je l’aurais peut-être inclus au menu d’Idiot.

Pour le dîner de ce soir, la famille est servie. Henri a concocté des dos de cabillaud au four sur lit d’aubergines mijotées. En dessert, du riz au lait maison, onctueux, sucré, vanillé, avec du lait entier. Cet homme va me faire grossir de cinq kilos par semaine si ça continue.

Quelques jours sont passés. Je suis sur le flanc. Henri commence à fatiguer sérieusement. Je le surprends à fureter autour du lave-vaisselle, du lave-linge, de l’aspirateur, du fer à repasser. Il étudie les marques de détergents et empile le courrier en souffrance dans une corbeille.

Les Etres me cernent, ils sont partout. Ma forêt de papier ne leur suffit pas. A peine avais-je donné mon dernier coup de pinceau qu’ils jaillissaient des murs du salon pour me fransquillonner à la figure. A peine avais-je terminé la couverture de l’album “Trotte-Menu” qu’ils sautillaient dans toutes les pièces en battant l’air comme des oiseaux migrateurs contrariés par le vent. Le ménage à trois, Prince, Princesse, Dandy, me poursuit même dans la chambre. Sur le bois du lit, ils me dévisagent en silence, le regard lourd de reproches. Toutes les nuits jusqu’à l’aube. Je ferme les yeux, je me noie dans des cauchemars de plus en plus pénibles. Dès que je soulève les paupières, ils sont là, les affreux, dans leurs cotillons de pacotille, leurs yeux vrillant les miens. Je ne sais pas pourquoi. Je suis en disgrâce. Et terrassée d’inquiétude.

(A suivre!)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

10:20 Écrit par Hélène Merrick dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : fantastique, famille, humour, suspense, mystère

02/03/2010

feuilleton LES CELLULES ETOILEES Chapitre 23

 

A tous mes amis blogueurs qui n'ont pas pu accéder à mon blog pour me répondre, il s'agit d'une étourderie de ma part; mon URL est : helenemerrickparelle-meme.blog50 (j'avais oublié le trait d'union!)
Voici des petites créatures fleuries pour me faire pardonner !
gloutinains jpg.jpg
Feuilleton
LES CELLULES ETOILEES
Chapitre 23
UNE FORET A PLAT

 

Rien que pour se mettre en train :

“ ‘Saute, Liliane’, ordonne l’âne aux pièces d’or, et Liliane fait un bond dans les entrailles du volcan, là où même les morts ne vont pas.”

 

Dessiner à quatre pattes ou à plat-ventre, voilà une acrobatie que j’essaie d’éviter ; mais cette-fois-ci, il ne s’agit plus d’une planchotte de 24 cm sur 32 cm ; devant moi se déroule un serpentin de papier mesurant 40 m sur 3 m ! De quoi couvrir les quatre côtés et une partie du plafond mansardé du grenier. Toute ma technique est à revoir. Les dessinateurs qui renaclent devant une feuille de papier format raisin, 50 sur 65 cm, fuieraient illico presto.

J’ai pris mes précautions : des centaines de crayons, des fusains, des pinceaux extra-larges, des rouleaux de peintres en bâtiment. Et des gommes blanches grandes comme des briques, une trentaine de taille-crayons. Nos vieux draps troués et les torchons usés serviront de chiffons à peinture. Le tout judicieusement réparti dans des bacs en plastique.

Ma petite famille observe mes préparatifs avec circonspection.

- Tu en as pour longtemps ? me demande Henri. C’est pourquoi, ce déballage ?

- Tu verras bien !

 

Tout est en l’air dans la maison, mais Henri ne s’ en formalise pas. Je me demande même pourquoi je me fatigue tant d’habitude : trois grains de poussière de plus, une pile de linge plus haute, des assiettes oubliées dans le séchoir, qu’importe. En revanche, si je ne descends pas de mon nichoir quand mon chéri adoré rentre du boulot, si je passe le week-end dans les pots de peinture, il n’est pas content. Il faudra me contenter des jours ouvrables. Et organiser mon emploi du temps pour dessiner aussi mes deux bouquins.

A la sortie de l’école, j’attends mes enfants dans la voiture, avec mes tabliers et mes mains maculés de peinture. Une fois leur goûter avalé, iIs montent voir ce que je fabrique, pataugent un moment dans le chantier et retournent à leurs devoirs et à leurs jeux.

