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28/07/2010

Night and Day

 

TOM CRUISE CHERI !
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*** Night and Day

Comédie d’action de James Mangold

Avec Tom Cruise, Cameron Diaz, Peter Sarsgaard, Paul Dano, Maggie Grace

(1 h 40)

(Sorti le 28 juillet 2010)

J’aime beaucoup Tom Cruise. Je me moque qu’il soit prétendument « en perte de vitesse » depuis 2006 (paraît-il), comme s’il était dans le peloton de tête du Tour de France. Je me moque qu’il se soit « converti » à une église moins fréquentée et moins populaire que les autres. A ma connaissance, il n’a tué personne et n’a poussé personne au suicide.

Voilà un homme qui ne fait pas de mal à autrui, ni en actes, ni en paroles. Depuis ses débuts dans le bizarroïde Risky Business, il s’est appliqué à jouer les personnages les plus divers.

Quand on lui demandait de n’être qu’un « jeune premier » comme dans Jours de Tonnerre, il se déguisait en vampire et perdait une dizaine de kilos pour Entretien avec un Vampire. En vrac pour les titres, quand il en a fini avec les pilotes de Top Gun, il s’est donné un rôle de barman idiot dans Cocktail, un joueur de billard obtus dans l’Arnaqueur, un frère peu sympathique dans Rainman. Quand il en a eu assez des Missions Impossibles, il est devenu une espèce d’obsédé sexuel dans Magnolia.

Il a voulu devenir Samouraï, dans le dernier Samouraï, laisser sa marque, modestement, en incarnant un résistant à Hitler dans Walkyrie. Ne pas avoir rencontré tout le succès que ces derniers titres méritaient ne signifie pas que Tom Cruise soit à jeter dans le grand oubli.

affiche night and day.jpg

Dans la vie, et je le sais pour l’avoir rencontré plusieurs fois, c’est un jeune homme (encore maintenant à près de cinquante ans) timide et extrêmement courtois.

 

Il n’est pas grand et ne roule pas des mécaniques. Il regarde son interlocuteur avec curiosité et intensité, avec intérêt même, pose des questions qui lui viennent à l’esprit face à un physique ou une personnalité qui l’intrigue. Il ne fait jamais preuve de mépris et ne regarde personne de haut.

Il m’a toujours donné l’impression d’être un bosseur acharné, un acteur voué à son métier et à son travail, je suis même sûre qu’il a dû surmonter des complexes et des terreurs secrètes pour sortir du lot.

Maintenant qu’il en a pris plein la gu… il revient, courageux, plein d’humour, regonflé à bloc par sa propre obstination.

Le voici dans Night and Day, une comédie d’été, un film d’action, d’amour et d’humour avec des coups de théâtre et des loufoqueries.

Pour ne pas dénaturer la surprise, le ilm débute dans un aéroport, où Tom Cruise repère une passagère ravissante et un peu dans la lune, Cameron Diaz. Quand ils se retrouvent presque seuls dans un avion de ligne, pour une raison mystérieuse que vous découvrirez vous-même, les événements deviennent complètement dingues et plus qu’inattendus. Après c’est la folie jusqu’à la fin. On rit, on s’amuse, on est accroché par le suspense.

Cameron Diaz, toujours pétillante, solaire, radieuse, fait un numéro de fausse évaporée mais dégourdie ; Tom Cruise « met le paquet » : il se moque de son image, met en boîte les films d’espionnage et les grosses ficelles des films d’action, s’offre même une scène de sortie de la mer, tous muscles dehors, pour se moquer gentiment des sculpturaux James Bond.

En cas de pépin, devant la panique de la belle, il prononce des phrases bien croustillantes comme : « Mais voyons, baby, je peux désamorcer une bombe dans le noir avec un élastique et un chewing gum ! »

N’écoutez pas les grincheux, c’est du pur divertissement, du beau boulot, celui d’un type qui ne lâche jamais le morceau et veut exister, envers et contre tous ses stupides détracteurs. L’homme est émouvant, l’acteur est excellent.

J’aime beaucoup Tom Cruise, je ne vous l’ai pas dit ?!

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C'est pas beau, tout ça ?!  

 

 

17:18 Écrit par Hélène Merrick dans Film | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : tom cruise, cameron diaz, humour, action, romance

23/06/2010

Les Petits Ruisseaux

Plutôt qu'une critique "classique", je voudrais vous faire découvrir ce film délicieux et enthousiasmant en images

"Les petits ruisseaux font courir les bouchons, bouchons de pêche et bouchons de liège" :

