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31/03/2010

Le Journal de Cuir Chapitre 2

Merci pour vos encouragements!

(Désolée pour le format, je me bats encore avec la taille des polices !)

 

LE JOURNAL DE CUIR

 

- 2 -

 

Un sosie en tête de gondole

 

Toute cette histoire à cause d'une ressemblance.

Samedi dernier, j'étais partie à l'assaut des soldes pour faire honneur à

mon petit ami, le dénommé Marc Bénot, garagiste

de son état. Marc devait m'emmener le soir trépigner à un concert de hard rock, dîner et secouer mon anatomie dans une boite

Je farfouillais avec ardeur parmi les nippes et les accessoires ; une bande de folles furieuses me bousculaient pour

rafler les mêmes articles que moi. Enervée, je manquai m'étaler sur le

trottoir des Galeries Lafayettes, avec mes sacs en papier recyclable.

Au bistrot le plus proche, je m'affalai sur une banquette et commandai

un remontant. A cet instant, deux hommes entrèrent. Leur physique était

quelconque, mais leurs costumes bien taillés ; leur allure m'évoqua aussitôt les agents secrets des feuilletons d'espionnage.

Accoudés au comptoir, ils levèrent leurs verres.

Leur regard tomba sur moi. Et ne me quitta plus.

Stupéfaite, je me démenai un bon quart d'heure avec une quinte de toux.

Après quoi, je me tamponnai les yeux, me mouchai, crachotai avec

la délicatesse d'un tuberculeux.

Les deux espions à la gomme me dévisageaient

toujours. Je sortis mon miroir de poche et vérifiai ma tête : rien de spécial.

Le Ricard ne m'avait pas transformée en Elephant Man.

De retour chez moi, je passai une bonne heure à me maquiller à grands

coups de pinceaux. J'enfilai avec difficulté le collant bleu électrique

vendu sous l'appellation de robe. Si je devais aller aux toilettes,

il me faudrait le découdre et le recoudre sur ma peau à la vitesse

grand V.

J’attachais mes cheveux dans une barrette en forme de clé de sol quand la sonnette de l’entrée se déchaîna. Ce devait être Marc, avec son jean en cuir, son blouson cloûté et ses bracelets de force, une panoplie gothique destinée à camoufler son cœur d’artichaut.

A peine avais-je poussé le verrou que la porte s’ouvrit à la volée, me percutant de plein fouet. J’ouvris la bouche pour pousser le cri du siècle mais une paume puant le tabac se plaqua dessus et une voix désagréable m’imposa le silence.

Ils étaient trois. Ces nouveaux importuns n’avaient rien de commun avec les deux gentlemen du café. Roux comme des bottes de carottes, sales, mal attifés, leur but ne consistait sûrement pas à m’admirer ;

Curieusement, ils me malmenèrent un peu, mais ne me firent pas vraiment de mal. Je ne comprenais rien à ce qu’ils grommelaient. Le téléphone sonna ; l’un des types décrocha, dit « Ouais ? » et me passa le combiné.

-       Au secours ! je glapis

- Salope, me rétorqua Marc mon petit garagiste adoré, t’as un autre mec ! J’en étais sûr !

-       Marc ! Je suis en danger !

-       En danger ? N’oublie pas ta pilule et tu ne risques rien !

Il raccrocha. Les rouquins se tenaient les côtés. Et ma soirée alors ?

Furieuse, je me jetai sur eux. L’un des deux m’empoigna, et l’autre se mit à détruire systématiquement tout ce qui l’entourait. Mes petites affaires. Mes meubles Conforama. Mes fringues. Mes livres. Mes assiettes. Tout.

Quand il n’est plus rien resté, ils se sont frotté les mains, ont esquissé un pas vers la sortie, et sont tombés nez à nez avec deux autres bonshommes.

Ceux-là, je les reconnaissais.

Je les avais vus au bistrot, une heure ou un siècle auparavant. Deux gangsters en costume Francesco Smalto. Ils brandissaient des revolvers. Il était temps de tomber dans les pommes.

Quand je revins à moi, j’étais allongée su le matelas de mon lit déglingué. Un des gentlemen du café se penchait sur moi, une expression soucieuse sur ses traits moyens. Secouée je me mis à pleurnicher. Le type me tapota l’épaule. Je reniflai, il me tendit un mouchoir de soie chiffré. Je me raclai la gorge mais il ne présenta pas de crachoir en or massif ; il se tourna vers les trois rouquins crottés et fagotés et les gifla l’un après l’autre.

Tout ce petit monde semblait bien se connaître.