Un coussin sous les genoux, perdue dans les amas de papier, j’active crayons, pinceaux et couleurs, dans l’espoir de créer une forêt digne d’une population surnaturelle. A moi les courbatures et les tours de reins, mais peu importe. Les “Minis”, comme dit Colette, ont l’air content : ils se relaient pour m’observer. Tout le temps où je suis seule, ils apparaissent, par deux, par dix, parfois par cinquante. Quand ils estiment en avoir obtenu assez pour la journée, ils s’éclipsent. Ils ne déchirent plus mes dessins ; s’il faut pour ça leur inventer une forêt de papier et leur céder le grenier, alors d’accord.

J’ai imaginé des arbres et des bosquets, des feuillages et des fleurs,

ouvert des trouées par-ci par-là, pour offrir à d’éventuels promeneurs la possibilité d’explorer leur domaine. Au milieu de toute cette fausse végétation, le grenier ressemble à une clairière. J’ai d’ailleurs l’intention d’y planter de l’herbe.

- Je m’oppose à toute plantation dans le grenier, fulmine Henri, tu te rends compte ? Trimballer de la terre, de l’engrais, arroser ? Ca va traverser le plafond et niquer toute la maison. Et qui te dit que de l’herbe poussera sous ces combles ?

- Et pourquoi pas des plantes tropicales ?

- Dis-moi, Liliane, c’est un décor que tu construis ou une serre ? Parce que moi, je te suggère de transformer ce capharnaum en cellule capitonnée, ça pourrait bientôt te servir !

Laissons ce pauvre ignorant bafouer mes élans créatifs. Lui aussi est en train d’en développer. “C’est moi qui vais faire la cuisine”, a-t-il décrété après quelques dîners jambon-chips-yaourths-fruits. Désormais, il rentre du boulot avec des sacs géants de surgelés et de produits frais.

- Ce soir, je te préviens, je cuisine des côtelettes en cocotte avec des pruneaux et du fenouil.

Ca me va. Avant tout, je dois venir à bout de mon décor, même si ça me prend des mois. Les envahisseurs doivent disparaître. Ils me pourrissent la vie, me dévorent la journée. Leurs hideux collègues de la nuit pourrissent mon sommeil.

Tout a commencé la nuit où le diablotin a marché sur moi. Je ne l’ai jamais revu. Je n’ai jamais réussi à le dessiner. Son image est parasitée par des étricules issus de livres, films ou bandes dessinées. Seuls ses yeux sont incrustés dans ma mémoire. Plus vifs que tout.

Les nuits et les jours vont-ils finir par se confondre ? J’ai peur de perdre l’esprit.

Je crois oeuvrer pour les petits aristocrates de la maison, pourtant, dans ma pauvre forêt de papier, j’imagine des cavaliers, des tout petits chevaux montés par des êtres menaçants au sourire cruel. Rafar et ses sbires ? Je peins des troncs d’arbre, des brins d’herbe, et j’entends les clameurs d’une foule de fête foraine assoiffée de sang. Mes tortionnaires ? Je compose un bouquet d’arbres et aussitôt se faufilent les silhouettes des chats sauvages, ceux de mes premiers cauchemars. Chacune de ces manifestations éveille des douleurs précises, celles provoquées par des griffures, des morsures, des coups. Pourquoi s’en prend-on ainsi à moi ?

Pendant que je m’escrime là-haut avec des grognements de douleur, Henri sifflote dans la cuisine, affairé à étaler de la pâte feuilletée pour ses tartes aux épinards et au fromage de chèvre. Une de ses spécialités. Avec la tarte aux poireaux émincés, et le pot-au-feu du samedi. Il va spécialement choisir des os à moelle pas trop gros, de la viande de boeuf très tendre, de la joue et des légumes croquants. Le plat mijote des heures, et le parfum des épices et des bouquets garnis s’envole jusqu’à mes narines saturées de fixateurs et d’essence de térébenthine.

Pour éviter à mes planches de frotter les unes sur les autres, je les sépare avec du papier de soie en attendant de les accrocher aux murs. Il faudra les tronçonner en lais, comme du papier peint, avant de les fixer aux flans mansardés, les maintenir sur des tiges comme des pans de paravents. Henri, consulté, m’a acheté des punaises extra-longues et une agrafeuse de tapissier, un escabeau haut et solide, et des ciseaux à longues lames. Au bout de deux mois d’efforts, les lais s’empilent autour de moi, tels une marée montante. Il est temps.