Prévost-Ogier dansent.jpg
(La page ci-dessus est extraite du dossier de presse que l'on donne aux journalistes  avant la projection du film.)
En dansant une valse tendre avec Bulle Ogier, Daniel Prévost a une révélation : il est un homme libre et sa vie est devant lui, il peut en faire ce qu'il veut.
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Au départ, Emile (Daniel Prévost), retraité et veuf, ne cherche pas l'aventure, il boit des coups avec ses copains et va à la pêche avec son pote Edmond (Philippe Nahon). Il ne semble pas très joyeux, mais bientôt tout va changer. Emile ne se doute pas qu'Edmond a ses petits secrets, un violon d'Ingres artistique et une vie sentimentale et sexuelle très active!
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Un jour, Edmond n'est plus là, ce n'est que le début du film, et la vie d'Emile va basculer, s'épanouir :

Comme sur les tableaux de nus féminins très colorés et vivants de son ami, Emile se met à voir la vraie nature des femmes, leur corps caché par des vêtements, il part à la découverte dans sa petite voiture sans permis, et la suite, je vous laisse la déguster, car la route d'Emile est riche en rencontres, en surprises et en réjouissances.

 

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Le réalisateur Pascal Rabaté a adapté son propre album de bande dessinée, Les Petits Ruisseaux, et le choix de ses acteurs est le meilleur qui soit ! C'est la première fois à ma connaissance que l'on parle réellement de la sexualité et de la vie sentimentales et amoureuse du "troisième âge", avec simplicité, fantaisie, drôlerie et émotion. La nudité, les élans, les désirs, les paniques ...

"C'est tellement simple l'Amour", disait Arletty dans "Les Enfants du Paradis", c'est ce qu'on pense et que l'on ressent en voyant Les Petits Ruisseaux !

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Daniel Prévost tout heureux de rencontrer des nouveaux (et nouvelles) ami(e)s chez qui l'esprit des années 70 règne dans la plus charmante harmonie

 

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Les petits Ruisseaux méritent plein d'étoiles ! ***** au moins, et même six pour sa vivacité, sa tendresse, sa justesse, son impertinence...

Un pied de nez aux rabat-joie et aux plus jeunes qui croient que la vie s'arrête à trente-cinq ans !!!

 

Phrase &voit.pet.ruiss.jpg

La solution est peut-être dans "cultivez votre jardin", mais le jardin c'est la terre, le monde, aujourd'hui et demain l!

BONNE ROUTE !

(Les petites phrases :

• "Les petits ruiseaux ne font pas les plus grandes inondations, comme les grands crus ne font pas forcément les meilleurs cuites!"

• "Les petits ruisseaux se mettent à nu et à l'eau, qui ponce les galets et nettoie les corps, purifie les esprits et les trouble, comme elle le fait avec le pastis"

• "Les petits ruisseaux frétillent du gardon et frétillent tout court : merde à la mort et vive la vie !")

 

 

 

 

 

13:14 Écrit par Hélène Merrick dans Film | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : bonheur, retraite, évasion, "sexe et drogue et rock and roll"

29/04/2010

Mammuth

MAMMUTH *****

Un film de Benoit Delépine et Gustave Kervern

Avec Gérard Depardieu, Yolande Moreau, Isabelle Adjani, Benoit Poelvoorde

(1 h 32 - Sorti le 21 avril 2010)

affiche mammuth.jpg

Mammuth, c'est le nom de la moto sur laquelle Depardieu entame un voyage dont il aurait aimé se passer, mais qui finit par être la chance de sa vie.

A la retraite après avoir fait des tas de petits boulots et avoir passé une dizaine d'années dans une boucherie, Gégé doit rassembler des attestations de ses anciens employeurs pour toucher sa pension. Le voilà donc qui enfourche cette bonne vieille Mammuth pour sillonner les routes de France. En chemin, il aura beaucoup de surprises, d'embûches et aussi des rencontres extraordinaires.

J'ai adoré ce film, il est touchant, drôle, viscéral, non seulement à cause du sujet, du rythme, des acteurs dits "secondaires" tous magnifiques, mais surtout grâce à Depardieu : il y a quelques années, il a commencé à m'agacer à force de vouloir jouer tous les rôles du répertoire, Balzac, Monte Cristo, tout et n'importe quoi. Naturellement, il était formidable dans tous ces rôles, particulièrement dans le Comte de Monte Cristo. Puis, dès le moment où il a accepté des petits rôles assez stupéfiants comme dans Le Placard, j'ai recommencé à l'aimer sans restriction. Dès qu'il est dans un film, je cours ! Et je ne le regrette jamais

Dans Mammuth il est magnifique, "un géant" comme il le dit lui-même dans une interview au magazine Elle ; il faut le voir, le premier jour de son inactivité, tourner en rond dans sa cuisine comme un lion en cage, c'est ahurissant, on est cloué par une telle présence, par tout ce qu'il trimballe d'humanité, de force, de failles, de blessures, et de détachement face aux "cons" (il pourrait faire sienne la phrase de Brigitte Bardot, énoncée quand elle avait 30 ou 40 qns : "on est cerné par les cons")

En résumé, c'est "fameux", en référence à une phrase du film dans une scène hilarante que vous n'oublierez pas !

