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24/03/2010

David Boreanaz, d'Angel à Bones

Un nouveau feuilleton (policier) intéresserait-il mes amis blogueurs ?

Si oui, je commence demain!

En attendant, je vous fais partager une entrevue qui a été importante pour moi.

Je ne peux pas l'illustrer avec des photos de films ou de l'acteur en question, car elles sont impossibles à capturer sur les sites de ciném. Elles doivent être  protégées par des droits d'auteur.

J'ai cependant une photo qui n'appartient qu'à moi, prise juste avant l'interview avec mon appareil.

Voilà le beau David Boreanaz, et ma bobine il y a huit ans !


david et moi.jpg

 

 

Nous étions dans une suite de l'Hôtel Normandie à Deauville, durant le Festival du Film Américain

Les films évoqués et les séries existent en DVD :

(• Buffy contre les vampires

• Angel

• Mortelle Saint Valentin

• Autour de Lucy)

 

Deauville, Hôtel Normandie

Festival du Film Américain 2002

Dans "Autour de Lucy", une comédie de Jon Sherman avec Monica Potter, David Boreanaz délaissait un instant le sombre personnage d’Angel (« Buffy contre les Vampires », « Angel ») pour endosser le rôle d’un fringant orthopédiste, un petit rôle où il laisse libre cours à ses dons comiques.

(Depuis, David Boreanaz est devenu la star de la série policière "Bones", qui triomphe partout dans le monde)

Autour de l’Hôtel Normandie, une foule dense et silencieuse patiente, anxieuse de voir passer des stars.

Une cour, longue à traverser sous tous ces regards, sépare de la porte d’entrée la barrière contenant les curieux. J’hésite une seconde, comme si je m’attendais à voir les vigiles me réclamer mon badge ou ma carte de presse. Comment savent-ils d’emblée que je ne suis pas une fan furieuse, mais une malheureuse journaliste de cinéma en mission ?

Je monte à la suite où doit se tenir l’interview avec “Angel”.

Laura, l’attachée de presse, me connaît depuis des années. Elle sourit en voyant ma broche, un petit ange doré, sur mon pull rose. Comme souvent, une table a été préparée pour les damnés de la plume comme moi, avec des viennoiseries, des jus de fruits, des boissons chaudes. C’est un luxe, que peu d’interviews nous réservent.

Laura me fait attendre quelques instants. Une porte entrebaillée sépare le salon de la chambre où David Boreanaz reçoit le monde.

La porte s’ouvre, et il sort.

Grand baraqué, le regard franc et direct, directement plongé dans mes yeux, puisque je suis la première personne qu’il aperçoit. Il regarde, il jauge. Il y a tant de femmes et de fans qui le sollicitent et probablement le harcèlent. Je me dis que je dois avoir le même regard qu’elles, éperdu et désespéré. De ne pas le connaître de près, de ne pas appartenir à son monde. Pour tous ceux qui m’ont plu et subjuguée, il ne s’agit pas de “coucher” avec la vedette, mais de la cotoyer, de la fréquenter, comme on fréquente ses proches, ses amis, ses amants si l’on en a, ses ex...

David Boreanaz avance franchement, d’un pas décidé, c’est un homme qui aime vivre, je le vois tout de suite, vif, plein, il occupe l’espace, il est à l’aise. Peut-être y a-t-il en lui une timidité et une crainte, mais elles sont bien cachées. Il me plaît, il m’intimide. En réalité, je suis épouvantée.

Il dit bonjour avec une poignée de main souple et ferme et je le suis dans la chambre. Modestement, j’ai réclamé une demi-heure d’entretien. Comme il n’est pas connu en France, excepté des fans de Buffy et Angel, j’aurais obtenu sûrement une heure. Ou même un déjeuner. J’ai eu peur. Curieusement, à mesure que les années ont passé, j’ai perdu de mon aplomb. De mon culot, de mon inconscience, de ma naïveté probablement.

J’ai apporté mon appareil photo, un auto-focus Minolta, acheté il y a vingt ans avec ma carte de crédit des Galeries Lafayettes. Un des premiers auto-focus ; il fait de belles photos, il est lourd. Je demande à Laura de nous prendre en photo tous les deux, en précisant à David que c’est “juste pour moi”. Il est d’accord, aucun problème, on se met l’un à côté de l’autre. Sur la photo on croirait qu’on est enlacé, mais je ne l’ai pas touché, pas même d’un centimètre, je ne me le serai pas permis. Je ne suis pas de ces fans qui hurlent et arrachent des morceaux de chemise à leurs “idoles”. Il n’est pas une “idole” pour moi, d’ailleurs. Cette notion est stupide en ce qui me concerne. Envers ces gens-là, ceux dont on tombe éperdument en amour sans espoir de retour, on n’éprouve pas un amour charnel, mais un sentiment particulier, fait de contemplation extrême et de désespoir, un désespoir qui ressemble à celui d’une rupture avec quelqu’un qu’on a aimé par-dessus tout. C’est comme ça, il faudrait inventer un nouveau verbe, de nouveaux qualificatifs, de nouveaux noms pour ce phénomène.

