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18/07/2010

Aïe ! Hallux Valgus

 

Pied de nez

Il n’y a pas que les tiroirs, les bureaux ou les chambres qui soient mal rangés, il y a aussi ces petits sournois d’os ! Comme les glaciers, ils se déplacent tout doucement dans les colonnes vertébrales, les mains ou les pieds. Depuis huit à dix ans, un de ces petits canailloux a pris ses aises dans le pied gauche et le pied droit, jusqu’à former un pic ridicule et encombrant qui pointe dans le cuir des chaussures. Ces petites flèches hypocrites finissent non seulement par déformer les godasses les plus résistantes, mais surtout par faire un mal de chien, de mammouth même en quantité de douleur !

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A peine rentrée d’une semaine de folies familiales et thermodynamiques, direction après le 14 juillet vers un service chirurgical orthopédique, rien que ça.

Dans les articles, on hurle à l’horreur, faut pas toucher à l’Hallux Valgus (ça s’appelle comme ça l’envahisseur), c’est horrible après pendant des mois, gnagnagna. En réalité, j’ai vu arriver dans la même chambre une dame toute pimpante, un pansement sur son pied gauche, opérée huit jours plus tôt, surexcitée d’allégresse à l’idée de se faire charcuter le pied droit. Déjà ça rassure. Elle est passée la première et après une heure d’absence environ, elle est revenue quasiment en dansant la gigue, le visage fendu d’un sourire ravi, une deuxième pansement sur son second pied évidemment.

Me voyant inquiète et plutôt abattue (arrivée à 7 h, l’hosto pas encore ouvert, admission, installation, pas d’eau, pas de petit déjeuner, attente, attente, attente….), elle s’informe : « C’est pour un hallux vous aussi ? »

Moi : oui…

Elle : ne vous en faites pas, avec le docteur Gr.. ça se passe bien.

Moi : c’est long, je ne sais pas à quelle heure je vais passer

Elle : oh, impossible à dire il y a au moins neuf opérations aujourd’hui et déjà plusieurs sont montés en anesthésie.

C’est atroce, j’imagine neuf brancards, chacun exhibant un pied en hauteur, badigeonné de bétadine et piqué à la chaîne pour l’anesthésie.

 

M. Leeb.jpg

A seize heures (eh oui, j’étais la dernière et j’avais déjà mijoté vingt fois des projets d’évasion) on m’emballe dans un second brancard, enroulée dans une couverture, hop on me cogne plusieurs fois dans les portes et les ascenseurs « excusez-moi, je n’ai pas l’habitude, y a pas beaucoup de place », dit l’infirmière, une jeune qui ressemble à la nouille dans le feuilleton Nurse Jacky.

 

Là-haut, privée de mes lunettes, je vois passer des mecs en blouse bleue, des masques sur le bas du visage et des lunettes de plongée sur les yeux. Comme je ne me rappelle pas la tête du Dr G que j’ai vu il y a près d’un an, j’essaie désespérément de reconnaître quelqu’un, est-ce ici un infirmier, un chirurgien, le mien, un passeur de scalpel, un scieur ? (du verbe scier, pas « faire scier ») ; l’anesthésiste me dit « c’est moi, on s’est vues la semaine dernière », j’admets, vu qu’elle est des yeux frangés de beaux et épais cils noirs naturels (ça existe) et un accent espagnol.

Ca se précipite, elle m’inflige des piqûres monstrueuses dans la jambe et le pied, un trou dans la main pour y coller Dieu sait quoi, une perfusion peut-être, à ce stade-là, je suis comme une dinde prête à passer au four.

Après, sans m’avoir dit « Bonjour Mme Truc, je suis le Dr G, je vais vous opérer », on me flanque sur le table d’opération, on me plaque un masque à oxygène sur le nez (j’essaie d’aspirer au maximum pour voir si vraiment on décolle dans les nuages avec ça, mais pas du tout, très déçue !) et on tend devant moi un rideau en plastique bleu pour m’empêcher de voir le charcutage. J’aurais bien aimé voir comment ils ont procédé !

catcheurs.jpg

 

 

J’entends un bruit de scie, plusieurs fois, ce doit être l’os indésirable qui se rabote, bon, un de moins. J’entends la voix du Dr Gr.. qui râle « Ne bougez pas ! » Moi : « Je bouge pas ! » « Mais si ! » dit-il excédé. Je décide illico qu’il ne m’opérera pas l’autre pied, na !