Si vous voulez voir un film un vrai, comme on dit "Un homme un vrai", c'est Mammuth qui devrait avoir vos faveurs !

Hélène Merrick

 

18:52 Écrit par Hélène Merrick dans Film | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : humour noir, émotion, retraite, amour, voyage initiatique

13/04/2010

Gardiens de l'Ordre

 

affiche Gardiens jpg.jpg

Un Film à ne pas rater !

 

GARDIENS DE L’ORDRE

 

Au cours d’une ronde de nuit, Simon (Fred Testot) et Julie (Cécile de France), gardiens de la paix et collègues, blessent sur un jeune homme fou furieux qui a tiré sans sommation sur un de leurs partenaires. Soupçonnés de bavure et livrés à eux-mêmes, ils mettent en œuvre une combine risquée pour prouver leur innocence et démasquer les vrais coupables.

Le réalisateur de cet excellent film policier français, Nicolas Boukhrief, raconte : « A partir du moment où l’on commence à tuer des personnages ou a sortir de la drogue dans un film, tout est possible ! Avec ces deux flics qui basculent dans la délinqance, se défoncent et assassinent des dealers, une histoire comme celle de Gardiens de l’Ordre peut donner lieu à une illustration assez extrême, du genre Le Justicier braque les dealers avec Charles Bronson ! »

 

Cécile flingue.jpg

 

 

Le public qui n’aime pas le sang et la violence peut y aller sans hésitation car : « J’ai réfléchi aux publics auxquels s’adresse ce film, et notamment , à ceux de Cécile de France et Fred Testot. Il y a parmi ces spectateurs qui les apprécient, des personnes qui n’ont pas forcément le goût ou l’habitude des scènes de violence, alors pourquoi les agresser ? Ce n’est pas la meilleure façon de leur faire aimer le genre. Du coup, j’ai opté pour des scènes efficaces mais jamais choquantes. »

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Tourné en HD, avec une belle recherche sur la couleur et le contraste, Gardiens de l’Ordre se déroule à toute allure, clouant le spectateur sur son fauteuil ! Il y a aussi de touchantes scènes intimistes et beaucoup d’émotion dans les personnages de Cécile de France et Fred Testot.

Tous les acteurs sont filmés avec amour et leur beauté est stupéfiante.

 

J’ai adoré ce film, j’en ai été même émue, en constatant qu’il naît toujours et existe de vrais artistes devant et derrière la caméra dans le cinéma français.

Hélène Merrick, avec le maximum d’étoiles !

 

Gardiens de l’Ordre ****

Film policier français de Nicolas Boukhrief

Avec Cécile de France, Fred Testot (d’Omar et Fred !), Julien Boisselier

Durée : 1 h 45

Sorti le 7 avril 2010

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A droite, Nicolas Boukhrief, qui a débuté avec "Va Mourire", "Le Plaisir et ses petits tracas" et a tâté du polar avec l'excellent "Le Convoyeur" , avec Albert Dupontel, et "Cortex", avec André Dussollier

 

 

 

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24/03/2010

David Boreanaz, d'Angel à Bones

Un nouveau feuilleton (policier) intéresserait-il mes amis blogueurs ?

Si oui, je commence demain!

En attendant, je vous fais partager une entrevue qui a été importante pour moi.

Je ne peux pas l'illustrer avec des photos de films ou de l'acteur en question, car elles sont impossibles à capturer sur les sites de ciném. Elles doivent être  protégées par des droits d'auteur.

J'ai cependant une photo qui n'appartient qu'à moi, prise juste avant l'interview avec mon appareil.

Voilà le beau David Boreanaz, et ma bobine il y a huit ans !


david et moi.jpg

 

 

Nous étions dans une suite de l'Hôtel Normandie à Deauville, durant le Festival du Film Américain

Les films évoqués et les séries existent en DVD :

(• Buffy contre les vampires

• Angel

• Mortelle Saint Valentin

• Autour de Lucy)

 

Deauville, Hôtel Normandie

Festival du Film Américain 2002

Dans "Autour de Lucy", une comédie de Jon Sherman avec Monica Potter, David Boreanaz délaissait un instant le sombre personnage d’Angel (« Buffy contre les Vampires », « Angel ») pour endosser le rôle d’un fringant orthopédiste, un petit rôle où il laisse libre cours à ses dons comiques.

(Depuis, David Boreanaz est devenu la star de la série policière "Bones", qui triomphe partout dans le monde)

Autour de l’Hôtel Normandie, une foule dense et silencieuse patiente, anxieuse de voir passer des stars.

Une cour, longue à traverser sous tous ces regards, sépare de la porte d’entrée la barrière contenant les curieux. J’hésite une seconde, comme si je m’attendais à voir les vigiles me réclamer mon badge ou ma carte de presse. Comment savent-ils d’emblée que je ne suis pas une fan furieuse, mais une malheureuse journaliste de cinéma en mission ?

Je monte à la suite où doit se tenir l’interview avec “Angel”.