David parle avec quelqu’un, d’une pièce à l’autre, toujours collé à un millimètre de moi. Laura et moi attendons qu’il se taise, je suis si pétrifiée que je ne sais pas du tout de quoi il parlait avec cette personne, probablement son agent ou son attaché de presse américain de son emploi du temps. Il se pose et Laura prend la photo.

On s’assied l’un à côté de l’autre pas tout à fait en face, lui à ma droite, entre nous devant moi une petite table sur laquelle je pose mon magnétophone, un petit appareil qui en vu d’autres depuis tant d’années d’entretiens.

David a l’air doux et patient. Un peu fatigué, je crois qu’il étouffe un baillement. Il est déjà midi, et ses interviews ont débuté vers 9 h. J’étais prévue pour 10 h, mais Laura a repoussé le rendez-vous.

A l’Hôtel Flaubert de Trouville, au lieu de potasser sa filmographie et sa vie d’avant Angel, j’ai perdu mon temps à me pomponner comme si j’allais à un gala. Quelque soit l'âge qu'on a, on reste ce qu'on était au début, moi : une timide contrariée, une gamine poussée de force dans la fosse aux lions !

“Angel” porte une chemise anthracite, avec des coutures ton sur ton sur la poitrine, un jean, j’oublie de regarder ses chaussures. Je ne vois que ses yeux, son visage et ses lèvres maintes fois détaillées sur le petit écran. Dans l’empreinte de l’ange, il y a une gouttelette qu’il essuiera avec son pouce. Ses cheveux sont coiffés avec du gel, en l’air comme dans Angel, mais moins haut. Ils paraissent moins denses qu’à l’écran, mais ils sont bien plantés, assez bas, sans risque imminent de calvitie. Je l’ai devant moi en vrai, ce front particulier, ce regard sombre et affable, la ligne ondulée de sa lèvre inférieure reproduite maniaquement sur un petit buste d’Angel que m’a offert Henri.

Les mains de David sont grandes et régulières, avec des doigts magnifiques, longs, larges et droits. Un homme, un vrai. Touchant et séduisant. Le genre pour qui on se damne. Mais il n’est pas pour tout le monde, il n’est pas pour moi, il est loin de ma vie. Je ne suis qu’une petite journaliste française, pas trop moche, pas trop vieille, timide et presque bredouillante, qu’il oubliera comme il a oublié son premier biberon.

J’ai préparé des questions désordonnées. Elles ne tiennent pas ensemble, elles sautent du coq à l’âne, exactement ce qu’il ne faut pas faire pour réussir une interview et pour ressentir la satisfaction du bon travail accompli. C’est le minimum quand on quitte un artiste. On est si frustré qu’il faut au moins avoir procédé au pire à une bonne séance de questions réponses, au mieux à une véritable conversation.

Rencontre avec David Boreanaz, « Autour de Lucy » et autres histoires :

Moi : Prenez votre temps, vous devez être fatigué!

Lui : Non, je ne suis pas fatigué, c’est juste que je voyage beaucoup, c’est un si long voyage pour venir ici et il y a le décalage horaire

Moi : De Los Angeles ?

Lui : Oui, ça fait 8 à 9 h de décalage, alors...

Moi : Dans « Autour de Lucy » comme dans « Mortelle Saint Valentin », votre personnage apparait tous les quarts d’heure et disparait, comment expliquez-vous ça?

Lui : Ah ah ah ah , oui, dans Lucy c’est le genre de film où un homme apparait, un autre ensuite, et dans Mortelle Saint Valentin, je portais un masque, et en plus ce n’était même pas moi, ah ah !

Moi : Vous aviez une doublure?

Lui : Oui une doublure, alors, ça se trouvait comme ça

Moi : Peut-être étiez-vous en train de tourner Angel en même temps?

Lui :Exactement, et c’était difficile, voilà pourquoi, oui

Moi : Quand allez-vous jouer le personnage principal d’un film?

Lui : Bientôt, oui, ça se précise, je voudrais faire quelque chose que je n’ai pas encore fait, il faut que ce soit bien, que ça me plaise, que tout concorde et le fait de tourner de petites choses m’amène à ça, je m’y prépare.