Les cinq hommes quittèrent les lieux ensemble sans me fournir d’explication.  J’appelai la police. On me fit raconter dix fois la même chose. Quatre policiers se pointèrent pour constater les dégâts et me reposer les mêmes questions. Tant bien que mal, je leur décrivis mes trois agresseurs et mes deux sauveteurs, et ils s’en allèrent. J’étais certaine de ne jamais les revoir. Mon inexplicable agression allait se perdre dans les oubliettes.

 

Un serrurier me promit de venir le lendemain matin. Je punaisai un rideau de fortune et poussai un reste de meuble devant ma porte ; j’y ajoutai plusieurs casseroles défoncées ; en dégringolant, elles me préviendraient de toute intrusion.

 

(A suivre !)

29/03/2010

Le Journal de Cuir Chapitre 1

LE JOURNAL DE CUIR

Journal Cuir 1 jpg.jpg
Journal cuir 2.jpg
(A SUIVRE ?)

 

 

 

15/03/2010

Pot de terre contre pot de fer

Cité par Jean-Paul Dubois dans son beau livre "Une Vie française", voici une anecdote véridique :

 

Le phare (J.P.Dubois).jpg

J'ai beau le relire des dizaines de fois, ça me fait toujours autant rire!

 

11:22 Écrit par Hélène Merrick dans Livre | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : extrait d'une vie française

09/02/2010

Les Cellules Etoilées

Merci aux curieux qui viennent sur ce modeste blog ! Je vous propose un roman sous forme de feuilleton. Aujourd'hui les deux premiers chapitres, demain la suite. Je serais curieuse d'avoir vos réactions un de ces jours. Merci et amusez-vous !

1 - Premier contact

Je dormais. D’un sommeil ordinaire, dont on oublie les rêves.

Les pas m’ont réveillée. Ils ont marché sur mes jambes, sont remontés sur mes cuisses, ont piétiné mon ventre. Sans lourdeur, sans légèreté. Des pas, rien que des pas. Ils pesaient moins lourd que ceux des pattes d’un chien ou d’un chat. Ils étaient plus aigus, plus précis. Ils n’hésitaient pas. Ils m’ont éveillée à la seconde.

Me surplomblant, les pieds sur mon estomac, les mains sur mon thorax, il y avait un être, de la hauteur d’un singe moyen, ou d’un bébé d’un an environ. L’ensemble avait une couleur foncée, ni noire, ni anthracite. Il avait des petites jambes, des pieds bien ancrés sur moi, des mains au bout de membres assez fins. Tous ces détails, je n’ai pu les reconstituer qu’après. Ce que j’ai vu et n’oublierai jamais, c’est son regard. Curieux, sans méchanceté, sans gentillesse, seulement intrigué. Légèrement amusé, et surpris peut-être. Un regard intéressé.

Je n’ai pas bougé. Je l’ai regardé et lui ai dit : “Va-t-en”.

J’ai fermé les yeux. Quand je les ai rouverts, il avait disparu.

2 - Une journée presque comme les autres

Un matin, au petit-déjeuner : autour de la table, Henri, mon mari, lit son journal et boit distraitement un café. Benito, mon fils, avale son bol de céréales avant de filer à l’école ; il a sept ans. Ma fille Colette, trois ans, babille en tapant avec une cuillère sur sa bouillie de Floraline.

Nous venons d’emménager dans une petite maison de Fresnes, banlieue de Paris, après avoir vécu longtemps dans le 12è arrondissement.

Henri replie son journal, se lève et me jette un coup d’oeil :

- Tu as mal dormi, on dirait ?

- J’ai fait des cauchemars.

- Garde-les pour toi, soupire Henri, il n’y a rien de plus barbant que les rêves des autres.

Je le pense aussi, mais Benito insiste, il veut des détails.

- C’est drôlement bien, M’an, on dirait des films d’horreur.

- Tu manges trop le soir, reproche Henri, je t’ai dit mille fois qu’une soupe suffisait, et hop, tout le monde au lit.

- C’est de ma faute, pleurniche Colette. J’oblige Maman à me lire des contes.

Henri me jette un regard noir :

- Des contes d’Edgar Poe, je parie ?

- Crois-moi, j’aimerais mieux ne rien lui raconter du tout !

Colette fond en larmes, Benito se moque de nous, Henri nous embrasse.

La routine.

- Amuse-toi bien, ma chérie.

Henri sifflote. Ce n’est pas le cas tous les jours. Quelquefois, il part travailler avec le poids du monde sur les épaules, il me jette des regards déchirants en ouvrant la porte, plus déchirants encore en démarrant sa moto.