Laura, l’attachée de presse, me connaît depuis des années. Elle sourit en voyant ma broche, un petit ange doré, sur mon pull rose. Comme souvent, une table a été préparée pour les damnés de la plume comme moi, avec des viennoiseries, des jus de fruits, des boissons chaudes. C’est un luxe, que peu d’interviews nous réservent.

Laura me fait attendre quelques instants. Une porte entrebaillée sépare le salon de la chambre où David Boreanaz reçoit le monde.

La porte s’ouvre, et il sort.

Grand baraqué, le regard franc et direct, directement plongé dans mes yeux, puisque je suis la première personne qu’il aperçoit. Il regarde, il jauge. Il y a tant de femmes et de fans qui le sollicitent et probablement le harcèlent. Je me dis que je dois avoir le même regard qu’elles, éperdu et désespéré. De ne pas le connaître de près, de ne pas appartenir à son monde. Pour tous ceux qui m’ont plu et subjuguée, il ne s’agit pas de “coucher” avec la vedette, mais de la cotoyer, de la fréquenter, comme on fréquente ses proches, ses amis, ses amants si l’on en a, ses ex...

David Boreanaz avance franchement, d’un pas décidé, c’est un homme qui aime vivre, je le vois tout de suite, vif, plein, il occupe l’espace, il est à l’aise. Peut-être y a-t-il en lui une timidité et une crainte, mais elles sont bien cachées. Il me plaît, il m’intimide. En réalité, je suis épouvantée.

Il dit bonjour avec une poignée de main souple et ferme et je le suis dans la chambre. Modestement, j’ai réclamé une demi-heure d’entretien. Comme il n’est pas connu en France, excepté des fans de Buffy et Angel, j’aurais obtenu sûrement une heure. Ou même un déjeuner. J’ai eu peur. Curieusement, à mesure que les années ont passé, j’ai perdu de mon aplomb. De mon culot, de mon inconscience, de ma naïveté probablement.

J’ai apporté mon appareil photo, un auto-focus Minolta, acheté il y a vingt ans avec ma carte de crédit des Galeries Lafayettes. Un des premiers auto-focus ; il fait de belles photos, il est lourd. Je demande à Laura de nous prendre en photo tous les deux, en précisant à David que c’est “juste pour moi”. Il est d’accord, aucun problème, on se met l’un à côté de l’autre. Sur la photo on croirait qu’on est enlacé, mais je ne l’ai pas touché, pas même d’un centimètre, je ne me le serai pas permis. Je ne suis pas de ces fans qui hurlent et arrachent des morceaux de chemise à leurs “idoles”. Il n’est pas une “idole” pour moi, d’ailleurs. Cette notion est stupide en ce qui me concerne. Envers ces gens-là, ceux dont on tombe éperdument en amour sans espoir de retour, on n’éprouve pas un amour charnel, mais un sentiment particulier, fait de contemplation extrême et de désespoir, un désespoir qui ressemble à celui d’une rupture avec quelqu’un qu’on a aimé par-dessus tout. C’est comme ça, il faudrait inventer un nouveau verbe, de nouveaux qualificatifs, de nouveaux noms pour ce phénomène.

David parle avec quelqu’un, d’une pièce à l’autre, toujours collé à un millimètre de moi. Laura et moi attendons qu’il se taise, je suis si pétrifiée que je ne sais pas du tout de quoi il parlait avec cette personne, probablement son agent ou son attaché de presse américain de son emploi du temps. Il se pose et Laura prend la photo.

On s’assied l’un à côté de l’autre pas tout à fait en face, lui à ma droite, entre nous devant moi une petite table sur laquelle je pose mon magnétophone, un petit appareil qui en vu d’autres depuis tant d’années d’entretiens.

David a l’air doux et patient. Un peu fatigué, je crois qu’il étouffe un baillement. Il est déjà midi, et ses interviews ont débuté vers 9 h. J’étais prévue pour 10 h, mais Laura a repoussé le rendez-vous.

A l’Hôtel Flaubert de Trouville, au lieu de potasser sa filmographie et sa vie d’avant Angel, j’ai perdu mon temps à me pomponner comme si j’allais à un gala. Quelque soit l'âge qu'on a, on reste ce qu'on était au début, moi : une timide contrariée, une gamine poussée de force dans la fosse aux lions !

“Angel” porte une chemise anthracite, avec des coutures ton sur ton sur la poitrine, un jean, j’oublie de regarder ses chaussures. Je ne vois que ses yeux, son visage et ses lèvres maintes fois détaillées sur le petit écran. Dans l’empreinte de l’ange, il y a une gouttelette qu’il essuiera avec son pouce. Ses cheveux sont coiffés avec du gel, en l’air comme dans Angel, mais moins haut. Ils paraissent moins denses qu’à l’écran, mais ils sont bien plantés, assez bas, sans risque imminent de calvitie. Je l’ai devant moi en vrai, ce front particulier, ce regard sombre et affable, la ligne ondulée de sa lèvre inférieure reproduite maniaquement sur un petit buste d’Angel que m’a offert Henri.