Moi : Allez-vous tourner le prochain Batman, ou était-ce juste une rumeur?

Lui : Non, je ne crois pas . La rumeur a débuté il y a un moment, je sais qu’on y travaille, pour les nouvelles générations, mais je ne sais pas ce qu’il en est.

Moi : Cela ne vous intéresse pas?

Lui : Et bien, vous savez, je ne dirais pas que je suis ou pas intéressé, je suis entre les deux, encore une fois, si quelque chose me convient, je le ferai.

Moi : Comme nous n’avons pas beaucoup de temps, je voudrais vous demander ce qui a fait de vous l’homme que vous êtes?

Lui : Sans hésitation, mon père a eu une grande influence sur moi, il m’a toujours soutenu, il était ouvert à tout ce que je voulais explorer et expérimenter, il a toujours été là pour moi, mes parents ont construit l’homme que je suis devenu, ils m’ont laissé vivre mon enfance librement, ils m’ont dit : nous sommes responsables de toi, vis tes rêves,

Moi : Vous êtes originaire de Buffalo?

Lui : Oui, Buffalo

Moi : D’où vient votre nom de famille, Boreanaz (je dis Borinaz, à tout hasard)

Lui : Boreanaz (Bori-anaz), c’est un nom italien, difficile à prononcer !

Moi : Pour les Français, ce n’est pas compliqué

Lui : Oui, eh eh eh eh !

Moi : Qu’est-ce qui vous fait rire en général, qu’est-ce qui vous a fait rire avant, et aujourd’hui?

Lui : Les gens, j’aime les gens, j’aime être avec eux, j’aime leurs sourires, j’aime tout d’eux, aussi puis-je être facilement amusé, il y a toujours matière à rire

Moi : Vous avez bon caractère!

Lui : Oui, exactement

Moi : Etait-ce une idée à vous, dans l’épisode « She », d’Angel, de danser de façon rigolote?

Lui : Oh, oui, c’est moi, ça, je danse comme un fou, et à la fin d’épisode, je continue à danser, c’était drôle de tourner cet épisode, je voulais danser, ce n’était pas prévu, mais c’est comme ça que je suis dans la vie, tout le temps en train de faire l’idiot.

Moi : Et au karaoke, vous chantez faux, est-ce votre façon de chanter, ou vous êtes-vous forcé?

Lui : Eh bien, Je ne chante pas très bien, mais moi je crois que je chante bien, ha ha, ah ah, oui, je chantais faux, on m’a demandé de le faire, mais ce n’est pas si facile de chanter faux, mais quand même je sais chanter, sûr, hi hi

Moi : Dans « Autour de Lucy », il y a un passage amusant, quand vous parlez de votre chemise Armani

Lui : Il y avait trois chemises, j’en ai changé trois fois, à cause du vin renversé dessus, à la fin de la journée il y avait du vin partout, c’était dingue, mais ça valait la peine

Moi : Dans Angel, votre personnage lit « La Nausée », de Jean-Paul Sartre, l’avez-vous lu réellement?

Lui : Oui, je crois que je l’ai lu, ah ah !

Moi : Comme beaucoup d’adolescents ! Que lisez-vous sinon ?

Lui : J’aime les biographies, les poésies, T.S. Eliot, Edgar Allan Poe, j’aime lire des pièces, des journaux intimes, des histoires fantastiques, Tchekov, des pièces de théâtre

Moi : Quelles sont vos sources d’inspiration?

Lui : Je rends grâce pour ce que j’ai, je me sens béni des dieux, et je trouve ma source d’inspiration dans ma famille ; ma femme, mon fils, m’inspirent énormément, mes amis, ma famille sont très importants pour moi, hé

Moi : Avez-vous eu un mentor, un conseiller?

Lui : A part mon père ? J’admire Gregory Peck, j’aime sa stature, son allure, son assurance, sa force..., c’est lui qui me vient d’abord à l’esprit

Moi : L’aviez-vous vu au cinéma quand vous étiez enfant?

Lui : Oui, Yul Brynner aussi est très intense, j’aime les gens intenses, je l’ai vu sur scène dans « Le Roi et moi », j’avais sept ans, et Gregory Peck, je l’ai rencontré, j’ai un documentaire sur lui à Los Angeles, voir ces gens travailler m’a convaincu.

Moi : Aimeriez-vous faire une carrière à leur image?

Lui : J’aimerais suivre leurs traces et voir où ça me mène

Moi : Comment vivez-vous le fait que vos fans vous confondent avec Angel?

Lui : Ils doivent faire la différence entre le vrai moi, et le personnage du vampire, nous sommes vraiment très différents !