Jusqu’à onze heures, je me suis follement amusée, j’ai déballé, rangé, nettoyé, lavé. Le quotidien.

Pas de diablotin à l’horizon.

Le coup de pompe de onze heures me propulse dans la cuisine. Un petit café grec pour me revigorer. La recette : une tasse d’eau, une cuillère de café grec ou turc très finement moulu, une pincée de canelle et un peu de sucre. On mélange le tout dans une minuscule casserole étroite à bords hauts et on attend qu’il bout. Une mousse se forme, et pour plus de goût, on fait monter les bouillons trois fois de suite. Il ne reste plus qu’à verser dans une tasse.

Ce café-là n’a pas le même goût que les autres. On peut même en boire le marc si on a le coeur solide. Je préfère le laisser dans le fond, tourner la tasse pour en imprégner les parois et la renverser sur sa soucoupe.

Quelques minutes plus tard, je la redresse à l’endroit et contemple les reliefs. Sans avoir appris à lire dans le marc de café, j’interprète les formes à mon idée. Certaines sont précises au point de m’inspirer des dessins. Mon métier, c’est de dessiner. Je le case entre deux corvées, comme tous les gens qui travaillent à domicile.

J’illustre des livres écrits par d’autres que moi, pour une collection d’albums “destinés à la jeunesse”. Le dernier en date porte un titre affriolant : “Pastor et les Martiens”.

- Pastor ? s’était esclaffé Henri, quelle andouille peut bien affubler un héros d’un nom pareil ?

- Une gourde qui vend des milliers d’albums.

- Tu ferais mieux d’en écrire toi-même, des contes, ca te ferait double salaire, et ça nous aiderait bien.

- Ecrire ? ! Je ne réussis déjà pas à rendre mes dessins dans les temps !

- Eh bien, laisse tomber ! Je travaillerai pour deux, s’énerve Henri, pour couper court à toute discussion.

Le genre de discussion stérile qui commence par :

- Ah, parce que tu crois que je n’ai rien à faire ? Tiens, par exemple, j’ai un avis de passage du facteur, quand est-ce que je vais trouver un moment pour aller faire la queue à la poste ? En plus c’est une lettre pour toi ! Pourquoi t’y vas pas ?

- Oh, ne commence pas !

Et me voilà qui démarre :

- Tu ne te rends pas compte : les mômes, les courses, la vaisselle, la lessive, le repassage, la bouffe, et en plus il faut que je ponde des beaux dessins pour des livres écrits par des abrutis !

- Ca fait des années que je te le dis : écris-les toi-même, les bouquins, si c’est des abrutis ! Personne ne t’en empêche ! Tu m’énerves à la fin !

- Ah oui, tiens, comme s’il me restait une minute pour écrire, en plus !

- Bon, soupire Henri, horripilé, rends-moi le papier de la poste, j’irai samedi matin, quand il y aura la queue jusqu’à Orly.

- Non, laisse, je vais le faire.

- Faudrait savoir.

- Oui ben, ce que je veux c’est que tu comprennes que je ne me tourne pas les pouces devant la télé toute la journée.

- Tu veux qu’on échange ? éructe Henri, tu veux te taper une heure et demi de transport dans les embouteillages, te coltiner des réunions de cinq heures, des coups de téléphone en chaîne, des paperasses à lire et des dossiers à rédiger ? Des déjeuners d’affaires indigestes ? Deux heures de bordel le soir pour rentrer ?

Et c’est parti, ça peut durer des heures, pour n’aboutir à rien. Le tonneau des Danaïdes.

Alors, on s’ arrête à temps ; Henri s’en va après un baiser et mes habituelles recommandations : “T’as pris ton téléphone ? Ton badge ? T’as des sous ? Tu m’appelles ? Tu rentres tôt ? Fais pas de bêtises ! (sous - entendu : ne te fais pas écraser, ne zigzague pas sur le périf’ et surtout pas dans Paris, ne bois pas trop, ne fume pas, prends une pause pour déjeuner, ne laisse personne t’humilier, pense que tout le monde est ridicule en caleçon, que même les patrons vont au cabinet, ne te fatigue pas”).

(A suivre...)

09:30 Écrit par Hélène Merrick dans Livre | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : feuilleton, famille, fantastique, humour

05/01/2010

Une épatante aventure de Jules

Merci à ceux qui viennent gentiment lire mes petites notes, j'entre un peu à pas de chat dans la communication internet !