Les mains de David sont grandes et régulières, avec des doigts magnifiques, longs, larges et droits. Un homme, un vrai. Touchant et séduisant. Le genre pour qui on se damne. Mais il n’est pas pour tout le monde, il n’est pas pour moi, il est loin de ma vie. Je ne suis qu’une petite journaliste française, pas trop moche, pas trop vieille, timide et presque bredouillante, qu’il oubliera comme il a oublié son premier biberon.

J’ai préparé des questions désordonnées. Elles ne tiennent pas ensemble, elles sautent du coq à l’âne, exactement ce qu’il ne faut pas faire pour réussir une interview et pour ressentir la satisfaction du bon travail accompli. C’est le minimum quand on quitte un artiste. On est si frustré qu’il faut au moins avoir procédé au pire à une bonne séance de questions réponses, au mieux à une véritable conversation.

Rencontre avec David Boreanaz, « Autour de Lucy » et autres histoires :

Moi : Prenez votre temps, vous devez être fatigué!

Lui : Non, je ne suis pas fatigué, c’est juste que je voyage beaucoup, c’est un si long voyage pour venir ici et il y a le décalage horaire

Moi : De Los Angeles ?

Lui : Oui, ça fait 8 à 9 h de décalage, alors...

Moi : Dans « Autour de Lucy » comme dans « Mortelle Saint Valentin », votre personnage apparait tous les quarts d’heure et disparait, comment expliquez-vous ça?

Lui : Ah ah ah ah , oui, dans Lucy c’est le genre de film où un homme apparait, un autre ensuite, et dans Mortelle Saint Valentin, je portais un masque, et en plus ce n’était même pas moi, ah ah !

Moi : Vous aviez une doublure?

Lui : Oui une doublure, alors, ça se trouvait comme ça

Moi : Peut-être étiez-vous en train de tourner Angel en même temps?

Lui :Exactement, et c’était difficile, voilà pourquoi, oui

Moi : Quand allez-vous jouer le personnage principal d’un film?

Lui : Bientôt, oui, ça se précise, je voudrais faire quelque chose que je n’ai pas encore fait, il faut que ce soit bien, que ça me plaise, que tout concorde et le fait de tourner de petites choses m’amène à ça, je m’y prépare.

Moi : Allez-vous tourner le prochain Batman, ou était-ce juste une rumeur?

Lui : Non, je ne crois pas . La rumeur a débuté il y a un moment, je sais qu’on y travaille, pour les nouvelles générations, mais je ne sais pas ce qu’il en est.

Moi : Cela ne vous intéresse pas?

Lui : Et bien, vous savez, je ne dirais pas que je suis ou pas intéressé, je suis entre les deux, encore une fois, si quelque chose me convient, je le ferai.

Moi : Comme nous n’avons pas beaucoup de temps, je voudrais vous demander ce qui a fait de vous l’homme que vous êtes?

Lui : Sans hésitation, mon père a eu une grande influence sur moi, il m’a toujours soutenu, il était ouvert à tout ce que je voulais explorer et expérimenter, il a toujours été là pour moi, mes parents ont construit l’homme que je suis devenu, ils m’ont laissé vivre mon enfance librement, ils m’ont dit : nous sommes responsables de toi, vis tes rêves,

Moi : Vous êtes originaire de Buffalo?

Lui : Oui, Buffalo

Moi : D’où vient votre nom de famille, Boreanaz (je dis Borinaz, à tout hasard)

Lui : Boreanaz (Bori-anaz), c’est un nom italien, difficile à prononcer !

Moi : Pour les Français, ce n’est pas compliqué

Lui : Oui, eh eh eh eh !

Moi : Qu’est-ce qui vous fait rire en général, qu’est-ce qui vous a fait rire avant, et aujourd’hui?

Lui : Les gens, j’aime les gens, j’aime être avec eux, j’aime leurs sourires, j’aime tout d’eux, aussi puis-je être facilement amusé, il y a toujours matière à rire

Moi : Vous avez bon caractère!

Lui : Oui, exactement

Moi : Etait-ce une idée à vous, dans l’épisode « She », d’Angel, de danser de façon rigolote?

Lui : Oh, oui, c’est moi, ça, je danse comme un fou, et à la fin d’épisode, je continue à danser, c’était drôle de tourner cet épisode, je voulais danser, ce n’était pas prévu, mais c’est comme ça que je suis dans la vie, tout le temps en train de faire l’idiot.

Moi : Et au karaoke, vous chantez faux, est-ce votre façon de chanter, ou vous êtes-vous forcé?

