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10/02/2010

feuilleton Chapitre 4

Pour Josiane, qui me fait la joie d'être impatiente, voici un petit bout de la suite avant demain !

 

Les Cellules Etoilées

Chapitre 4

Un autre matin bien tranquille

- Liliane ! Je ne trouve pas mes lunettes !

- Grmmbblbbll ...

- Je vais être en retard, tu m’aides ?

- Oui oui ...

Je n’ai pas encore émergé de mon dernier rêve. Malgré les efforts de Benito : mon fils chéri, motivé par le récit d’éventuelles horreurs, a disposé près de mon bol du matin un bloc de papier et un stylo.

- Qu’est ce que c’est ? bafouillé-je en m’asseyant devant mon thé.

- Papa a dit que tu écrives tes cauchemars, comme ça tu seras plus gaie le matin.

- Quel cauchemar elle a fait, Manman ? demande Colette.

- Boff, dit la maman, j’étais estourbie après avoir été piquée par trois cents rouets avec des gueules béantes d’alien, après quoi, Henri VIII est venu me réveiller et m’a coupé la tête.

- Ouin ! hurle Colette, épouvantée, c’est pas vrai ! Sniff, brouff, hin hin, ouah, ouin !

- Qu’est-ce qui se passe ici ? intervient Henri, un gros cartable à la main,

prêt à partir.

- Manman dit que tu lui as coupé la tête ! glapit Colette.

- Dis donc Liliane, il n’ est pas un peu tôt pour traumatiser ta fille ? Viens là mon poussin, ta maman plaisante, personne ne lui coupe la tête.

- Je suis en retard, dit Benito, M’an, tu m’emmènes, ou j’y vais à vélo ?

- Attends un peu, il faut que je dépose ta soeur aussi.

- Nan ! crie Colette, Manman méchante ! Papa coupe pas les têtes !

- Benito, je t’accompagne ! Henri, voilà tes lunettes, c’est toi qui conduis ta fille à l’école, ne discute pas !

- Mais, que ...

- Discute pas, s’te plait ! Explique à ta fille que tu n’es pas Henri VIII !

- Méchante, méchante Manman ! trépigue Colette, Papa coupe-lui la tête !

- Dis donc, elle tient de toi, celle-là, hein ? ronchonne Henri, toutes folles ces bonnes femmes.

- Je suis pas folle ! Je suis pas “celle-là” ! braille Colette, je veux pas aller à l’école !

Benito enfile son blouson en jean décoré d’un dragon ; il installe ses bras sous les sangles de son sac à dos piqué de plusieurs badges virulents -Halte à la pollution ! A bas le racisme ! Touche pas à mon air ! A bas les armes ! -, vérifie si ses lacets de baskets ne trainent pas trop par terre, empoche ses clés et ses pièces de monnaie.

- C’est pas loin, M’an, je suis grand maintenant, tu n’as pas besoin de venir avec moi.

Malgré ses fanfaronnades, ce n’est encore qu’un enfant, une proie pour les psychopathes et les kidnappeurs. Je me dépêche d’enfiler mon imperméable, mes mocassins échoués près de la porte d’entrée.

- Attache ta ceinture.

- Raconte M’an, c’était quoi ton rêve ? s’excite Benito, y avait du sang qui te giclait de la tête ? Et de la cervelle ?

(A suivre!)

09/02/2010

Les Cellules Etoilées

Merci aux curieux qui viennent sur ce modeste blog ! Je vous propose un roman sous forme de feuilleton. Aujourd'hui les deux premiers chapitres, demain la suite. Je serais curieuse d'avoir vos réactions un de ces jours. Merci et amusez-vous !

1 - Premier contact

Je dormais. D’un sommeil ordinaire, dont on oublie les rêves.

Les pas m’ont réveillée. Ils ont marché sur mes jambes, sont remontés sur mes cuisses, ont piétiné mon ventre. Sans lourdeur, sans légèreté. Des pas, rien que des pas. Ils pesaient moins lourd que ceux des pattes d’un chien ou d’un chat. Ils étaient plus aigus, plus précis. Ils n’hésitaient pas. Ils m’ont éveillée à la seconde.

