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29/03/2010

Le Journal de Cuir Chapitre 1

LE JOURNAL DE CUIR

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(A SUIVRE ?)

 

 

 

15/03/2010

Pot de terre contre pot de fer

Cité par Jean-Paul Dubois dans son beau livre "Une Vie française", voici une anecdote véridique :

 

Le phare (J.P.Dubois).jpg

J'ai beau le relire des dizaines de fois, ça me fait toujours autant rire!

 

11:22 Écrit par Hélène Merrick dans Livre | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : extrait d'une vie française

09/02/2010

Les Cellules Etoilées

Merci aux curieux qui viennent sur ce modeste blog ! Je vous propose un roman sous forme de feuilleton. Aujourd'hui les deux premiers chapitres, demain la suite. Je serais curieuse d'avoir vos réactions un de ces jours. Merci et amusez-vous !

1 - Premier contact

Je dormais. D’un sommeil ordinaire, dont on oublie les rêves.

Les pas m’ont réveillée. Ils ont marché sur mes jambes, sont remontés sur mes cuisses, ont piétiné mon ventre. Sans lourdeur, sans légèreté. Des pas, rien que des pas. Ils pesaient moins lourd que ceux des pattes d’un chien ou d’un chat. Ils étaient plus aigus, plus précis. Ils n’hésitaient pas. Ils m’ont éveillée à la seconde.

Me surplomblant, les pieds sur mon estomac, les mains sur mon thorax, il y avait un être, de la hauteur d’un singe moyen, ou d’un bébé d’un an environ. L’ensemble avait une couleur foncée, ni noire, ni anthracite. Il avait des petites jambes, des pieds bien ancrés sur moi, des mains au bout de membres assez fins. Tous ces détails, je n’ai pu les reconstituer qu’après. Ce que j’ai vu et n’oublierai jamais, c’est son regard. Curieux, sans méchanceté, sans gentillesse, seulement intrigué. Légèrement amusé, et surpris peut-être. Un regard intéressé.

Je n’ai pas bougé. Je l’ai regardé et lui ai dit : “Va-t-en”.

J’ai fermé les yeux. Quand je les ai rouverts, il avait disparu.

2 - Une journée presque comme les autres

Un matin, au petit-déjeuner : autour de la table, Henri, mon mari, lit son journal et boit distraitement un café. Benito, mon fils, avale son bol de céréales avant de filer à l’école ; il a sept ans. Ma fille Colette, trois ans, babille en tapant avec une cuillère sur sa bouillie de Floraline.

Nous venons d’emménager dans une petite maison de Fresnes, banlieue de Paris, après avoir vécu longtemps dans le 12è arrondissement.

Henri replie son journal, se lève et me jette un coup d’oeil :

- Tu as mal dormi, on dirait ?

- J’ai fait des cauchemars.

- Garde-les pour toi, soupire Henri, il n’y a rien de plus barbant que les rêves des autres.

Je le pense aussi, mais Benito insiste, il veut des détails.

- C’est drôlement bien, M’an, on dirait des films d’horreur.

- Tu manges trop le soir, reproche Henri, je t’ai dit mille fois qu’une soupe suffisait, et hop, tout le monde au lit.

- C’est de ma faute, pleurniche Colette. J’oblige Maman à me lire des contes.

Henri me jette un regard noir :

- Des contes d’Edgar Poe, je parie ?

- Crois-moi, j’aimerais mieux ne rien lui raconter du tout !

Colette fond en larmes, Benito se moque de nous, Henri nous embrasse.

La routine.

- Amuse-toi bien, ma chérie.

Henri sifflote. Ce n’est pas le cas tous les jours. Quelquefois, il part travailler avec le poids du monde sur les épaules, il me jette des regards déchirants en ouvrant la porte, plus déchirants encore en démarrant sa moto.

Jusqu’à onze heures, je me suis follement amusée, j’ai déballé, rangé, nettoyé, lavé. Le quotidien.

Pas de diablotin à l’horizon.

Le coup de pompe de onze heures me propulse dans la cuisine. Un petit café grec pour me revigorer. La recette : une tasse d’eau, une cuillère de café grec ou turc très finement moulu, une pincée de canelle et un peu de sucre. On mélange le tout dans une minuscule casserole étroite à bords hauts et on attend qu’il bout. Une mousse se forme, et pour plus de goût, on fait monter les bouillons trois fois de suite. Il ne reste plus qu’à verser dans une tasse.