Après c’est très rapide. Au plafond, comme il

y a encore un peu de lumière provenant de la fenêtre, j’aperçois en flou un des chirurgiens qui m’emballe le pied dans un bandage. C’est déjà fini, à peine une demi-heure.

Du coup, ne voyant pas ce qui se passe sous ce pansement, je ne sais pas si le Dr G m’a bien mis une ou des agrafes comme prévu pour tenir le pouce droit  pas penché sur les autres orteils. Ceux qui ont le même problème voient très bien ce que je veux dire !

Retour à la chambre. Il faut attendre trois à quatre heures pour que « le pied se réveille » ! Je n’en peux plus de cette attente. En plus j’ai emporté un livre stupide en partant, et n’ai pas pu m’évader dans la lecture.

J’ai faim, j’ai soif. On m’apporte du thé avec des biscottes, sympa.

Mon mari traîne dans le quartier et les couloirs depuis des heures. Il est de plus en plus défait. On dirait que je viens d’accoucher de quintuplés. C’est moi qui le rassure : je n’ai pas mal du tout.

Le Dr arrive pour voir ses deux patientes. L’autre dame est très enjouée. Moi, comme je ne le reconnais pas je crois que c’est son anesthésiste. Un vraie gourde. Il vient vers moi, me dit « alors ça va ? Vous étiez drôlement tendue là-haut ! » Moi : « Ah vous étiez là (mais quelle andouille !) » « Ben oui », qu’il dit ; moi : « Excusez-moi je suis tellement myope que j’étais incapable de vous reconnaître tous sous vos masques »

Il s’en va, c’est un petit brun aimable, pas du tout le type hyper compétent et cassant de la salle d’opération ; du coup, je reviendrai forcément !

Ca me fait penser aux biscuits Thé Brun que j’aimais bien autrefois. Maman les empilait après les avoir trempés dans du lait, en alternant avec des couches de crème ou de lait concentré, je ne sais plus, ça faisait un gâteau du tonnerre !

Trois plombes plus tard, enfin, taxi, retour maison.

Trois jours plus tard, tout va bien, pas de douleur abominable, je peux poser le pied par terre, avec une grosse chaussure postopératoire qui resservira pour le deuxième pied dans quelques semaines.

Ni St Phalle.jpg

 

 

En principe on se fait opérer les deux pieds à huit jours d’intervalle, mais comme avec moi, y a toujours des gags, le Dr s’était trompé dans les dates sur son ordinateur, il a fallu décaler tous les rendez-vous, bof.

On prend des anti-douleurs et anti-inflammatoires durant huit jours, ça passe bien, sauf, dans certains cas, le paracétamol effervescent à la codéine. Si on prend de la codéine, faut pas boire de café, ça fait vomir !

Si vous souffrez de cet imbécile d’Hallux Valgus, n’hésitez pas, cette opération, malgré mes descriptions apocalyptiques, est au point, il faut juste trouver le bon orthopédiste. Après quelques semaines, six mois au plus, j’espère reprendre les randonnées sans avoir mal, et même remettre des escarpins, pourquoi pas ?!

Prochaine étape dans l’opération Frankenstein : pose de couronnes sur implants. Beurk ? Je peux éviter suivant les plaintes !!!

Photos :

• Eléphant (pas trouvé de mammouth!)

• Michel Leeb dans ses oeuvres (Il m'a toujours fait rire)

• Catcheurs en extase

• Les "Nanas" de Nikki de Saint Phalle (Une expo en ce moment au Château de Malbrouk)

 

 

 

 

15:04 Écrit par Hélène Merrick dans Santé | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : pied, chaussure, opération, que du bon

 
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