Me surplomblant, les pieds sur mon estomac, les mains sur mon thorax, il y avait un être, de la hauteur d’un singe moyen, ou d’un bébé d’un an environ. L’ensemble avait une couleur foncée, ni noire, ni anthracite. Il avait des petites jambes, des pieds bien ancrés sur moi, des mains au bout de membres assez fins. Tous ces détails, je n’ai pu les reconstituer qu’après. Ce que j’ai vu et n’oublierai jamais, c’est son regard. Curieux, sans méchanceté, sans gentillesse, seulement intrigué. Légèrement amusé, et surpris peut-être. Un regard intéressé.

Je n’ai pas bougé. Je l’ai regardé et lui ai dit : “Va-t-en”.

J’ai fermé les yeux. Quand je les ai rouverts, il avait disparu.

2 - Une journée presque comme les autres

Un matin, au petit-déjeuner : autour de la table, Henri, mon mari, lit son journal et boit distraitement un café. Benito, mon fils, avale son bol de céréales avant de filer à l’école ; il a sept ans. Ma fille Colette, trois ans, babille en tapant avec une cuillère sur sa bouillie de Floraline.

Nous venons d’emménager dans une petite maison de Fresnes, banlieue de Paris, après avoir vécu longtemps dans le 12è arrondissement.

Henri replie son journal, se lève et me jette un coup d’oeil :

- Tu as mal dormi, on dirait ?

- J’ai fait des cauchemars.

- Garde-les pour toi, soupire Henri, il n’y a rien de plus barbant que les rêves des autres.

Je le pense aussi, mais Benito insiste, il veut des détails.

- C’est drôlement bien, M’an, on dirait des films d’horreur.

- Tu manges trop le soir, reproche Henri, je t’ai dit mille fois qu’une soupe suffisait, et hop, tout le monde au lit.

- C’est de ma faute, pleurniche Colette. J’oblige Maman à me lire des contes.

Henri me jette un regard noir :

- Des contes d’Edgar Poe, je parie ?

- Crois-moi, j’aimerais mieux ne rien lui raconter du tout !

Colette fond en larmes, Benito se moque de nous, Henri nous embrasse.

La routine.

- Amuse-toi bien, ma chérie.

Henri sifflote. Ce n’est pas le cas tous les jours. Quelquefois, il part travailler avec le poids du monde sur les épaules, il me jette des regards déchirants en ouvrant la porte, plus déchirants encore en démarrant sa moto.

Jusqu’à onze heures, je me suis follement amusée, j’ai déballé, rangé, nettoyé, lavé. Le quotidien.

Pas de diablotin à l’horizon.

Le coup de pompe de onze heures me propulse dans la cuisine. Un petit café grec pour me revigorer. La recette : une tasse d’eau, une cuillère de café grec ou turc très finement moulu, une pincée de canelle et un peu de sucre. On mélange le tout dans une minuscule casserole étroite à bords hauts et on attend qu’il bout. Une mousse se forme, et pour plus de goût, on fait monter les bouillons trois fois de suite. Il ne reste plus qu’à verser dans une tasse.

Ce café-là n’a pas le même goût que les autres. On peut même en boire le marc si on a le coeur solide. Je préfère le laisser dans le fond, tourner la tasse pour en imprégner les parois et la renverser sur sa soucoupe.

Quelques minutes plus tard, je la redresse à l’endroit et contemple les reliefs. Sans avoir appris à lire dans le marc de café, j’interprète les formes à mon idée. Certaines sont précises au point de m’inspirer des dessins. Mon métier, c’est de dessiner. Je le case entre deux corvées, comme tous les gens qui travaillent à domicile.

J’illustre des livres écrits par d’autres que moi, pour une collection d’albums “destinés à la jeunesse”. Le dernier en date porte un titre affriolant : “Pastor et les Martiens”.

- Pastor ? s’était esclaffé Henri, quelle andouille peut bien affubler un héros d’un nom pareil ?

- Une gourde qui vend des milliers d’albums.