Ce café-là n’a pas le même goût que les autres. On peut même en boire le marc si on a le coeur solide. Je préfère le laisser dans le fond, tourner la tasse pour en imprégner les parois et la renverser sur sa soucoupe.

Quelques minutes plus tard, je la redresse à l’endroit et contemple les reliefs. Sans avoir appris à lire dans le marc de café, j’interprète les formes à mon idée. Certaines sont précises au point de m’inspirer des dessins. Mon métier, c’est de dessiner. Je le case entre deux corvées, comme tous les gens qui travaillent à domicile.

J’illustre des livres écrits par d’autres que moi, pour une collection d’albums “destinés à la jeunesse”. Le dernier en date porte un titre affriolant : “Pastor et les Martiens”.

- Pastor ? s’était esclaffé Henri, quelle andouille peut bien affubler un héros d’un nom pareil ?

- Une gourde qui vend des milliers d’albums.

- Tu ferais mieux d’en écrire toi-même, des contes, ca te ferait double salaire, et ça nous aiderait bien.

- Ecrire ? ! Je ne réussis déjà pas à rendre mes dessins dans les temps !

- Eh bien, laisse tomber ! Je travaillerai pour deux, s’énerve Henri, pour couper court à toute discussion.

Le genre de discussion stérile qui commence par :

- Ah, parce que tu crois que je n’ai rien à faire ? Tiens, par exemple, j’ai un avis de passage du facteur, quand est-ce que je vais trouver un moment pour aller faire la queue à la poste ? En plus c’est une lettre pour toi ! Pourquoi t’y vas pas ?

- Oh, ne commence pas !

Et me voilà qui démarre :

- Tu ne te rends pas compte : les mômes, les courses, la vaisselle, la lessive, le repassage, la bouffe, et en plus il faut que je ponde des beaux dessins pour des livres écrits par des abrutis !

- Ca fait des années que je te le dis : écris-les toi-même, les bouquins, si c’est des abrutis ! Personne ne t’en empêche ! Tu m’énerves à la fin !

- Ah oui, tiens, comme s’il me restait une minute pour écrire, en plus !

- Bon, soupire Henri, horripilé, rends-moi le papier de la poste, j’irai samedi matin, quand il y aura la queue jusqu’à Orly.

- Non, laisse, je vais le faire.

- Faudrait savoir.

- Oui ben, ce que je veux c’est que tu comprennes que je ne me tourne pas les pouces devant la télé toute la journée.

- Tu veux qu’on échange ? éructe Henri, tu veux te taper une heure et demi de transport dans les embouteillages, te coltiner des réunions de cinq heures, des coups de téléphone en chaîne, des paperasses à lire et des dossiers à rédiger ? Des déjeuners d’affaires indigestes ? Deux heures de bordel le soir pour rentrer ?

Et c’est parti, ça peut durer des heures, pour n’aboutir à rien. Le tonneau des Danaïdes.

Alors, on s’ arrête à temps ; Henri s’en va après un baiser et mes habituelles recommandations : “T’as pris ton téléphone ? Ton badge ? T’as des sous ? Tu m’appelles ? Tu rentres tôt ? Fais pas de bêtises ! (sous - entendu : ne te fais pas écraser, ne zigzague pas sur le périf’ et surtout pas dans Paris, ne bois pas trop, ne fume pas, prends une pause pour déjeuner, ne laisse personne t’humilier, pense que tout le monde est ridicule en caleçon, que même les patrons vont au cabinet, ne te fatigue pas”).

(A suivre...)

09:30 Écrit par Hélène Merrick dans Livre | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : feuilleton, famille, fantastique, humour

05/01/2010

Une épatante aventure de Jules

Merci à ceux qui viennent gentiment lire mes petites notes, j'entre un peu à pas de chat dans la communication internet !

 

Si vous aimez la bande dessinée, je vous conseille les albums d'Emile Bravo, regroupés sous le titre  "Une épatante aventure de Jules". Les volumes existant sont :

• L'Imparfait du Futur

• Le Réplique inattendue

• Presque enterrés !