Moi : Vous, vous le savez, mais eux, qui aiment Angel, veulent peut-être être sauvés, ou mordus, ils attendent que vos dents jaillissent ?!

Lui : Oui, peut-être, sûrement, ah ah ah !

Moi : Quels sont vos projets ?

Lui : Je reste ouvert à toutes les opportunités, je veux me débrouiller pour concilier ma vie personnelle et ma carrière, trouver une harmonie entre les deux, il faut que ça marche ensemble, que ça demeure confortable, tranquille, simple et m’amuser aussi, ces plans sont forcément aléatoires, mais bon...

Moi : Votre femme (Jaimie Bergman) est-elle actrice?

Lui : Oui, elle joue dans des sitcoms, elle est très drôle

Moi : Elle est très jolie

Lui : Oui elle est très belle! Et très drôle aussi

Moi : N’est-ce pas difficile d’être acteurs tous les deux?

Lui : Non, nous avons une très bonne relation, nous ne nous dévorons pas l’énergie l’un l’autre, nous ne tombons pas dans le travers de nous prendre au sérieux pour des acteurs, nous ne croyons pas à ça, nous vivons d’abord notre vie, et le travail vient en second, nous avons trouvé un bon équilibre

Moi : Imaginez que vous n’êtres plus acteur, que feriez-vous?

Lui : Je fabriquerais du vin, je boirais toute la journée, ha ha !

Moi : Venez donc vivre en France, nous avons d’excellents vins ici !

• D.B. : Ah ça je sais que vous avez du bon vin! Les crus 89, 90, 91, sont particulièrement savoureux!

Moi : Faites un voeu, voulez-vous?

Lui : Je voudrais voir les gens sourire, que la paix règne dans le monde, je souhaite de beaux rêves, ce sont les rêves qui font notre vie, notre avenir devrait être fait de nos rêves.

Moi : Que représentent les rêves pour vous?

Lui : Ils m’intriguent, me fascinent, je me demande parfois s’ils ne sont pas la vraie vie, et je crois que nous vivons les rêves de quelqu’un d’autre, à qui l’on passe le relais quand on se réveille.

Moi : Croyez-vous à la réincarnation?

Lui : Je crois qu’on est ici pour une raison précise, peut-être aurons-nous d’autres vies, sous d’autres apparences. Je crois en tout cas qu’on ne rencontre personne par hasard.

Propos recueillis par Hélène Merrick en 2002

(Depuis, David Boreanaz est devenu la star de la série policière Bones, qui triomphe partout dans le monde)

En relisant cette interview, des années plus tard, je me dis qu’elle n’était pas si mauvaise que ça, cette interview, pourtant, depuis le lendemain de cette rencontre, et le jour où je l’ai décrypté et rédigée, j’ai eu un sentiment d’échec total, de ratage atomique, comme si j’étais passée à côté de tout. Pourquoi n’avoir pas évoqué son enfance, ses goûts, l’endroit où il vivait, l’origine de ses parents, les lieux d’habitation, ses amis, ses chiens ou chats, son adolescence, ses petites amies, la première fille, le premier baiser, ses bandes de copains, ses études, ses envies, ses ambitions, ses premiers pas dans le métier, les hasards, les joies, les regrets, les frustrations, sa première femme, sa rencontre avec Jaimie Bergman, sa maison, ses goûts, la nourriture, le questionnaire de Proust, ses livres et films préférés, ses parfums, la musique qu’il aime, les Noëls, les cadeaux, Thanskgiving, la religion, les enfants, le sport, ses violons d’Ingres, son apparition anonyme dans un épisode des « X Files », la B.D., le jeu, les vices, les passions, les faiblesses, la célébrité, les fans, les journalistes, la solitude, la peur, les peurs, la joie, les joies ...

Je suis sortie de l’Hôtel Normandie, l’oeil et le coeur papillonnant, broyée comme souvent, et pire cette fois, par un éblouissement et un regret poignant, toujours ce sentiment indéfinissable qui n’est finalement qu’une souffrance. Il faut être monstrueusement blindé pour ne pas succomber à ça. J’ai dit :”Je viens de rencontrer le plus bel homme du monde”.

Et voilà, c’est tout.

Je me rends compte qu’il y a un peu de tristesse dans ce qui précède, mais à l’arrivée, je suis très heureuse d’avoir vécu tout ça, et le principal, c’est d’être vivante et de continuer à avancer !

19074848.jpg

Voilà David Boreanaz dans "Mortelle Saint Valentin", cette photo n'était pas bloquée

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11:26 Écrit par Hélène Merrick dans Film | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : rencontre réelle, interview, souvenir, émotion, espoir

 
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