A moi les gros bras et les petites mains : je convoque Claudie, qui appelle la Dame au cocker et deux autres greluches du quartier, amadouées par ses échantillons d’anti-rides. J’interdis aux chiens et aux enfants de mettre les pieds dans mon antre.

Entre deux crises de fous-rires, mes copines soulèvent les rouleaux de décor et les maintiennent vaillamment. Suant et pestant, je punaise et agrafe la “fresque” sur une partie du plafond et la fais courir le long du mur jusqu’au plancher. Tout est en place. Je suis fourbue. L’heure est grave. Les filles ont envie de s’asseoir et de boire un coup, et moi, de rendre mon tablier.

- Elle est bancale, ta forêt, dit Claudie.

- Y a pas assez de sentiers, remarque la dame au cocker.

- Où sont les animaux ? Les oiseaux ? Les papillons ? s’enquièrent les autres.

- C’est pas fini, je bougonne, dépitée.

Le soir venu, découragée, je guette mon chéri et son caddy de provisions. Les mistoulinets se relaient pour me reluquer sous le nez. Je ne moufte pas. Ils peuvent bien m’arracher la tête, me piétiner jusqu’à plus soif, je ne bougerai pas de mon canapé. Bientôt, une centaine déambule dans le salon, ils se concertent dans leur sabir flûtée, me lancent des regards perplexes. Une armée piaffe dans un coin. Je refuse de leur prêter attention. Idiot, les mirettes écarquillées, les oreilles frémissantes, les ignore : il se repaie d’un télé-film adapté d’un roman de Théodore Sturgeon, “Demain les chiens”. Son préféré. Mon chien rigole, moi pas. Ma forêt est bancale et mal fichue. Et elle ne sert à rien.

- Il fallait la peindre verticalement, pas par terre, affirme Henri, en nouant un tablier “Embrassez le chef” sur son survêtement. Ce soir, je fais une poule au pot.

- Ouais, c’est ce que j’aurais dû faire.

- Une poule au pot ?

- Non, peindre debout, au lieu de me casser les reins. Et même, je n’aurais rien dû peindre du tout.

- Ah ça !

Le voilà qui truffe la poule d’un savant bouquet garni, émince des légumes comme un pro, découpe des bouts de barbaque et autres ingrédients dégoûtants dont nous nous repaissons, lamentables humains.

- Tu m’as l’air bien déprimée, ma petite chérie, dit Henri.

Et de monter des oeufs en neige, de fondre du chocolat, de beurrer un moule. Une perle. Il m’énerve.

- Et dis-moi, pour quelle raison obscure nous as-tu redécoré le grenier avec une telle frénésie ?

- Ch’ais plus.

- Goûte-moi ça.

Un cake aux olives et aux lardons. Je rêve. Ca m’abat complètement.

- Si tu fais des trucs aussi bons, jamais plus tes enfants ne voudront de ma tambouille.

- Quoi ? T’es folle ! Personne ne sait mieux que toi dorer les poulets et mijoter de l’agneau au curry !

- Nan, ta cuisine est meilleure.

Grompgf, brouff, glaff, brouff, on dirait Idiot quand il s’ébroue et éternue, mais ce n’est que moi, larmoyant comme le veau dont les côtelettes ont composé notre dîner de la veille.

Câlin, bisous, mouchoir, Ricard. Retour à la case départ.

- Au fait, tu as fini ton travail pour M. Grommeleck ?

- Ouais, je lui ai fourgué une trentaine d’illustrations et trente pages de texte. Plus qu’il n’en faut pour un gros album.

- Il t’a payée ?

- J’ai signé un contrat, mais avant de recevoir le chèque, j’aurai le temps de m’inscrire au chômedu !

- Je vais lui casser la figure, à ce gros lard, s’il continue à t’exploiter !

Et de briser un kilo de noix d’un coup de poing. Et de déboucher une bouteille avec les dents. Et d’aplatir un morceau de poitrine du plat de la main. On le dirait sorti tout droit d’un film sur Attila et les Huns.

- Je pourrais peut-être acheter de la pelouse au mètre ?

- Quoi ? Ca recommence ? !

- Non, pas de la vraie, de l’herbe en plastique, ça se vend comme les rouleaux de moquette.

- Fais ce que tu veux, renonce Henri.

Et de faire sauter des crêpes jusqu’au plafond. Je n’en peux plus. Je vais me coucher.

- Et qui c’est qui va manger tout ça ? rugit le cuisinier.

 

(A suivre!)

 

 

18:12 Écrit par Hélène Merrick dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : fantastique, famille, humour, suspense, mystère

 
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