Lui : Eh bien, Je ne chante pas très bien, mais moi je crois que je chante bien, ha ha, ah ah, oui, je chantais faux, on m’a demandé de le faire, mais ce n’est pas si facile de chanter faux, mais quand même je sais chanter, sûr, hi hi

Moi : Dans « Autour de Lucy », il y a un passage amusant, quand vous parlez de votre chemise Armani

Lui : Il y avait trois chemises, j’en ai changé trois fois, à cause du vin renversé dessus, à la fin de la journée il y avait du vin partout, c’était dingue, mais ça valait la peine

Moi : Dans Angel, votre personnage lit « La Nausée », de Jean-Paul Sartre, l’avez-vous lu réellement?

Lui : Oui, je crois que je l’ai lu, ah ah !

Moi : Comme beaucoup d’adolescents ! Que lisez-vous sinon ?

Lui : J’aime les biographies, les poésies, T.S. Eliot, Edgar Allan Poe, j’aime lire des pièces, des journaux intimes, des histoires fantastiques, Tchekov, des pièces de théâtre

Moi : Quelles sont vos sources d’inspiration?

Lui : Je rends grâce pour ce que j’ai, je me sens béni des dieux, et je trouve ma source d’inspiration dans ma famille ; ma femme, mon fils, m’inspirent énormément, mes amis, ma famille sont très importants pour moi, hé

Moi : Avez-vous eu un mentor, un conseiller?

Lui : A part mon père ? J’admire Gregory Peck, j’aime sa stature, son allure, son assurance, sa force..., c’est lui qui me vient d’abord à l’esprit

Moi : L’aviez-vous vu au cinéma quand vous étiez enfant?

Lui : Oui, Yul Brynner aussi est très intense, j’aime les gens intenses, je l’ai vu sur scène dans « Le Roi et moi », j’avais sept ans, et Gregory Peck, je l’ai rencontré, j’ai un documentaire sur lui à Los Angeles, voir ces gens travailler m’a convaincu.

Moi : Aimeriez-vous faire une carrière à leur image?

Lui : J’aimerais suivre leurs traces et voir où ça me mène

Moi : Comment vivez-vous le fait que vos fans vous confondent avec Angel?

Lui : Ils doivent faire la différence entre le vrai moi, et le personnage du vampire, nous sommes vraiment très différents !

Moi : Vous, vous le savez, mais eux, qui aiment Angel, veulent peut-être être sauvés, ou mordus, ils attendent que vos dents jaillissent ?!

Lui : Oui, peut-être, sûrement, ah ah ah !

Moi : Quels sont vos projets ?

Lui : Je reste ouvert à toutes les opportunités, je veux me débrouiller pour concilier ma vie personnelle et ma carrière, trouver une harmonie entre les deux, il faut que ça marche ensemble, que ça demeure confortable, tranquille, simple et m’amuser aussi, ces plans sont forcément aléatoires, mais bon...

Moi : Votre femme (Jaimie Bergman) est-elle actrice?

Lui : Oui, elle joue dans des sitcoms, elle est très drôle

Moi : Elle est très jolie

Lui : Oui elle est très belle! Et très drôle aussi

Moi : N’est-ce pas difficile d’être acteurs tous les deux?

Lui : Non, nous avons une très bonne relation, nous ne nous dévorons pas l’énergie l’un l’autre, nous ne tombons pas dans le travers de nous prendre au sérieux pour des acteurs, nous ne croyons pas à ça, nous vivons d’abord notre vie, et le travail vient en second, nous avons trouvé un bon équilibre

Moi : Imaginez que vous n’êtres plus acteur, que feriez-vous?

Lui : Je fabriquerais du vin, je boirais toute la journée, ha ha !

Moi : Venez donc vivre en France, nous avons d’excellents vins ici !

• D.B. : Ah ça je sais que vous avez du bon vin! Les crus 89, 90, 91, sont particulièrement savoureux!

Moi : Faites un voeu, voulez-vous?

Lui : Je voudrais voir les gens sourire, que la paix règne dans le monde, je souhaite de beaux rêves, ce sont les rêves qui font notre vie, notre avenir devrait être fait de nos rêves.

Moi : Que représentent les rêves pour vous?

Lui : Ils m’intriguent, me fascinent, je me demande parfois s’ils ne sont pas la vraie vie, et je crois que nous vivons les rêves de quelqu’un d’autre, à qui l’on passe le relais quand on se réveille.

Moi : Croyez-vous à la réincarnation?

Lui : Je crois qu’on est ici pour une raison précise, peut-être aurons-nous d’autres vies, sous d’autres apparences. Je crois en tout cas qu’on ne rencontre personne par hasard.