 

Si vous aimez la bande dessinée, je vous conseille les albums d'Emile Bravo, regroupés sous le titre  "Une épatante aventure de Jules". Les volumes existant sont :

• L'Imparfait du Futur

• Le Réplique inattendue

• Presque enterrés !

• Un départ précipité

• La Question du père

 

Emile Bravo a écrit et dessiné une des aventures de Spirou et Fantasio parue dans le journal Spirou. On y découvrait la jeunesse du petit groom, son  premier emploi dans un hôtel, c'était très fûté, avec un graphisme rond et clair, digne de Franquin et Hergé.

Jules est un petit garçon affublé d'une famille hilarante pour le lecteur, pénible pour lui : un père ignare et pète-sec qui veut lui apprendre à "être un homme" et fait tout de travers à la manière du Pierre Richard de La Chèvre ; Jules a un petit frère qui le hait et ne cherche qu'à l'écrabouiller. La représentation de ces deux-là sont à pleurer de rire. La mère est stoïque et jamais dupe. Quant à Jules, il vit au fil des albums des aventures extraordinaires qui lui font rencontrer des extra-terrestres et voyager dans le temps. Le côté science-fiction s'intègre harmonieusement dans la vie courante et tous les problèmes rencontrés par la croissance physique et intellectuelle. Il n'existe pas vraiment de mots justes pour décrire le plaisir que l'on prend à lire ces albums. Ils s'adressent à toutes les tranches d'âge et je serais heureuse de vous l'avoir fait découvrir.

(Paru chez Dargaud)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

20/11/2017

Le Journal de Cuir Chapitre 10 (3 ème partie)

LE JOURNAL DE CUIR

- 10 - (3 ème partie)

 

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(A suivre !)

(Sous les acclamations générales (2 commentaires hier) je continue. La raison me dicterait d'arrêter là et de proposer le manuscrit à un éditeur, mais , tenez-vous bien : je l 'envoie par exemple à dix maisons d'édition, déjà ça coûte bonbon de transport, au bout de six mois, une seule répondra éventuellement que "Malgré ses qualités certaines, ce roman n'entre pas dans notre ligne éditoriale". Les neuf autres auront enterré le manuscrit sous leur tabouret de piano, leur fauteuil de bureau ou allumé leur poêle, ou jeté à la poubelle sans le lire, ou utilisé pour la petite cabane au fond du jardin, comme dit le Guignol de Cabrel.

Dans ces conditions aussi frustrantes qu'humiliantes que tout ce que vous voulez,( dégueu quoi), je préfère avoir une dizaine de lecteurs (ou plus ou moins) sur Blog50, à qui ça fait plaisir. Bises chaleureuses à tous)

 

Le Journal de Cuir Chapitre 14

 

Clooney Hors d'atteinte.jpg

Pour la petite coquine qui préfère George Clooney à Clark Gable, voici un beau portrait (et pas de tasse de café) !

 

LE JOURNAL DE CUIR

- 14 - "Junior"

Sous ma fenêtre s’étendait une piscine bleu turquoise entourée de gazon. Assis au bord, un tout petit garçon trempait ses menottes dans l’eau.

Il glissa le long de l’échelle et s’adossa au bassin. Qui était cet angelot égaré ? Allait-il se jeter dans les flots javellisés pour fuir ce monde cruel ? Des parents indignes ?

Au même instant, le mioche plongea la tête en avant et exécuta un crawl de compétition suivi d’une brasse papillon et d’un dos crawlé.

- Quel petit péteux…

 

C’est mon fils ! rugit quelqu’un derrière moi.

 

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Lopez-Clooney.jpg

 

- Le petit nageur, c’est ton fils, tu dis ?

- « Le petit péteux » ? Oui, c’est le mien, comme tu le vois, une perfection ! Il énerve le monde ! Mais il ne va pas rester ici, son père va venir le récupérer bientôt.

 

 

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Clooney Pfeiffer fâchés .jpg
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- Tu me fais de la peine, Elisabeth, murmura Albert

- De la peine ? Et moi, comment tu me traites, depuis le début ?

Rillette me prit par les épaules :

- Viens, sortons dans le parc, inutile de croupir ici.

Elle me poussa dehors. Juste à temps pour m’empêcher de planter un javelot dans la tête de Monsieur Delavigne.

- J’emporte une bonne bouteille, dit Rillette, on en a besoin.

J’en ai eu besoin, en effet.

Clooney prison.jpg(A SUIVRE !)

 

Photos :

George Clooney et Jennifer Lopez dans Hor d'at

 

 

 
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