• Un départ précipité

• La Question du père

 

Emile Bravo a écrit et dessiné une des aventures de Spirou et Fantasio parue dans le journal Spirou. On y découvrait la jeunesse du petit groom, son  premier emploi dans un hôtel, c'était très fûté, avec un graphisme rond et clair, digne de Franquin et Hergé.

Jules est un petit garçon affublé d'une famille hilarante pour le lecteur, pénible pour lui : un père ignare et pète-sec qui veut lui apprendre à "être un homme" et fait tout de travers à la manière du Pierre Richard de La Chèvre ; Jules a un petit frère qui le hait et ne cherche qu'à l'écrabouiller. La représentation de ces deux-là sont à pleurer de rire. La mère est stoïque et jamais dupe. Quant à Jules, il vit au fil des albums des aventures extraordinaires qui lui font rencontrer des extra-terrestres et voyager dans le temps. Le côté science-fiction s'intègre harmonieusement dans la vie courante et tous les problèmes rencontrés par la croissance physique et intellectuelle. Il n'existe pas vraiment de mots justes pour décrire le plaisir que l'on prend à lire ces albums. Ils s'adressent à toutes les tranches d'âge et je serais heureuse de vous l'avoir fait découvrir.

(Paru chez Dargaud)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

19/08/2017

Le Journal de Cuir Chapitre 10 (3 ème partie)

LE JOURNAL DE CUIR

- 10 - (3 ème partie)

 

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(A suivre !)

(Sous les acclamations générales (2 commentaires hier) je continue. La raison me dicterait d'arrêter là et de proposer le manuscrit à un éditeur, mais , tenez-vous bien : je l 'envoie par exemple à dix maisons d'édition, déjà ça coûte bonbon de transport, au bout de six mois, une seule répondra éventuellement que "Malgré ses qualités certaines, ce roman n'entre pas dans notre ligne éditoriale". Les neuf autres auront enterré le manuscrit sous leur tabouret de piano, leur fauteuil de bureau ou allumé leur poêle, ou jeté à la poubelle sans le lire, ou utilisé pour la petite cabane au fond du jardin, comme dit le Guignol de Cabrel.

Dans ces conditions aussi frustrantes qu'humiliantes que tout ce que vous voulez,( dégueu quoi), je préfère avoir une dizaine de lecteurs (ou plus ou moins) sur Blog50, à qui ça fait plaisir. Bises chaleureuses à tous)

 

Le Journal de Cuir Chapitre 14

 

Clooney Hors d'atteinte.jpg

Pour la petite coquine qui préfère George Clooney à Clark Gable, voici un beau portrait (et pas de tasse de café) !

 

LE JOURNAL DE CUIR

- 14 - "Junior"

Sous ma fenêtre s’étendait une piscine bleu turquoise entourée de gazon. Assis au bord, un tout petit garçon trempait ses menottes dans l’eau.

Il glissa le long de l’échelle et s’adossa au bassin. Qui était cet angelot égaré ? Allait-il se jeter dans les flots javellisés pour fuir ce monde cruel ? Des parents indignes ?

Au même instant, le mioche plongea la tête en avant et exécuta un crawl de compétition suivi d’une brasse papillon et d’un dos crawlé.

- Quel petit péteux…

 

C’est mon fils ! rugit quelqu’un derrière moi.

 

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- Le petit nageur, c’est ton fils, tu dis ?

- « Le petit péteux » ? Oui, c’est le mien, comme tu le vois, une perfection ! Il énerve le monde ! Mais il ne va pas rester ici, son père va venir le récupérer bientôt.

 

 

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- Tu me fais de la peine, Elisabeth, murmura Albert

- De la peine ? Et moi, comment tu me traites, depuis le début ?

Rillette me prit par les épaules :

- Viens, sortons dans le parc, inutile de croupir ici.

Elle me poussa dehors. Juste à temps pour m’empêcher de planter un javelot dans la tête de Monsieur Delavigne.

- J’emporte une bonne bouteille, dit Rillette, on en a besoin.

J’en ai eu besoin, en effet.

Clooney prison.jpg(A SUIVRE !)

 

Photos :

George Clooney et Jennifer Lopez dans Hor d'at

 

 

 
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