Propos recueillis par Hélène Merrick en 2002

(Depuis, David Boreanaz est devenu la star de la série policière Bones, qui triomphe partout dans le monde)

En relisant cette interview, des années plus tard, je me dis qu’elle n’était pas si mauvaise que ça, cette interview, pourtant, depuis le lendemain de cette rencontre, et le jour où je l’ai décrypté et rédigée, j’ai eu un sentiment d’échec total, de ratage atomique, comme si j’étais passée à côté de tout. Pourquoi n’avoir pas évoqué son enfance, ses goûts, l’endroit où il vivait, l’origine de ses parents, les lieux d’habitation, ses amis, ses chiens ou chats, son adolescence, ses petites amies, la première fille, le premier baiser, ses bandes de copains, ses études, ses envies, ses ambitions, ses premiers pas dans le métier, les hasards, les joies, les regrets, les frustrations, sa première femme, sa rencontre avec Jaimie Bergman, sa maison, ses goûts, la nourriture, le questionnaire de Proust, ses livres et films préférés, ses parfums, la musique qu’il aime, les Noëls, les cadeaux, Thanskgiving, la religion, les enfants, le sport, ses violons d’Ingres, son apparition anonyme dans un épisode des « X Files », la B.D., le jeu, les vices, les passions, les faiblesses, la célébrité, les fans, les journalistes, la solitude, la peur, les peurs, la joie, les joies ...

Je suis sortie de l’Hôtel Normandie, l’oeil et le coeur papillonnant, broyée comme souvent, et pire cette fois, par un éblouissement et un regret poignant, toujours ce sentiment indéfinissable qui n’est finalement qu’une souffrance. Il faut être monstrueusement blindé pour ne pas succomber à ça. J’ai dit :”Je viens de rencontrer le plus bel homme du monde”.

Et voilà, c’est tout.

Je me rends compte qu’il y a un peu de tristesse dans ce qui précède, mais à l’arrivée, je suis très heureuse d’avoir vécu tout ça, et le principal, c’est d’être vivante et de continuer à avancer !

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Voilà David Boreanaz dans "Mortelle Saint Valentin", cette photo n'était pas bloquée

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11:26 Écrit par Hélène Merrick dans Film | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : rencontre réelle, interview, souvenir, émotion, espoir

11/03/2010

Le Guerrier Silencieux

 

affiche Valhalla.jpg

 

 

LE GUERRIER SILENCIEUX (Valhalla Rising) ****

 

Unf ilm d'aventures de Nicholas Winding Refn

Sorti le 10 mars 2010

(durée : 1 h 30)

 


Mads guerrier à genoux.jpg

One Eye passe un sale quart d'heure avec ses bourreaux mais il n'est pas homme à se laisser faire!

 

Voyez le beau et impressionnant athlète tatoué sur
l’affiche du Guerrier Silencieux : il est inquiétant et attirant, et
interprété par Mads Mikkelsen, qui jouait « Le Chiffre » dans Casino
Royale, l’avant-dernier James Bond avec Daniel Craig. On l’a vu aussi dans Coco
Chanel et Igor Stravinsky ; il était le célèbre compositeur du Sacre du
Printemps.

Le Guerrier silencieux se nomme One Eye (n’a qu’un œil) mais le regard de son œil droit, bleu et lumineux, n’en est que plusperçant.

Esclave d’un chef de clan viking, One Eye réussit à
s’enfuir et entraîne dans son évasion un jeune garçon qui l’admire et lui est
tout dévoué.

 

Mads et garçon.jpg

 

Il y a quelques combats assez cruels, et des moments de pure rêverie. Dans des paysages glacés et presque
surréalistes, un drakkar sur une mer mystérieuse, on suit le voyage du guerrier
et du garçon vers un ailleurs qu’ils espèrent meilleur. C’est fantastique,
aventureux, onirique, absolument magnifique. Sans prononcer une parole, Mads
Mikkelsen attire toute l’attention, fascine et nous fait traverser un pays
digne des contes et légendes du Nord.

H.M.

affiche Valhalla sans mot.jpg

Mads Mikkelsen : il a tourné aussi dans "Les Bouchers Verts" et "Adam's Apples", deux comédies d'humour noir très appréciables!

 

Nicolas Winding Refn, le réalisateur du Guerrier Silencieux, a réalisé la trilogie
« Pusher » (On la trouve en DVD) et le film « Bronson »
sorti l’an dernier. De son métier, il dit : « Pour moi, l’Art
est un acte de violence. La seule chose qui le distingue de la réalité, c’est
que dans la vraie vie, la violence est une source de destruction, et l’Art une
source d’inspiration. »

Du Guerrier Silencieux : « Quand j’étais
petit, j’adorais la science-fiction, les westerns spaghettis et les combats de
sabre entre Samouraïs. Des genres qui ont pour personnage principal un héros
aux proportions mythiques… Un guerrier silencieux et solitaire, comme One Eye.

Lorsque j’avais cinq ans, ma mère m’a lu une vieille
bande dessinée bon marché qui racontait le voyage sur la lune d’un père et son
fils. Dans une caverne, ils découvraient un cercueil fait à la main, c’est tout
ce dont je me souviens, je pense que c’est de là que me vient mon obsession
pour l’inconnu, un thème qui a été le moteur de mes films. »

 

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18:29 Écrit par Hélène Merrick dans Film | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : aventures, viking, fantastique, esthétique, cruel, onirique

17/02/2010

Hors de contrôle

Aujourd’hui 17 février 2010, Mel Gibson revient charmer ses fans dans Hors de Contrôle. Il n’a plus été acteur depuis sept ans, s’étant consacré à la réalisation. Son dernier film, Apocalypto, était un magnifique film de survie au temps des Mayas.