- Tu ferais mieux d’en écrire toi-même, des contes, ca te ferait double salaire, et ça nous aiderait bien.

- Ecrire ? ! Je ne réussis déjà pas à rendre mes dessins dans les temps !

- Eh bien, laisse tomber ! Je travaillerai pour deux, s’énerve Henri, pour couper court à toute discussion.

Le genre de discussion stérile qui commence par :

- Ah, parce que tu crois que je n’ai rien à faire ? Tiens, par exemple, j’ai un avis de passage du facteur, quand est-ce que je vais trouver un moment pour aller faire la queue à la poste ? En plus c’est une lettre pour toi ! Pourquoi t’y vas pas ?

- Oh, ne commence pas !

Et me voilà qui démarre :

- Tu ne te rends pas compte : les mômes, les courses, la vaisselle, la lessive, le repassage, la bouffe, et en plus il faut que je ponde des beaux dessins pour des livres écrits par des abrutis !

- Ca fait des années que je te le dis : écris-les toi-même, les bouquins, si c’est des abrutis ! Personne ne t’en empêche ! Tu m’énerves à la fin !

- Ah oui, tiens, comme s’il me restait une minute pour écrire, en plus !

- Bon, soupire Henri, horripilé, rends-moi le papier de la poste, j’irai samedi matin, quand il y aura la queue jusqu’à Orly.

- Non, laisse, je vais le faire.

- Faudrait savoir.

- Oui ben, ce que je veux c’est que tu comprennes que je ne me tourne pas les pouces devant la télé toute la journée.

- Tu veux qu’on échange ? éructe Henri, tu veux te taper une heure et demi de transport dans les embouteillages, te coltiner des réunions de cinq heures, des coups de téléphone en chaîne, des paperasses à lire et des dossiers à rédiger ? Des déjeuners d’affaires indigestes ? Deux heures de bordel le soir pour rentrer ?

Et c’est parti, ça peut durer des heures, pour n’aboutir à rien. Le tonneau des Danaïdes.

Alors, on s’ arrête à temps ; Henri s’en va après un baiser et mes habituelles recommandations : “T’as pris ton téléphone ? Ton badge ? T’as des sous ? Tu m’appelles ? Tu rentres tôt ? Fais pas de bêtises ! (sous - entendu : ne te fais pas écraser, ne zigzague pas sur le périf’ et surtout pas dans Paris, ne bois pas trop, ne fume pas, prends une pause pour déjeuner, ne laisse personne t’humilier, pense que tout le monde est ridicule en caleçon, que même les patrons vont au cabinet, ne te fatigue pas”).

(A suivre...)

09:30 Écrit par Hélène Merrick dans Livre | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : feuilleton, famille, fantastique, humour

04/01/2010

Tetro

Si vous avez aimé les films de Francis Ford Coppola : Le Parrain (1, 2 et 3), Dracula, Apolcalypse now, Coup de Coeur ..., vous pourrez retrouver son style à la fois intimiste et lyrique, somptueusement grandiloquent dans :

Tetro, une comédie dramatique avec Vincent Gallo, Alden Ehrenreich, Marivel Verdu, Klaus Maria Btandauer (sorti le 23 décembre)

Un jeune marin revient à Buenos Aires retrouver son frère et la chaleur d'une famille. Ce qu'il découvre va fortement le secouer et changer le cours de sa vie.

C'est dans un splendide Noir et Blanc que se déroule cette belle histoire, ponctuée de flashback en couleurs flamboyantes, avec le non moins spectaculaire K.M. Brandauer. Le jeune héros est interprété par le prometteur Alden Ehrenreich, presque clone, physiquement, de Leonardo DiCaprio jeune. Débutant par petites touches, le film se développe en éventail sur fond d'opéra. Il y a des moments de grande exaltation et des plages de calme, de l'humour et de l'émotion. C'est très beau et touchant. Je lui donne 3 à 4 étoiles !

A bientôt pour parler de livres, de musique et de la vie quotidienne.

 

18:29 Écrit par Hélène Merrick dans Film | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : dépaysement, nostalgie, famille, amour

 
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