Hors de Contrôle est signé Martin Campbell, un réalisateur chevronné du film d’action et d’aventures, de thrillers et de suspense. L’avant dernier James Bond, un des meilleurs, Casino Royale avec Daniel Craig, est de lui !

Ici, Mel Gibson, ancien policier, croit que quelqu’un essaie de le tuer ; au cours de son enquête, il découvre que sa fille était peut-être la véritable cible de cette attaque . Je vous laisse découvrir les étapes musclées et éprouvantes de sa recherche.

L’acteur, aussi beau après cinquante ans qu’il l’était dans Mad Max ou Forever Young, est au centre de toutes les scènes, avec son énergie, sa volonté et sa sensibilité. J’ai toujours aimé Mel Gibson, je l’ai rencontré à la sortie de L’Arme Fatale 3 et de Braveheart, c’est un homme à la fois doux et attentif, et capable de piquer des crises de nerfs et d’avoir dans le nez les gens qui le traitent avec dédain. Il est cultivé et à fleur de peau. Enfin, c’est un charmeur et une personne avec qui l’on ne s’ennuie pas une seconde.

Si vous l’appréciez, ne manquez pas Hors de Contrôle, une belle histoire d’amour paternel et une preuve que le monde n’est heureusement pas entièrement pourri !

Hélène Merrick

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On peut trouver les photos du film et la bande-annonce sur le site officiel du film et sur AlloCiné

16:42 Écrit par Hélène Merrick dans Film | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : suspnse, enquête, amour paternel, action, revanche, résistance

01/02/2010

L'Autre Dumas

L'Autre Dumas (3 étoiles)

Comédie historique et romantique de Safy Nebbou, avec Gérard Depardieu, Benoit Poelvoorde, Mélanie Thierry, Catherine Mouchet, Dominique Blanc

(Sortie le 10 février)

Autrefois, les peintres et les sculpteurs travaillaient en atelier, avaient des élèves et des collaborateurs. C'était le cas aussi du grand écrivain Alexandre Dumas : dans son ombre besognait inlassablement Auguste Maquet, qui trouvait des idées et travaillait d'arrache-pied pendant que Dumas prenait des forces en  goûtant largement aux plaisirs de la vie, les femmes, la bonne chère. L'écrivain intervenait  avec son génie, son style, son sens de la construction et du rythme, son imagination et son lyrisme pour étoffer et peaufiner des œuvres comme les Trois Mousquetaires ou la Reine Margot.

En 1848, époque où Dumas et Maquet rédigeaient Le Vicomte de Bragelonne, Maquet tomba amoureux d’une jeune révolutionnaire qui le confondait avec Dumas. Le film de Safy Nebou raconte cette méprise, avec autant d’humour que de panache. L'ensemble est pétillant, les costumes éblouissants, dans une ambiance pleine d' énergie et de bonne humeur .

Dans le rôle de Maquet, Benoît Poelvoorde  est émouvant et splendide, tout en retenue et en frémissements ; face à lui, Gérard Depardieu compose un Dumas truculent, un ogre insatiable au gros rire et à la carrure impressionnante, jamais lassé d’inventer des histoires et de partager le plaisir de la création avec son double anonyme. Depardieu décrit Poelvoorde comme "fragile et exalté"; Benoit Poelvoorde voit son partenaire comme quelqu’un qui « dévore la vie, curieux de tout et proche des gens », les qualités idéales pour composer un Dumas à sa mesure et fidèle à sa légende de roi-lion au fort tempérament.

Mulâtre d’origine africo-haïtienne, Alexandre Dumas apparaissait comme un excentrique au XIX è siècle, contestataire de cœur, vivant dans l’opulence, mais surtout constamment au service absolu de la langue française et de l’Histoire de France qu’il raconte au fil de ses romans. De jolies surprises émaillent le film : la ménagerie en liberté dans le château de Monte-Cristo, un Marabout piétinant tranquillement les manuscrits dans un bureau, un étourdissant bal masqué, ou encore les caractères bien trempés des épouses, Catherine Mouchet et Dominique Blanc. La jeune républicaine qui confond Maquet avec Dumas au début du film a les traits angéliques de Mélanie Thierry, une comédienne toujours juste (elle s'est fait connaître sur scène avec "Le Vieux Juif Blonde", après avoir débuté dans un consternant Quasimodo del Paris), mais c’est le duo Poelvoorde-Depardieu qui pimente les meilleurs moments de ce film emballant.

H.M.

10:09 Écrit par Hélène Merrick dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : complicité littéraire, humour, amour

 
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